La France au Sommet du Cross Mondial

Le 25 mars 1978 l’équipe de France remporte le titre de championne du monde de cross-country par équipe à Glasgow. Jean-Claude Vollmer vous (re)présente cette fabuleuse équipe !

Dans une compétition remportée à titre individuel par l’irlandais John Treacy devant le russe Antipov et le belge Karl Lismont, l’équipe de France avec 151 points précède les USA  2ème avec 156 points, l’Angleterre 3ème avec 159 points, l’URSS (169 points) et la Belgique (175 points).

La France, grâce à son homogénéité devient championne du monde à l’issue d’une lutte très serrée pour la plus haute marche du podium.

C’est un exploit ! En effet, la dernière victoire de la France au Cross des Nations, l’ancêtre des championnats du monde, date de 1956 avec à sa tête Alain Mimoun également vainqueur en individuel.

Depuis cette date, l’Angleterre, terre de cross-country, l’a emporté 13 fois ne cédant face à la Belgique qu’en 1957, 1961 et 1963. Depuis l’instauration des championnats du monde en 1973 plusieurs pays se sont succédés sur la plus haute marche du podium : en 1973, la Belgique l’emporte à domicile à Waregem et récidive en 74 à Monza (Italie), puis c’est la Nouvelle Zélande en 1975 à Rabat et l’Angleterre en 1976 à Chepstow (Pays de Galles).

Cette performance collective unique n’a été approchée qu’à 2 reprises en 1992 et 2001, années où la France termine à la seconde place et en 1974, 1976 et 1988 années où la France termine à la 3ème place.

En ce 40ème anniversaire, il me semble nécessaire de ramener un peu à la lumière les membres de cette formidable équipe et par la même occasion mettre en valeur le cross-country, épreuve reine et terreau de la course à pied.

Bien sûr, les rabats joie de tous ordres diront que les temps sont différents, qu’en 1978, lors de ces 6èmes championnats du monde qui se sont déroulés dans le parc de Bella Houston de Glasgow en Ecosse, il n’y avait que 20 équipes au départ et que les kenyans, éthiopiens et autres africains n’y participaient pas encore.

Et alors ? Angleterre, Belgique, USA étaient alors à cette époque des notions dominantes et la France n’avait pas gagné, faut-il le rappeler depuis 1956.

D’autres esprits chagrins rajouteront que si la France a gagné c’est parce que la course s’est déroulée sur un authentique parcours de cross dans un véritable bourbier.

Et alors ? N’est-ce pas l’essence même de cette discipline ! Le cross n’est pas une épreuve sur piste.

C ‘est une course à travers la campagne qui forge le cœur et l’âme et on ne peut que se réjouir, de trouver de temps en temps, un vrai terrain de cross loin des circuits pour « Formule 1 » sans intérêt pour le spectateur.

Le cross est une belle tradition française et si régulièrement depuis 50 ans on annonce sa mort, celui-ci démontre hiver après hiver qu’il est bien ancré dans les régions françaises et la vie des clubs. Il faut rendre hommage aux organisateurs de ces épreuves (petites et grandes) qui n’ont pas fini d’attirer jeunes et vieux dans les prés, les champs et les forêts.

C’est vrai, l’équipe de France excelle lorsque les conditions atmosphériques et le terrain deviennent ses alliés. Mais, si terrains collants et difficiles nivèlent les performances pédestres, la boue, la pluie, le froid, la neige, les terrains difficiles ne sont pas les uniques ingrédients de la réussite française en cross.

Non, il n’y a pas que les éléments extérieurs qui font gagner les français. Les coureurs de cette équipe, championne du monde avaient aussi, au-delà de leur courage, de leur volonté, de leur esprit d’équipe une sacrée valeur pédestre.

Et on a tendance à l’oublier.

Alors qui sont-ils ces glorieux coureurs, champions du monde, auteurs d’un exploit sous-estimé à l’époque et quasiment oublié maintenant.

