Les jeunes et les capacités physiques

Nous avons récemment parlé des jeunes et de leurs capacités d’endurance. En résumé, si leur économie de course est moins bonne, la répartition des fibres musculaires et les adaptations cardio-vasculaires sont tout à fait favorables aux efforts de longue durée. Voyons aujourd’hui ce qu’il en est des capacités physiques complémentaires : force, vitesse, souplesse et coordination.

Les jeunes et leurs capacités physique
Les jeunes et leurs capacités physique

Rappel sur le développement sexué

Chez les filles, le pic de croissance rapide-soudaine se produit vers 12 ans avec le développement des caractères sexuels secondaires. L’apparition des premières règles se produit un peu après l’atteinte du sommet de croissance. Ces développements surviennent à plus ou moins deux ans.

Chez les garçons, la poussée rapide-soudaine de croissance est plus intense que chez les filles et se produit habituellement 2 ans plus tard, donc à 14 ans. Le pic de croissance significative de la force survient environ un an et plus après l’atteinte du sommet en grandeur.

Ainsi, les athlètes masculins présentent des caractéristiques démontrant un important gain tardif en force. Comme pour les filles, le développement chez les athlètes masculins peut précéder ou suivre l’âge moyen de deux ans ou plus.

Amélioration des capacités motrices durant l’enfance et l’adolescence

Comme nous l’avons vu pour l’endurance, les qualités physiques sont entraînables quel que soit l’âge, mais pas avec la même efficacité. Les processus d’adaptation aux charges physiques et psychiques suivent les mêmes lois chez les enfants et les adolescents que chez les adultes.

Néanmoins, les charges doivent être adaptées quantitativement et qualitativement en fonction des particularités spécifiques à l’âge et des tolérances à l’effort qui lui sont liées (par exemple pas de musculation avec charges lourdes chez les enfants, pas d’efforts lactiques répétés). Attention également aux périodes sensibles des enfants et les adolescents = fenêtres temporelles durant lesquelles le développement des capacités motrices est optimal.

Physique ET psychique

Le système nerveux central se développe très rapidement durant l’enfance et est très plastique. Il faut donc accorder une importance toute particulière à l’éducation des qualités de coordination et de vitesse, même pour un jeune qui semblerait se prédestiner à l’endurance. De plus, l’enfant est capable assez tôt d’apprendre à coordonner des mouvements complexes (à partir de 5 ans), alors que l’âge d’or des apprentissages moteurs se situe entre 8 ans et le début de la puberté.

Travail de proprioception-coordination pour Thibaud Baronian et l’école de trail du Doubs
Travail de proprioception-coordination pour Thibaud Baronian et l’école de trail du Doubs

Ainsi, la vitesse peut et doit être travaillée très tôt. Attention au mot « travailler » car tout doit rester ludique (jeux de poursuite, de relais, de réaction…), avec une période optimale de développement pour la fréquence gestuelle entre 8 et 10 ans (vitesse cyclique). De plus, si l’enfant dispose de très bonnes capacités d’adaptation aux efforts aérobies, son aptitude aux efforts de type lactique est faible. Il ne s’agira donc pas de performance.

Les capacités de coordination se travaillent conjointement à celles de la vitesse. Pour Weineck, la capacité de coordination « permet de maîtriser des actions motrices avec précision et économie et d’apprendre relativement plus rapidement les gestes sportifs ». La capacité de coordination est une expression de base de l’ensemble des qualités physiques. Elle permet notamment chez les jeunes d’améliorer la force, la vitesse, l’endurance. Elle joue aussi un rôle dans la prévention des accidents corporels.

Pour la souplesse, la période d’entraînement optimale est entre 6 et 10/12 ans pour les garçons et les filles. Il faut alors rechercher à développer harmonieusement la souplesse générale. La souplesse est une qualité qui se détériore avec la croissance au moment de la puberté. Il faut donc particulièrement veiller à son entretien. C’est différent pour la force dont le développement devra attendre la seconde phase de puberté, c’est-à-dire le lycée.

Capacités physiques et trail

Examinons à présent le geste du traileur, jeune ou moins jeune, par exemple dans le secteur particulier de la descente. Vitesse, force, coordination et souplesse montrent ici tout leur intérêt. Vitesse dans l’exécution du geste, force au moment de la réception, coordination dans le déclenchement du saut jusqu’à la réception et à l’enchaînement des pas suivants (jambes + bras), souplesse pour l’angle d’envol.

Les habiletés motrices interviennent ainsi à tout moment et en lien les unes avec les autres. Courir et performer est donc une somme parfois complexe de nombreuses habiletés. Essayons de quantifier par un radar la part de chacune de ces qualités dans le geste du traileur.

Article jeune et capacités physique

En conclusion, il est aisé de comprendre que plus ces qualités seront développées tôt, plus l’athlète disposera d’une large palette de talents et plus il (elle) sera apte à performer en trail et dans d’autres disciplines. Pour les adultes, il faut retenir que l’aptitude aérobie (l’endurance) ne suffit pas et que le développement des autres qualités physiques doit figurer dans les programmes d’entraînement.

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