Être cohérent…sur le plan cardiaque

Nous avons évoqué dans un précédent article l’utilisation de la Variabilité de la Fréquence Cardiaque (VFC ou HRV pour Heart Rate Variability) dans le suivi physiologique des sportifs. Pour rappel, le cœur ne bat pas à un rythme constant, il accélère et il freine de manière plus ou moins régulière. La cohérence cardiaque correspond à une variation régulière du pouls selon une périodicité dépendante de lois physiologiques.

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La VFC est en lien avec le fonctionnement du Système Nerveux Autonome (SNA) qui contrôle les fonctions involontaires de l’organisme, comme la respiration, la digestion, les battements cardiaques…. Le SNA comporte 2 branches dont les activités s’opposent : la branche sympathique (activatrice/accélératrice) et la branche parasympathique (inhibitrice). On parle de balance sympathovagale. La VFC est liée également à la respiration car le cœur accélère à l’inspiration et ralentit à l’expiration. 

Dans les états de stress, le système sympathique domine, la VFC devient chaotique ; dans les états de relaxation, le système parasympathique l’emporte, désynchronisant également la VFC. Dans ces 2 cas, la balance se déséquilibre. Les dominances réciproques du sympathique et du parasympathique se visualisent au moyen de l’analyse fréquentielle proposée par certains logiciels, les hautes fréquences (> 0.15 Hz) reflétant l’activité parasympathique. Ainsi, la VFC est tributaire de l’état physique mais également de l’état émotionnel du sujet.

 

 

Visualiser la cohérence

 

Sur un logiciel comme Kubios permettant de visualiser la VFC après traitement mathématique, on obtient des courbes parlantes. La courbe du haut, une sinusoïde, témoigne d’un état de cohérence ; celle du bas est caractéristique d’un sujet tendu, fatigué. 

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La cohérence cardiaque semble indiquer une synchronisation cœur-cerveau. Le sujet est relaxé, détendu, disponible.

 

 

S’entraîner à la cohérence

 

Naturellement, l’être humain contrôle rarement sa respiration et ses émotions. C’est pour cela que l’atteinte de la cohérence cardiaque nécessite un entraînement. De plus l’état de relaxation est à différencier de celui de cohérence, ce dernier étant plus abouti. En effet, on peut être relâché sans contrôle de la respiration, ce qui se traduit par des activités parasites du sympathique. Il n’y a de cohérence que lorsque la balance sympatho-vagale est équilibrée. L’effet du rythme respiratoire sur le rythme cardiaque s’appelle l’Arythmie Sinusale Respiratoire (ASR). Le rythme idéal est en moyenne de 0.1 Hz, soit un cycle respiratoire (inspiration-expiration) en 10 secondes, ou 6 cycles à la minute (entre 5 et 7 généralement). Le respect de ce rythme assez lent requiert de l’entraînement, plusieurs fois par semaine, pendant au moins 3 minutes, 5 minutes idéalement. Les physiologistes parlent de l’effet Vaschillo qui est la mise en résonnance des variations dues à la respiration (hautes fréquences) avec les variations dues à l’activité baroréflexe (basses fréquences).

Ces exercices vont amener à l’état de cohérence de plus en plus rapidement et réduire l’anxiété en quelques semaines. Ils peuvent être associés à de l’imagerie positive. 

La cohérence cardiaque est donc un outil supplémentaire dans le monitoring de l’athlète sur les plans physiques et psychologiques, la VFC et la cohérence étant fortement perturbées dans tous les cas de fatigue. 

Un outil pour la VFC : https://www.haptools 

Un outil pour la cohérence : http://kubios.uku.fi/KubiosHRV/Download/ 

 

1 réaction à cet article

  1. Les animaux de compagnie fonctionnent selon le même principe et il semble y avoir une interaction entre le système autonome du maître et de son animal

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