Equipe de france de cross country 1978 Championne du monde à Glasgow

L’équipe, championne du monde de cross est composée par :

Pierre Levisse (10ème), Lucien Rault (13ème), Radhouane Bouster (18ème), Alex Gonzalez (32ème), Thierry Watrice (35ème) Jean Paul Gomez (43ème) – les 6 premiers de l’équipe comptent pour le classement par équipe – Jean Luc Paugam (63ème), Jean Luc Lemire (64ème), Dominique Coux (105ème).

Il faut noter que l’ossature de cette équipe avait déjà participé à la conquête de la 3ème place lors des championnats du monde à Chepstow en 1976 derrière l’Angleterre et la Belgique (Rault 18ème, Gomez 25ème, Paugam 32ème, Choux 46ème, Gonzalez 57ème, Bouster 63ème, Levisse 90ème).

Les 2 autres équipiers étaient Boxberger qui se sont classé 9ème et Martin 71ème.


Carrière et palmarès de nos champions

pierre-levisse cross Pierre Levisse, né en 1952 (26 ans à Glasgow)

Classement : 10ème à Glasgow.

Pour sa 3ème sélection en équipe de France de cross, Levisse réalise un premier top 10. Il deviendra au fil des années un monument du cross français au même titre que les Ragueneau, Pujazon, Mimoun, Tijou aussi bien en termes de palmarès que de durée d’une carrière de presque 20 ans.

Pierre Levisse, c’est un palmarès incroyable sur le plan national : 4 fois vainqueur, 4 fois second, 5 fois troisième du championnat de France de cross.

Autre chiffre hallucinant : Pierre Levisse va être 13 fois sur le podium des France ! Le deuxième au nombre des podiums, Noel Tijou ne l’a été que 9 fois alors que Mimoun et Ragueneau (au début du 20 -ème siècle) 8 fois.

Autre chiffre exceptionnel, il termine 16 fois dans les 8 premiers.

Cette longévité lui a permis un nombre impressionnant de participations aux championnats du monde de cross : 14 participations (la première en 1976, la dernière en 1991 et il sera encore remplaçant en 1994) égalant ainsi Noel Tijou.

Lors de ces championnats du monde il va se classer, 4 fois dans les 10 premiers, 7 fois dans les 21 premiers et 10 fois dans les 40 premiers. Chapeau !

Aucun français, en dehors d’Alain Mimoun, 4 fois vainqueur du cross des Nations ne peut présenter un tel palmarès au niveau international.

Ses résultats aux championnats du monde de cross méritent d’être rappelés :

Année 1976 1977 1978 1981 1982 1983 1984
Classement 90ème 31ème 10ème 10ème 39ème 13ème

7ème

(sa meilleure place)

 

Année 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991
Classement 9ème 33ème 15ème 146ème 21ème 124ème 97ème

 

C’est à mon humble avis le numéro 1 du cross français. Le remarquable travail de Louis Graffard sur les crossmen du siècle (il attribue de 20 à 1 point aux 20 premiers des championnats de France) permet d’affirmer que Pierre Levisse est le numéro de l’histoire du cross français. Il totalise pour ses 16 participations 288 points et précède Noel Tijou 223 points avec 15 participations et Alain Mimoun 222 points avec 14 participations.

Ses résultats sur piste : après un 13:46.8 sur 5000 m en 1975 à 23 ans. En 1976, il réalise 28:30.3 sur 10 000 met se qualifié pour les jeux de Montréal où il sera éliminé en série (12ème en 32:07.84) puis il bat le record de France du 10 000 m en 27:58.05 en 1978 qu’il porte à 27:50.30 en 1984. Il détiendra également le record de France de l’heure avec 20km429 et celui du 20 000 m (58.48.9) l’année de ses 37 ans en 1989. Cette performance le classe encore en 27ème position mondiale.

