Les traumatismes de l’épaule chez les cyclistes

Les chutes sont relativement fréquentes lors de la pratique du vélo. Il peut s’agir de chutes collectives en peloton, de chutes individuelles en descente, en cas de matériel défaillant, d’intempéries, d'inattention ou bien encore d’une « rencontre » avec une « automobile ». Au final, 10 % des traumatismes chez le cycliste concernent l’épaule.

Chute vélo

Parmi les blessures récurrentes chez les adeptes du vélo, l’épaule. Lors d’une chute, c’est souvent elle qui « prend ». Petit tour d’horizon des différents traumatismes possibles et des soins à prodiguer.

  • La fracture de la clavicule est la fracture la plus fréquente du sport cycliste du fait de la position du pilote sur sa machine et du contact avec le sol, mécanisme direct ou  indirect l’impact initial portant sur le coude ou le poignet.

Le blessé va ressentir une douleur vive et une impotence immédiate de son membre supérieur qu’il soutiendra volontiers par son autre main. Il faudra faire attention lorsqu’on le relèvera et on l’aidera à se déshabiller pour faire le bilan de la blessure. Une manipulation intempestive pourra transformer une fracture fermée « bénigne » en une fracture ouverte plus difficile à traiter (vrai pour toutes les fractures des os des membres).

L’examen médical, orienté par les conditions de la chute et les suites immédiates, retrouvera un abaissement de l’épaule, une ecchymose et un œdème local et une saillie douloureuse de la clavicule sous la peau. Dans des cas plus rares la fracture pourra être ouverte laissant apparaitre un fragment osseux ; dans ce cas une protection de la plaie sera nécessaire ainsi que  la recherche d’une éventuelle hémorragie par perforation d’une artère de voisinage. Il s’agira d’une urgence chirurgicale.

Un bilan radiographique de l’épaule sera le plus souvent suffisant, associé, selon les plaintes de la victime, à des radiographies de la face, du thorax (côtes) du rachis (cervical +++) et des autres membres. Un bilan médical général aura éliminé une complication respiratoire et une éventuelle anomalie cardio-vasculaire qui aurait pu être responsable d’un malaise générateur  de la chute ou une complication neurologique (impotence et/ou insensibilité locale).

Une fois le bilan terminé, dans les formes simples, les plus fréquentes, le traitement est médical est consiste en la pose d’un bandage en « 8 », le but étant de reporter l’épaule en arrière et de replacer le fragment externe de la clavicule solidaire de l’acromion (omoplate) dans le prolongement du fragment interne qui s’articule avec le sternum. On proposera le port de ce bandage pendant 3 à 6 semaines, en contrôlant radiographiquement le niveau de consolidation de la fracture. En cas de faible déplacement un simple strapping peut s’avérer suffisant.

Ce n’est que dans les formes graves que sera proposé un traitement chirurgical d’ostéosynthèse par plaque.

Des antalgiques et des séances de rééducation aideront à une reprise rapide de la pratique sportive.

Des complications peuvent exister sous la forme de cal osseux inesthétique, de non consolidation, de douleurs articulaires persistantes essentiellement dans les mouvements d’écarter (Abduction) et de rapprocher (Adduction) du bras du corps.

  • La luxation de l’épaule surviendra dans des conditions de traumatismes indirects le plus souvent (chute sur la main) et devant une impotence du membre supérieur et un aspect anormalement élargi de l’épaule c’est la radiographie qui trouvera la tête humérale hors la cavité de l’omoplate, le plus souvent en situation antéro-interne.

La réduction manuelle de la luxation sera souvent possible, après un examen médical minutieux, et après une période d’immobilisation un traitement de rééducation pourra être proposé pour éviter les récidives.

  • L’entorse acromio-claviculaire,  conséquence d’un choc antérieur ou latéral sur l’épaule, va se traduire par une douleur, une impotence et une déformation de l’épaule, la clavicule ascensionnant et étant plus saillante.

Là encore une radiographie simple permettra de confirmer le diagnostic et d’en évaluer l’importance. Le plus souvent le traitement sera une immobilisation de 3 semaines. Dans les formes importantes, on fera appel au chirurgien pour réduire le déplacement (plaque/broches).

  • Les lésions tendino-musculaires de la coiffe des rotateurs, qui se traduiront à distance de la chute par des douleurs et une gêne fonctionnelle.

L’échographie, l’arthroscanner ou l’IRM permettront de faire un diagnostic précis des lésions pour guider le travail de rééducation ou plus rarement un geste chirurgical. Une mobilisation rapide de l’articulation évitera l’évolution vers la capsulite rétractile ou « épaule gelée ».

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