La côte californienne à vélo : l’émerveillement au bout du guidon

La "California Highway 1", qui descend le long de la côte pacifique est une des routes touristiques les plus célèbres du monde. La Pacific Bike Route, qui la suit en grande majorité est aussi un must du voyage à vélo version U.S. Sylvain Bazin vous raconte pourquoi.

Californie à vélo

Rouler à vélo tout au bord de l’océan Pacifique à travers l’état le plus spectaculaire et varié des Etats-Unis, c’est forcément un programme de rêve. La réalité de ce périple ne sera absolument pas décevante, bien au contraire. J’ai effectué ce voyage en juillet dernier avec ma compagne à raison d’étape variant entre 70 et 100 kilomètres par jour avec un plaisir immense. Voici donc nos coups de cœur et nos conseils si vous voulez à votre tour entreprendre ce grand plongeon dans l’ouest américain!

Notre voyage a débuté à San Francisco mais nous avons, après un détour par la Napa Valley (lire ici), rejoins la côte un peu plus au nord pour débuter ce voyage tout le long de l’océan jusqu’à San Diego et la frontière mexicaine.

Du nord au sud au bord de l’eau

Nous avons ainsi suivi le sens nord/sud adopté par la majorité des cyclistes sur ce parcours mythique : d’une part il permet de rouler au plus près des flots, puisque l’océan est toujours à droite et qu’on roule ici du même côté que chez nous, d’autre part les vents dominants vous poussent la plupart du temps dans le dos, ce qui n’est pas un mince avantage. Même si les deux sens peuvent d’envisager, celui-ci offre en tous cas une succession très euphorisante d’ambiances et de paysages différents, du nord avec sa côte découpée au sud et ses grandes plages. Nous avons rencontré un cycliste français effectuant le trajet dans l’autre sens, qui peinait face au vent… Pour le dénivelé, les deux sens sont plutôt équivalents.

Une diversité surprenante de paysages littoraux

La beauté et la diversité de la côte californienne reste bien sûr l’atout majeur de ce voyage. J’ai ainsi énormément apprécié le nord de San Francisco, où une côte sauvage, découpée, offre de très beaux panoramas et une nature océanique préservée. C’est aussi le lieu idéal pour déguster les huîtres californiennes.

Un peu plus loin au sud, le spectacle est total dans la zone de Big Sur, où les falaises très hautes, les forêts de Séquoias géants et les roches découpées forment un ensemble unique.

Après Santa Barbara, c’est à dire aux 2/3 du parcours, on entre vraiment sur la côte sud. Là, les longues plages de sable fin défilent, tout en alternant avec de belles zones de falaises. Le parcours devient un peu plus facile en termes de dénivelé.
La nature est donc reine sur ce parcours aux panoramas des plus scéniques et l’émerveillement fait presque toujours oublier l’effort.Californie à vélo

Un parcours bien vallonné!

Car bien entendu, ces merveilleux paysages se méritent quand on parcourt la Highway 1 à vélo. Le profil de ce littoral n’a en effet rien à envier aux zones les plus pentues de Bretagne ou d’Irlande auxquelles il ressemble parfois.

Ainsi, la zone au nord de San Francisco est particulièrement raide, ce qui nous a valu une mise en jambe rapide. Ensuite, c’est toujours « up and down », particulièrement dans la région de Big Sur qui reste un must pour les cyclistes locaux en raison de ces montées longues et pentues. Les belles vues sont au bout mais au prix d’un effort certain.

Même dans la partie finale, au sud, si les plages offrent des portions planes plus longues, il faut tout de même pédaler fort sur de nombreux raidillons. La Highway 1 à vélo reste un voyage sportif.

Du nord de San Francisco à San Diego, nous avons roulé sur un rythme de croisière assez raisonnable, effectuant des étapes de 60 à 100 kilomètres. Pour un cycliste confirmé cela peut sembler peu, mais il faut envisager ces distances avec des vélos bien chargés, ce qui n’a alors plus grand chose à voir avec une sortie cycliste classique. Nous avons franchi l’ensemble du parcours en 18 jours. Ce voyage nécessite donc une bonne préparation physique ainsi qu’une bonne logistique pour les vélos et les sacoches. Le climat en été est très agréable, plutôt chaud et ensoleillé même si des variations de températures sont à anticiper. Pour la nuit, on pourra facilement alterner entre campings et motels, présents sur l’ensemble du parcours.

Le sourire des californiens

Enfin, comment ne pas évoquer aussi l’aspect humain de ce voyage à vélo. Si la nature et la mer sont bien sûr les vedettes du parcours, les zones habités et les villes traversées offrent aussi un charme certain. Bien entendu, les passages à travers San Francisco, où l’on arrive en franchissant le Golden Gate Bridge, Santa Cruz et ses plages à surfers, Los Angeles et son littoral mythique ou encore San Diego qui respire la qualité de vie avec ses brasseries artisanales et son parc andalou, apportent également beaucoup de charme.

Mais ce sont aussi tous les sourires, les rencontres, l’accueil si charmant des californiens en général qui nous ont porté. Nous ne comptions plus le nombre de petites attentions, de saluts gentils, de courtes mais sincères discussions apportées par ceux que nous croisions au hasard de la route. Nos échanges avec les autres cyclistes, pédalant pour une journée, pour le week-end ou bien ayant comme nous entrepris cette Pacific Bike Way dans son intégralité, étaient également riches et toujours emprunts d’une vraie gentillesse qui fait tant de bien.

Pour ces contacts humains aussi, rouler à vélo à travers la Californie est une expérience vraiment extraordinaire.

Ce premier grand voyage à vélo aux Etats-Unis m’a en tous cas donné très envie de revenir rouler ici, pourquoi pas en tentant une traversée complète de ce vaste pays. Ce sera une autre aventure mais en tous cas je vous encourage chaleureusement à tenter celle de la Highway 1 en Californie!

La Pacific Bike Route en bref :

De San Francisco à San Diego (le tronçon le plus classique) : environ 920 kilomètres et 18 jours de voyage. Parcours vallonné, d’une certaine difficulté physique.

Le plus souvent côtier, il suit les bords de la Highway 1 principalement, s’en écartant parfois pour mieux suivre le littoral à travers pistes cyclables et routes secondaires. Circulation automobile à prendre en compte même si le parcours nous est apparu comme peu dangereux.

Hébergements : motels et hôtels assez nombreux sur le parcours. Les campings sont également bien placés et très peu chers pour les voyageurs à vélo qui bénéficient des emplacements “Hike in, bike in” réservés aux randonneurs et aux cyclistes (entre 5 et 10 dollars la nuit). On peut aussi tenter de passer quelques nuits chez l’habitant, notamment grâce au réseau “warm shower”, où des cyclistes offrent hébergement et douche chaude aux autres voyageurs à vélo. Ce mode d’hébergement participatif est source de rencontres et d’échanges très sympathiques et fonctionne bien aux Etats-Unis!

On trouve beaucoup de boutiques de cycles pour des réparations éventuelles et achat de matériel de “secours” sur le parcours.

Retrouvez toutes les informations sur ces parcours sur le site de l’Office de Tourisme de Californie.

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