Paradoxalement, Pierre Levisse ne sera jamais champion de France sur piste, son seul titre en dehors du cross sera celui du 25 kilomètres acquis en 1988.

Qualifié pour les championnats d’Europe de Prague en 1978, il est éliminé en série du 5000 m (7ème en 13:44.1) et abandonne sur 10 000 m.

Ses résultats aux championnats de France sur piste :

5000 m : 3ème en 1978, 4ème 1980,

10 000 m : 2ème en 1976, 2ème en 1978,2ème en 1980, 3ème en 1982,

Marathon : 2ème en 1986, 4ème en 1988 et 1991,

 

lucien raultLucien Rault né en 1936 (42 ans à Glasgow)

13ème à Glasgow

Encore un magnifique exemple de longévité et de persévérance, avec 18 participations au national, il aura bataillé avec A. Mimoun, M. Bernard, J. Wadoux mais surtout son alter ego des champs de labour, Noel Tijou.

Pour l’anecdote : il va remporter son premier titre de champion de Bretagne de cross-country en 1961 et va l’emporter 15 fois d’affilée !

C’est en 1974, au Touquet, qu’il décroche son unique titre en cross-country après avoir terminé second en 1971 et obtenu maintes places d’honneur (2 fois 3ème en 1970 et 1972 et au pied du podium en 1969, 1976, 1978).

Il se classe 10 fois dans les 8 premiers de qui lui donne ainsi de nombreuses sélections pour le cross des nations et les championnats du monde où il fera toujours merveille.

Incroyablement bien classé à presque chacune de ses participations : 23ème en 1964, 15ème en 1968, 16ème en 1969, 11ème en 1970, 13ème en 1971, 10ème en 1972 (sa meilleure place), 20ème en 1974, 31ème en 1975, 18ème en 1976, 59ème en 1977 (sa plus mauvaise place) puis 13ème l’année du sacre.

8 fois dans les 20 premiers ! Quelle régularité au plus haut niveau, quel co-équipier extraordinaire qui répond présent le jour qui compte.

Sur piste, il détiendra le record de France de l’heure (20 km305) et du 20 000 m (59.11) qui tiendront jusqu’en 1989 (record de Levisse). La performance sur l’heure fait encore de Lucien Rault le 32ème performer mondial de tous les temps et constituait, à l’époque, tout simplement la 5ème performance mondiale de tous les temps derrière Jos Hermens (20907 m), Gaston Roelants (20784 m), Willy Polleunis (20518 m), Jürgen Haase (20393 m).

Lucien Rault a aussi brillé sur 5000 m et 10 000 m.

Sur 5000 m : 6ème en 1969 et 1970, puis 5ème en 72, 3ème en 1973

Sur 10 000 m : 3ème en 68, 2ème en 1971 et 1972, le titre en 1973, 3ème en 1974 puis 3ème en 1976, 5ème en 1977 et encore 4ème en 1978 dans sa 43ème année.

Il termine 12ème sur 10 000 m en 28:23.2 lors des championnats d’Europe d’Helsinki en 1971.

En 1976, Il va réaliser les minimas (28:33.4) pour les Jeux Olympiques de Montréal où il termine 11ème en série en 29:40.76.

Finir 13ème aux championnats du monde et 1er par équipe à 42 ans est un sacré pied de nez à ceux qui l’avaient jugé trop vieux pour participer aux Jeux Olympiques de Munich en 1972.

Lucien Rault était déjà de l’équipe qui avait terminé 3ème à Chepstow en 1976 et à Monza en 1974.

Lucien Rault détiendra très longtemps les records du monde vétérans sur 5000 m (13:45.6) et sur 10 000 m (28:33.4)

 

Radhouane Bouster né en 1954 (24 ans à Glasgow)radhouane bouster

18ème à Glasgow

C’est peut-être le plus connu de tous grâce à sa victoire très médiatisée lors de la célèbre corrida de Sao Paulo. Cette victoire conclue une belle année 1978. Gagner la corrida de Sao Paulo n’est pas donnée à n’importe qui, il suffit pour cela de se plonger dans les résultats. C’est une performance de premier plan car le dernier européen qui l’a gagné avant lui est le champion olympique du steeple en 1964, le belge Gaston Roelants et le dernier européen à lui avoir succédé s’appelle Carlos Lopes le champion olympique du marathon en 1984.

