Le jour J approche : la forme est-elle là ?

A l’approche de la compétition, nous rentrons dans la période dite d’affûtage, ou tapering en anglais. Les charges d’entraînement diminuent en jouant principalement sur le volume mais en gardant de l’intensité.

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De très nombreux articles ont été dédiés à cette période sur le site de Lepape-info, que ce soit sur la route, en trail ou en triathlon. Vous pouvez les retrouver en tapant le mot-clé « affûtage » dans la barre de recherche. 

L’affûtage parfait : suivez le guide ! 

 

Cette période fait souvent suite à un dernier bloc de charges que l’on place à 10-15 jours, voire 3 semaines, de l’événement. En fait, plus la durée de la compétition à venir sera longue, et plus l’affûtage doit être long même s’il provoque un léger désentraînement. Nous avons évoqué cette problématique dans notre dernier article intitulé : Stop à la séance de trop. Pour faire suite à notre série d’articles sur l’approche de l’objectif, et plus particulièrement chez les ultra traileurs, voici un exemple de suivi qui permet de visualiser l’évolution de l’état de forme pendant cette période d’affûtage. 

Logiquement, une bonne fatigue (mais pas une surfatigue liée à un surentraînement) doit se faire sentir après le dernier bloc. Il faut quelques jours, voire une bonne semaine, pour récupérer et espérer une surcompensation. Sur le temps restant, on doit jouer avec la fréquence des exercices et l’intensité pour continuer à faire évoluer positivement cet état de forme sans générer de fatigue durable. 

Voici ci-dessous l’exemple d’une athlète préparant une épreuve le 28 août. Son suivi est fait entre autres choses au moyen de la Variabilité de la Fréquence cardiaque et de la fréquence cardiaque de repos.

Rappel : la FC repos est un bon indicateur pour l’athlète aérobie, mais cet indice ne doit jamais être interprété seul. En effet, une FC de repos très basse n’est pas toujours le signe d’une bonne adaptation aux efforts d’endurance. C’est parfois le signe d’une fatigue de type parasympathique, symptomatique du surentraînement.

La VFC, dont l’indice le plus documenté est le RMSSD, témoigne de l’équilibre sympatho-vagal de l’individu, en lien avec sa capacité de performance. Cet indice est très subjectif et ne peut être comparé entre athlètes.

La combinaison d’une tendance à la baisse de la FC repos et d’une tendance à la hausse de la VFC est un excellent indicateur de l’évolution de l’athlète. 


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Pour cette athlète, pour laquelle nous disposons de 11 mesures sur 16 jours, les tendances sont bonnes. Son dernier bloc de charge a eu lieu du 1er au 4 août. On observe conséquemment une élévation importante de la FC repos à 63, pour une moyenne annuelle de 53.2 battements par minute. La VFC reste faible, en deçà de la moyenne annuelle (42) jusqu’au 15 août. Puis les valeurs redeviennent inférieures à la moyenne pour la FC repos et supérieures pour la VFC. Les tendances linéaires (en pointillés) sont une excellente indication pour l’athlète comme pour l’entraîneur car elles indiquent un bon état de forme et l’absence de fatigue. L’idéal est bien entendu d’atteindre un pic de VFC le jour J. Toutefois, il n’est pas simple de l’observer car le stress précompétitif, même léger, influe négativement sur la valeur de la VFC relevée. De plus, il n’est pas toujours évident de demander à un athlète de prendre des mesures jusqu’au dernier moment. 

Quoiqu’il en soit, dans une période de fébrilité bien légitime, il est rassurant de disposer d’un moyen rationnel et objectif pour évaluer le niveau de forme. Ce moyen permet d’ajuster en temps réel les entraînements de l’affûtage et d’ajuster pour chacun les paramètres de la charge de travail (fréquence des entraînements, volume, intensité, spécificité). Et si la forme est là, une bonne partie du chemin a été parcourue !

 

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