La gestion d’un Kilomètre vertical

Après vous avoir présenté la discipline et ses caractéristiques, Pascal Balducci, entraîneur de trail, vous détaille la gestion d'un kilomètre vertical à travers un exemple.

Kilomètre vertical Marathon du Mont blanc 2012

Pour faire suite à notre article du 10 mai 2016 sur le kilomètre vertical et comment le réussir au mieux si vous débuter,  voici un exemple de gestion sur ce type de course.

Le kilomètre vertical (KV pour les intimes) est une discipline outdoor en pleine expansion. On la retrouve aux championnats de France (en 2016 le 16/07 à Manigod en Haute-Savoie) mais aussi aux championnats du monde de Skyrunning fin juillet en Espagne. Et comme l’être humain est perpétuellement insatisfait, c’est maintenant sur K2 et même sur K3 (3 000 mètres de dénivelé positif consécutif), comme à Suze (Italie) que les coureurs peuvent se confronter, en ligne ou en contre la montre.

Comme nous l’avions dit précédemment, le temps de course équivaut selon les pentes et les technicités au temps d’un 10 km route. Ceci concerne bien entendu les athlètes entraînés en côte. Dans le cas contraire, les résistances périphériques (musculaires) constitueraient un important facteur limitant à la performance. Ainsi, on peut être très fort sur 10 km route et très moyen sur un kilomètre vertical.

Même si la pente contraint d’emblée l’athlète à gérer l’intensité de son effort, il n’est pas rare de voir des départs trop rapides menant à l’explosion. Le port d’un cardio-fréquencemètre présente le double avantage de gérer son effort pendant la course, puis de l’analyser à posteriori.

C’est le cas ci-dessous pour cette jeune athlète du team Buff/HOKA les Saisies, jeune mais expérimentée car membre de l’équipe de France de ski-alpinisme. On remarque de nombreuses choses à l’examen de sa courbe de fréquence cardiaque :

  • Une belle régularité sur l’ensemble de la course démontrant une bonne gestion de l’effort.
  • un très faible écart moyenne-maximum (182/187) montrant un pourcentage élevé d’intensité aérobie. Pour évaluer l’intensité, on met 182 en % de FC réserve, ce qui correspond ici à plus de 90%. Plus ce % est élevé et meilleur c’est.
  • Une atteinte assez rapide de la fréquence cardiaque moyenne. Cette cinétique de VO2 est en lien avec l’expertise du coureur mais également avec l’échauffement. Plus l’échauffement sera complet et adapté à l’effort qui va suivre, plus vite l’athlète atteindra sa FC cible et minimisera sa dette d’oxygène.

Gestion KV

Ainsi, avec une simple courbe de FC, on est capable d’analyser plusieurs paramètres permettant de comparer les athlètes entre eux, mais également de suivre la progression d’un même athlète. Au-delà de la performance chronométrique, ce sont des leviers d’amélioration non négligeables.

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