Sa meilleure place aux France de cross est sa 3ème en 1979 mais il se classe dans les 8 premiers en 1976 (5ème), 1978 (7ème), 1981 (5ème) et 1982 (7ème).

Il participe 5 fois aux championnats du monde et termine respectivement 76ème en 1963, 18ème en 1978 (sa meilleure place), 39ème en 1980, 51ème en 1981 et 33ème en 1982.

Très bon pistard, il remporte 3 fois le titre de champion de France sur 10 000 m en 1978, 1980 et 1981, année où il réussit le doublé 5000 m/10 000 m.

Il termine 2ème sur 5000 m en 1978. Aux championnats d’Europe il est éliminé en série du 5000 m en 14:09.3.

Ses autres résultats aux championnats de France :

5000 m : 5ème en 1975, 3ème en 1976, 7ème en 1982

10000 m : 4ème en 1982, 3ème en 1983.

Son chrono sur 5000 m, 13:24.09 en 1978 n’était qu’à 5 dixièmes du record de J. Boxberger.

 

alex gonzalezAlex Gonzalez  né en 1951 (27 ans à Glasgow)

32ème à Glasgow

C’est le plus complet de l’équipe puisqu’après avoir brillé sur 1500 m (3:35.07 23ème performance française tous temps) distance sur laquelle il participe aux jeux olympiques de 1980 et 1984, il réalise une excellente performance sur marathon (2h12.56 en 1988).

Son palmarès en cross est éloquent : après une 3ème place aux championnats de France 1980, il remporte le titre en 1981. Il a souvent occupé des places d’honneur (7ème en 1976, 2 fois 5ème en 1978 et 1979 puis 4ème en 1982). Ces classements lui donneront 7 présences aux championnats du monde avec une 57ème place en 1976, une 32ème en 1978, une 25ème place en 1979 qu’il réédite en 1980 (meilleur résultat) puis une 81ème place en 1984, la 82ème en 1986 et enfin une 84ème place en 1990 pour sa dernière participation.

Ses résultats sur piste : après avoir débuté sur 5000 m (7ème aux championnats de France e 1975) c’est sur la distance inférieure, du 1500 m qu’il va accumuler titres et podiums :

  • Vainqueur en 1979, 1981, 1982
  • 2ème en 1976, 1977, 1984
  • 3ème en 1983, 1985 

8 fois sur le podium. Un record ! Il termine 4ème en 1978.

Qualifié pour les championnats d’Europe en 1982 sur 1500 m (6ème en série en 3:43.70), il termine 11ème lors de l’édition 1986 à Stuttgart sur la distance du…marathon (2h13.36). Une reconversion réussie en si peu de temps, c’est probablement unique.

 

Thierry Watrice né en 1957 (21 ans à Glasgow)

35ème à Glasgow

Le benjamin de l’équipe. Coureur au talent précoce, il termine à la 4ème place des championnats du monde juniors en 1976 (la meilleure place jamais obtenue par un français) puis il devient un pilier de cette équipe de France de cross avec laquelle il participe dans la période 1978 – 1990 à 10 championnats du monde.  Il obtient sa meilleure place en 1986 en terminant 12ème faisant mieux que sa 15ème place devant son public à Longchamp en 1980 (1er français).WATRICE-Thierry-5

Déjà champion de France cadets et juniors, il l’est également en seniors en 1982 après une 2ème place en 1980. 2 places de deuxième suivront en 1984 et 1986.

