Le ravitaillement en course pourra être votre meilleur ami comme votre pire ennemi. Pourtant arrivé à certaines distances, il sera difficile de se passer de cet allié. Il ne sera pas toujours simple de s’y retrouver entre toutes les stratégies proposées. Quelles quantités de boisson énergétique, de gels, de barres énergétiques faut-il consommer ? Est-ce différent si mon effort dure 1h ou 5h ? Quelle doit être la composition de ma boisson d’effort ? Faut-il choisir une boisson riche en glucose …? Difficile de s’y retrouver. Notre spécialiste Anaël AUBRY, témoin privilégié des stratégies de ravitaillement observées auprès de différents sportifs élites, nous propose de faire un point…

Source - Fotolia
Source - Fotolia

Quelle durée et quelle intensité ?

 

Pour 1 heure d’effort.

Les études récentes insistent sur l’importance d’un ravitaillement « à la  carte ». En dessous d’une heure de course, il n’y a pas d’importance capitale à s’alimenter en sucres. Vous pouvez donc vous contenter de boire de l’eau. Si la sensation du sucre vous rassure et/ou vous stimule, n’hésitez toutefois pas à prévoir l’ingestion d’un gel énergétique ou à diluer légèrement votre eau à l’aide de boisson énergétique. Le sucre va en effet pouvoir jouer un rôle activateur sur notre cerveau, organe trop souvent oublié de la performance sportive.

Il n’est pas rare de voir certains sportifs effectuer un simple bain de bouche avec une boisson sucrée dans le but de se relancer à l’arrivée d’un coup de moins bien. Des scientifiques ont donc souhaité investiguer la question ces dernières années. Cette stratégie ne pouvant jouer sur des aspects hydriques ou glycémiques, ils ont étudié les réponses du cerveau face à l’ingestion de sucres rapides. Ils ont alors démontré que ces derniers stimulent notre sensation de plaisir en activant l’aire de notre cerveau allouée au sentiment de récompense. Lorsque notre bouche entre en contact avec du sucre, la sensation de pénibilité que nous ressentons à l’effort peut être réduite temporairement (pas inhibé), ce qui peut nous aider à mieux performer, sans que les sucres ingérés n’aient un quelconque effet sur le plan énergétique en tant que tel. Mais cela ne sera pas nécessairement un problème, puisque sauf cas de grosses chaleurs, il n’y aura pas d’incidence sur la performance sur une heure d’effort. Donc, si vous vous savez sensible au sucre, cela pourra s’avérer une stratégie payante sur un triathlon sprint, un 10 km course à pied, voir un semi ou  un entraînement autour de l’heure.

 

Pour un effort de 2 heures à 3 heures

Pour des épreuves plus longues (triathlon CD, semi de niveau amateur, marathon élite à bon niveau), les besoins glucidiques seront différents. Les réserves musculaires en sucres (glycogène) pourront être épuisées, avec donc le risque « de taper dans le mur » avant la ligne d’arrivée. En effet, même si nos muscles sont également plus ou moins capables de brûler des graisses pour couvrir nos besoins en énergie, ils ne pourront malheureusement pas fonctionner uniquement sur cette source de carburant une fois celle des sucres épuisée. Il sera malgré tout possible d’améliorer le fonctionnement de cette source d’énergie additionnelle pour la rendre plus efficace (Lisez notre article Les séances à jeun aussi se planifient ), ce qui pourra avoir un grand intérêt lors d’efforts d’endurance. 

Il est donc essentiel de préserver des réserves en sucre suffisantes jusqu’à la fin de la course si l’on ne souhaite pas ralentir au point de devoir finir en marchant, ou pire abandonner… La stratégie idéale consiste avant tout à anticiper et à augmenter ses apports en glucides durant un jour et demi avant le départ. Durant la compétition, il est conseillé de consommer environ 60 grammes de glucose par heure sous formes hydriques (boissons énergétiques) et/ou semi-solides (gels d’effort). Il vous suffira de regarder les valeurs nutritionnelles marquées sur l’emballage de vos produits pour ne pas vous tromper. Attention à ne pas tomber dans la surconsommation. Troubles gastriques, pics glycémiques difficiles à contrecarrer, les effets pourront être dévastateurs sur la perf. Enfin, si vous tolérez assez mal cette préconisation de 60g/h, revoyez vos dosages à la baisse. Il faudra évidemment trouver le meilleur compromis entre les recommandations scientifiques et le terrain. Vous pourrez également alterner un bidon d’eau et un bidon de boisson énergétique ou boire de l’eau derrière un gel ou une barre pour éviter les pics glycémiques. Il sera important d’avoir un apport régulier et non fluctuant. Par exemple, un ½ gel toutes les 20’ ou une gorgée sucrée toutes les 10-15’. Plutôt qu’un gel entier couplé à 1/3 de bidon sucré lorsqu’il sera trop tard et pouvant alorsengendrer un pic glycémique couplé à de forts troubles gastriques.

 

 

Plus de 3 heures d’effort, le ravitaillement devient un élément indispensable de la performance !