Il finit 10 fois dans les 8 premiers aux France de cross, 7ème en 1978, 2ème en 1980, 4ème en 1981, vainqueur en 1982, 4ème en 1983, 2ème en 1984, 2ème en 1986, 7ème en 1987, 5ème en 1989 et en 1990.

Sur piste, sa carrière est aussi prolixe qu’en cross, il est champion de France du 5000 m en 1983 et obtient de nombreux podiums sur 5000 m et 10000 m.

Il termine à la 10ème place du 10 000 m ( 28:39.42) lors des championnats d’Europe 1982 à Athènes.

Ses autres résultats aux championnats de France sur piste :

5000 m : 4ème en 1978, 2ème en 1980, 5ème en 1981, 2ème en 1984,8ème en 1986

10 000 m : 4ème en 1979, 2ème en 1982, 2ème en 1986, 7ème en 1987 et 3ème en 1989.

Marathon : champion de France en 1989, 6ème en 1990

25 kilomètres : 2ème en 1990

En fin de carrière il va passer parallèlement sur la route et remporter le titre de champion de France de marathon en 1989.

 

Jean-Paul Gomez né en 1945 (33 ans à Glasgow)

42ème à Glasgow

C’est un équipier de luxe, le plus médaillé des français avec Lucien Rault lors des championnats du monde de cross (3ème en 1974 et 1976, vainqueur en 1978).

Il ne sera jamais champion de France de cross terminant 2ème en 1976 derrière N. Tijou.

Classé 5 fois dans les 8 premiers, il termine 7ème en 1974, 4ème en 1975, 6ème en 1978 et 1979 et participe à 7 éditions de championnats du monde se révélant toujours précieux pour le classement par équipe.

81ème en 1973, 61ème en 1974, 64ème en 1975, 25ème en 1975 (sa meilleure place), 43ème en 1978, 42ème en 1979 et 95ème en 1980

Il est plus pistard que crossman et va remporter le titre de champion de France du 10 000 m en 1975 puis en 1976. Il bat le record de France de N. Tijou en 28:02.2 le 29 mai 1976 à Munich. Qualifié pour les Jeux Olympiques de Montréal, il termine 9ème de la finale du 10 000 m en 28:24.03 après s’être brillamment qualifié avec un chrono de 28:10.52

Ses autres résultats aux championnats de France sur piste.

5000 m : 7ème en 1974, 3ème en 1977

10 000 m : 4ème en 1973, 2ème en 1974, 2ème en 1977, 2ème en 1979

 

Jean-Luc Paugam à gauche (Lucien Rault à droite)
Jean-Luc Paugam à gauche (Lucien Rault à droite)

Jean-Luc Paugam né en 1947 (31 ans à Glasgow)

63ème à Glasgow

Le breton, futur président de la ligue de Bretagne d’athlétisme (2006-2012) est un excellent crossman qui finit 3 fois successivement à la seconde place du championnat de France, en 1977 derrière J. Boxberger, en 1978 derrière D. Coux et en 1979 derrière P. Levisse, se classant 8ème en 1976. Il participe 6 fois aux France de cross.

Ses classements aux championnats du monde de cross sont les suivants : 32ème en 1976 (37ème par équipe), 50ème en 1977, 63ème en 1978, 88ème en 1979

Sur piste : il monte sur le podium du 10 000 m à deux reprises : 3ème en 1977 et 1978 après une 5ème place en 1976. Il termine encore 7ème en 1976 et 5ème en 1980

Sur 5000 m, il accède à la seconde place en 1977 et termine 4ème en 1976, 7ème en 1978.

Une valeur sûre d’une grande régularité.

 

Jean Luc Lemire né en 1954 (24 ans à Glasgow)

64ème à Glasgow

Cette participation sera la seule de Jean Luc Lemire aux championnats du monde de cross.

Finaliste (8ème en 8:09.3) sur 3000 m lors des championnats d’Europe juniors en 1973 à Duisbourg, il se spécialise sur le steeple et remporte le titre de champion de France sur 3000 m steeple en 1978 à Charléty devant Joseph Mahmoud.

Il est qualifié pour les championnats d’Europe de Prague. 

C’est en 1979 qu’il réalise sa meilleure performance avec 8:30.0 (36ème place au bilan tous temps français) lors des championnats de France à Orléans en terminant à la seconde place.

Ses classements aux championnats de France sur piste : 8ème sur 5000 m 1974 et 8ème sur 10000 m en 1977 et sur 3000 m steeple : 6ème en 1975 et 1976.

En 1978, il termine à la 6ème place (8:38) en série des championnats d’Europe à Prague.

Coureur éclectique avec un beau registre de course qui va de 3:41.7 sur 1500 m à 2h17.18 sur marathon.

 

Dominique Coux né en 1950 (28 ans à Glasgow)

105ème à Glasgow

C’est le champion de France de cross en titre en 1978 au Touquet devançant J.L. Paugam et P. Levisse, il passe malheureusement à côté lors des championnats du monde.  

Il va l’emporter une nouvelle fois en 1980 à Vichy devant T. Watrice et A. Gonzalez.

Il participe 8 fois aux France de cross (de 1974 à 1986) et obtient des places dans les 8 premiers en 1979 (8ème), 1983 (7ème), 1985( 6ème) et 1986 (6ème) ce qui lui permet d’obtenir 5 sélections aux championnats du monde de cross qu’il finit à la 46ème place en 1976 (3ème par équipe), 105ème en 1979, 24ème en 1980 (sa meilleure place), 83ème en 1985 et 104ème en 1986.

Révélé sur le tard, il n’est que 12ème lors des championnats de France sur piste en 1973 en 14:24, Il va progresser rapidement et devenir un excellent pistard. Il est double champion de France sur piste sur 5000 m et 10 000 m en 1979 à Orléans et s’inviter souvent sur les podiums.

Ses classements aux championnats de France sur piste 

5000 m : 2ème en 1975, 6ème en 1978, 7ème en 1980, 3ème en 1981

10 000 m : 3ème en 1980, 2ème en 1981.

 

Une formidable génération

Cette victoire a récompensé des coureurs brillants, à la longévité exceptionnelle.

Il n’est pas étonnant d’en retrouver la plupart, superbement classés dans l’hitparade du cross français.

Si l’on reprend le travail de Louis Graffard, derrière Levisse ( 16 participations)  numéro 1 en France au classement général  , on trouve Lucien Rault à la 4ème place (12 participations ), Thierry Watrice à la 10ème place , Dominique Coux à la 21ème  place ( 8 participations) , Jean Paul Gomez à la 22ème  place ( 8 participations) , Radhouane Bouster à la 35ème place (7 participations ) , Alex Gonzalez à la 46ème  place ( 6 participations ) et Jean Luc Paugam (6 participations)  à la 48ème  place.

En forme de bilan, cette équipe représente tout simplement :

  • 9 titres de champion de France de cross
  • 12 secondes places
  • 9 troisièmes places
  • 7 places de 4ème, 6 de 5ème, 8 de 7ème et 5 de 8ème

Mais sur piste leur palmarès est tout aussi impressionnant :

  • 16 titres de champion de France (1500m, 5000 m, 10000 m, 3000 m steeple, 25 kilomètres et marathon)
  • 21 places de second
  • 16 places de troisième

Ces derniers chiffres donnent la véritable dimension de cette équipe.

En effet, les coureurs de l’équipe championne du monde avaient également des qualités qui leur ont permis de briller sur la piste.

Les tableaux de synthèse suivants montrent bien l’importance des performances sur piste, conditions nécessaires pour la réussite en cross.

Le 1er tableau donne les performances réalisées par les coureurs champions du monde, l’année précédent la saison hivernale (année 1977) et la saison de la victoire en 1978.