 

Source - Fotolia
Source – Fotolia

Si votre épreuve dépasse la barre des 3 heures ( half ironman, iron man, triathlon longue distance, marathon amateur, ultra trail, etc.), il sera nécessaire d’adopter une stratégie encore différente. En effet, la quantité de sucres que notre intestin est capable d’assimiler chaque heure d’effort est principalement reliée aux transporteurs disponibles dans  notre estomac pour assurer le transfert des sucres de notre tube digestif vers le sang (puis les muscles).

Dans le cas du glucose que l’on trouve en majorité dans les boissons d’effort, le taux d’assimilation maximum par heure est d’environ 60 grammes. Au-delà, le glucose ingéré s’accumule dans l’intestin et crée des troubles gastro-intestinaux. Plutôt embêtant lorsque l’on sait l’importance d’amener régulièrement du carburant pour ces épreuves si énergétiques.

Sur ce point, la bonne nouvelle est qu’il existe dans notre intestin, d’autres transporteurs spécifiques à d’autres sucres tels que le fructose, que l’on retrouve également, souvent dans les boissons d’effort. Lors d’épreuves d’ultra-endurance, il est ainsi possible d’augmenter ses apports jusqu’à 90 grammes par heure voire plus, mais il conviendra de veiller à combiner différents types de sucres durant la course, de sorte que les apports en glucose n’excèdent jamais 60 grammes par heure. Privilégiez donc un mélange glucose/fructose par exemple. Il sera donc indispensable de vous renseigner sur le contenu de vos apports liquides/solides au risque de connaitre des problèmes gastriques ou pire encore, de « serrer le moteur ».

Ne partez pas dans l’inconnu et fixez vos propres stratégies. Si ces recommandations permettent d’y voir plus clair quant à la manière de gérer les apports en sucres en compétition, il conviendra néanmoins de tester les stratégies envisagées pour la compétition de façon régulière à l’entraînement et/ou lors de compétitions de préparation.

  • Consulter les composants de vos boissons, gels et autres barres énergétiques (glucose ? fructose ? quantités ?).
  • Renseignez-vous pour connaître les produits présents lors des ravitaillements de votre course- objectif pour ne pas hypothéquer vos semaines d’entraînement. Une fois les produits connus, utiliser la même démarche en les testant et si les produits proposés par l’organisateur ne vous conviennent pas ,  il vous faudra alors  trouver une startégie de substitution ou à minima de compromis.

En conclusion, maintenant que tout est réglé théoriquement : mettez ces stratégies en œuvre :

  • Planifiez vos apports en veillant à ne pas dépasser 60 grammes de glucose par heure et complétez par du fructose si votre compétition dépassera 3h.
  • Testez plusieurs fois cette stratégie lors de vos sorties longues et/ou lors de courses de préparation afin d’être le plus serein à l’approche du jour J.
  • Veillez également à vous hydrater très régulièrement car l’ingestion de sucres ralentit le processus de réhydratation.
  • Si vous éprouvez un inconfort gastrique ou que le goût sucré finit par vous écœurer, tentez un apport glucidique plus faible lors de vos sorties longues. Il faudra toujours trouver le compromis optimal entre la théorie et la pratique.
  • Enfin, n’occultez pas les apports en sodium (sel) nécessaire à contrecarrer vos pertes liées à votre sudation. La plupart des boissons énergétiques en contiennent déjà. Mais, si les températures annoncées sont élevées le jour de votre compétition, il faudra compenser ces pertes sudorales. Ajoutez simplement une pincée de sel dans votre boisson (l’équivalent d’un petit sachet que vous trouvez dans les restaurations collectives ).Mais  encore une fois, testez  à l’entraînement car le goût pourra rebuter, il vous faudra dans ce cas  réajustez à la baisse.

En compléments des boissons de l’effort, la consommation de gels énergétiques est une alternative pour l’apport de sucres rapides et facilement absorbables pendant l’effort. Notre gamme propose une offre diversifiée en terme de goût, de texture, de conditionnement, qui vous permettra de trouver votre produit : GELS COUP DE FOUET

 

Ces articles pourraient vous intéresser :

Gels ou Boissons Énergétiques : Que Choisir ? (1ère partie)

Gels ou Boissons Énergétiques : Que Choisir ? (2ème partie)


4 réaction à cet article

  1. Bonjour,
    j’ai de plus en plus de problèmes gastriques avec les apports énergétiques (sans compter le goût sucré qui m’écœure effectivement particulièrement) , quelques qu’ils soient et même en petites quantités, quelques minutes après avoir avalé même 1/3 de barres énergétiques j’ai des maux de ventre important, plus on avance dans la course pire c’est, en particulier après les 20-30km, ensuite j’essaie donc de limiter encore plus tout en essayant de ne pas tomber dans le besoin, mais il y a quand même des moments hauts et bas, du coup mes perfs actuelles sont hyper décevantes.
    Que faire ?

    Répondre
  2. Essaie les solutions de rehydratation pour bebe elles sont isotoniques contiennent peu de sucre et parfaitement adapté aux intestins fragiles

    Répondre

Réagissez