Tableau 1

Performances 1978 Performances 1977
1500/ 3000 m 5000 m 10000 m 1500/ 3000 m 5000 m 10000 m
LEVISSE P. 7:58.3 13:33.8 27:58.1 8:06.9 14:14.9
RAULT L. 29:02.5 28:50.4
BOUSTER R. 7:58.5 13:24.09 28:29.7 8:08.7 14:11.9 30:04.9
GONZALEZ A. 3:38.4 3:39.1 / 8:35.2 st
WATRICE T. 8:04.6 13:50.9 29:52.0 13:57.3 29:21.9
GOMEZ J.P. 28:39.8 7:55.9 13:39.9 28:15.7
PAUGAM J.L. 13:53.1 28:40.2 8:09.2 13:51.2 28:33.3
LEMIRE J.L. 3:41.6/ 7:59.6 (8:30.0 steeple) 3:41.7 /7:57.7 13:47.2 29:17.6
COUX D. 8:08.3 14:06.7 28:44.4 8:05.0 13:50.2 29:07.0

 

On constate que tous les coureurs présentent un remarquable niveau lors de ces 2 années et tout particulièrement sur 10 000 m à l’exception d’Alex Gonzalez, performant sur 1500 m et J.L. Lemire le champion de France 1978 sur 3000 m steeple.

 

Le tableau 2 présente les meilleures performances absolues obtenues par nos champions du monde et le tableau 3, le classement actuel dans les bilans tous temps français.

Tableau 2

Meilleures Performances
1500/ 3000 m 5000 m 10000 m Mar./ heure
LEVISSE P. 7 :51.62 13 :32.56 27 :50.30 2h14.38 / 20429 (Heure)
RAULT L. 13 :38.6 28 :20.4 20305 (Heure)
BOUSTER R. 7 :57.3 13 :24.09 28 :16.64 /28 :26.5 i 2h17.40
GONZALEZ A. 3 :35.07/7 :53.29 13 :27.57 2h12.52
WATRICE T. 7 :49.56 13 :27.58 28 :04.61 2h16.05
GOMEZ J.P. 7 :55.9 13 :39.9 28 :01.88 2h16.34 / 20100 (heure)
PAUGAM J.L. 8 :05.2 13 :50.0 28 :33.3
LEMIRE J.L. 7 :54.3 (8 :30 steeeple) 13 :47.2 28 :54.9 2h17.18
COUX D. 8 :04.42 13 :37.60 28 :31.1 2h14.56 /20232
Moyenne 7 :56.5 13 :36.1 28 :19.1 2 h 15.40 / 20 k 266 (4)
Tableau 3
CLASSEMENT BILAN Tous Temps France
1500/ 3000 m 5000 m 10000 m Mar./ heure
LEVISSE P. 48 45 11 64 / 3
RAULT L. 74 26 / 5
BOUSTER R. 106 23 22 132
GONZALEZ A. 23/62 29 36
WATRICE T. 39 30 16 86
GOMEZ J.P. 84 74 15 104 / 8
PAUGAM J.L. > 130 41
LEMIRE J.L. 48 112 112 120
COUX D. 62 62 70 /7

 

Le niveau de performance est tout simplement remarquable avec des moyennes étonnantes, en n’oubliant pas bien sûr de remettre cela dans la perspective historique : c’était il y a 40 ans !

Avec des performances moyennes de 7:56.5 sur 3000 m, 13:36.1 sur 5000 m, 28:19.1 sur 10 000 m, 2h15.40 au marathon, un coureur à 3:35 au 1500 m, un autre à 8:30 au 3000 m steeple, des performances de pointe sur l’heure, avec des coureurs de ce calibre, la France n’aurait actuellement aucune difficulté pour s’imposer au niveau des championnats d’Europe de cross.  

Dans les bilans français de tous temps, on voit que leurs classements sont loin d’être ridicules.

Il est incontestable qu’il n’y avait pas que le parcours et la boue mais aussi un très bon niveau de course.

Pour conclure on peut dire la chose suivante, quand l’équipe de France est bien classée aux championnats du monde de cross il n’y a pas que les conditions de course : il y a aussi du talent !

Pour preuve ! Regardons le niveau des français qui, en 1992, ont permis à l’équipe de France de terminer 2ème sur un parcours enneigé et balayé par un vent glacial à Boston.

Thierry Pantel (9ème) : 27:48.57 en 1992 – 27:31.16 en 1990 et 13:21.81en 1990

Bruno Le Stum (10ème) : 8:27.47 au 3000 m steeple en 1992 – 8:15.28 en 91, 2h13:40 sur marathon

Toni Martins (12ème) : 27:22.78   – 13:14.47 en 1992

Pascal Thiebaut (21ème) : 13:19.29 et 3:34.08 – 13:14.60 en 87

Jean Louis Prianon (45ème) : 28:07.38 en 1992 – 27:34.38 en 87 et 13:28.7 en 1986

Tony Rapisarda (48ème) : 1h02.31 en 1992 – 28:19.13 en 1991 et 13:44.06 en 1991

Les autres coureurs : Pascal Fetizon (62:11 sur semi, 2h14:35 au marathon), Paul Arpin (13:22.03, 27:39.36, 2h11:53), Mickael Dufermont (13:42.0, 28:42.85)

Un niveau de performance incroyable : 27:41.9 sur 10 000, 13:24.7 sur 5000 m et un steppleur de niveau mondial.  Probablement une, sinon la plus belle des équipes de France de cross en termes de performances.

 

Conclusion

Cette victoire de l’équipe de France de cross aux championnats du monde n’a pas, il y a 40 ans, été appréciée à sa juste valeur.

Il n’est que justice, 40 ans après, de rappeler aux jeunes générations cet exploit.

Alors que les championnats de France de cross vont se tenir sur la terre de cross, le fief de Lucien Rault et Jean Luc Paugam, il serait de bon ton que la FFA n’oublie pas nos champions et leur rende l’hommage qu’ils méritent.

 

6 réactions à cet article

  1. Bravo pour tous vos articles très pertinents et qui remettent bien les performances à leur juste valeur !seuls les chronos sur piste définissent la valeur intrinsèque d’un athlète.

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    • merci jean Claude de nous replonger dans cette histoire. Tous ces coureurs étaient mes idoles quand j’étais gamin, et je les cite encore en référence, pas parce que c’était mieux avant, mais parce que leur niveau de performance était réellement exceptionnel.

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  2. Merci pour cet excellent article basé sur des comparatifs pertinents. Est-il nécessaire de rappeler qu’à cet époque ces athlètes, qui n’étaient pas « professionnels », ne pouvaient pas se consacrer à 100% à leur pratique sportive. Je me souviens aussi de ces championnats de France à Orléans en 1979 oú Dominique Coux remporte le 5000 et le 10000 m dans la foulée ! Que de bons moments…

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  3. Bravo pour cet article. Je tombe dessus par hasard en recherchant des résultats de 1978. En effet ils étaient tous d’immenses champions. J’ai eu la chance de côtoyer Lucien Rault et Jean-Luc Paugan puis François Person… que de titres régionaux à eux trois. Merci encore pour ces souvenirs.

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    • Excellente équipe dont j  »ai toujours la nostalgie. Une pensée spéciale pour Jean Luc lemire qui fut un champion plein d’ humelite et de gentillesse. Malheureusement une grave blessure à la cheville la stoppé dans sa progression, car ce fut un athlète prometteur. Dommage pour nous et surtout pour lui.

      Répondre
  4. Excellente équipe dont j  »ai toujours la nostalgie. Une pensée spéciale pour Jean Luc lemire qui fut un champion plein d’ humelite et de gentillesse. Malheureusement une grave blessure à la cheville la stoppé dans sa progression, car ce fut un athlète prometteur. Dommage pour nous et surtout pour lui.

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