Salomon Skyrunner France Series 2015 : la parole est aux vainqueurs !

La saison 2015 de trail touche à sa fin et les coureurs disputent leurs dernières courses. Retour sur les Salomon Skyrunner France Series avec les vainqueurs homme, femme et espoir.

Céline Lafaye

Le 13 septembre 2015, le Serre Che Trail (voir résultats) marquait la dernière étape pour les participants au Salomon Skyrunner France Series 2015. A l’issue des six courses du calendrier 2015Céline Lafaye, Andy Symonds et Gédéon Pochat, sont les vainqueurs femme, homme et espoir.

Céline Lafaye a remporté les étapes du 46 km du trail du Ventoux, le 32 km de l’Altispeed et terminé 3ème du Marathon du Mont-Blanc. Andy Symonds a lui de son côté gagné le . Enfin, Gédéon Pochat, vainqueur espoir du Marathon du Montcalm, s’est classé deuxième espoir du Serre Che Trail Salomon et de l’Altispeed.
46 km du Serre Che Trail Salomon, pris la deuxième place de l’Altispeed et la troisième du Marathon du Montcalm
Ils répondent à trois questions à l’issue de leurs sacres.

  • Quel est ton meilleur souvenir d’étape sur le Salomon Skyrunner France Series 2015?

Même si j’ai trouvé très belles les trois étapes auxquelles j’ai participé, mon cœur penche tout de même pour l’Altispeed en raison de ses 32 km et près de 2500 m de dénivelé positif. Autant dire que le plat n’a pas de place, ce qui me correspond tout à fait. Ce jour-là tous les éléments étaient réunis pour performer, avec un grand ciel bleu et la montagne magnifique. C’était la première fois que je venais à Val d’Isère et j’ai été agréablement surprise. Je m’attendais à parcourir de larges pistes au milieu des remontées mécanique alors que nous avons couru sur de beaux petits sentiers comme je les aime et qui m’ont même permis de monter à 3386 m, un record pour moi. Je redoutais un peu l’altitude mais finalement, je ne l’ai pas du tout ressentie et pour clôturer la journée, j’ai fait un passage au centre aqualudique pour récupérer encore plus vite. En résumé, une superbe course permettant de découvrir des paysages somptueux et dans une très bonne ambiance. Bravo à l’organisation. Céline Lafaye.

Andy Symonds
Andy Symonds

Difficile de choisir une étape par rapport à une autre. En fait, je les ai toutes appréciées. Chacune avait son tracé, style, ambiance, différents et son lot de surprises! La neige recouvrait en partie le trail du Ventoux, mais était remplacée par du terrain sec sur l’Altispeed. Le Marathon du Montcalm avait un profil vraiment classique avec son simple aller-retour au sommet depuis le village. La dernière étape à Serre Chevalier, qui promettait des vues exceptionnelles et un terrain technique sur les crêtes de haute montagne s’est transformée en bain de boue et une visibilité souvent proche de zéro. Andy Symonds.

J’ai bien aimé l’étape sur le Serre Che Trail Salomon. Une première pour moi sur un format aussi long. Les conditions météorologiques dantesques ont rendu la course d’autant plus intéressante. Mon passage préféré a été la traversée sur les crêtes dans le brouillard jusqu’au col du Granon. J’affectionne particulièrement le trail, car même dans la tempête on réussit à profiter de la montagne et à jouer avec elle. L’ambiance était géniale dès le départ. Voir tous ces trailers aussi motivés pour aller passer en montagne plusieurs heures à se faire rincer était touchant ! Gédéon Pochat.

  • Ton regard sur le skyrunning ?

Le mot skyrunning, est composé de  « running » donc courir, ce qui sous entend une distance qui reste raisonnable puisque inférieure à 50 km, et de « sky » qui signifie ciel. Quoi de mieux que la montagne pour s’en approcher ? Les parcours sont tracés dans un univers de montagne proche de la nature avec un dénivelé certain, à la différence du trail qui peut se faire partout, même sur un terrain plat. Le skyrunning est le format de course que j’affectionne le plus. Il allie un effort assez intense avec des notions de vitesse, car la distance n’est pas trop importante et surtout il a pour cadre des paysages montagneux magiques : Ventoux, Mont-Blanc, Val d’Isère…  Autant de petits paradis que j’ai pu découvrir ou redécouvrir. Son succès est lié, je pense, au désir d’aller à la rencontre de beaux paysages et de s’évader de la civilisation. Céline Lafaye.

A la base le skyrunning est une course sur les hautes montagnes avec des parcours plutôt techniques et des passages en altitude. Aujourd’hui il doit s’adapter afin de pouvoir s’intégrer dans des pays autres que l’Italie, son lieu de naissance. Au Royaume-Uni par exemple, on ne trouve pas vraiment de sommet en altitude et sa pratique doit se contenter de la technicité des parcours. La France n’a pas à la base une coutume de courses très techniques, comme on trouve facilement en Italie et les premières Sky Races n’étaient pas forcement très bien adaptées à cette pratique. Je suis vraiment content de voir qu’aujourd’hui de nouvelles courses apparaissent qui répondent mieux au vrai profil skyrunning. Il y a dix ans j’ai commencé à faire des allers-retours en Italie depuis l’Angleterre, avec un ou deux amis coureurs, afin de participer à quelques Sky Races dans les Alpes et leur format m’a immédiatement plu. Andy Symonds.

6 Gédéon Pochat photo JMK Consult
Gédéon Pochat

Le skyrunning est beaucoup plus typé montagne que les autres trails, avec de gros dénivelés, des passages techniques, des descentes vertigineuses. Je pense qu’il va continuer d’évoluer et de rencontrer le succès. Je le pratique presque à chaque entraînement car je préfère être en pleine montagne, là où il n’y a pas forcément de chemins et aller vers de nouveaux sommets sans croiser personne. Les gens viennent au trail pour se retrouver en nature et le skyrunning constitue en quelque sorte l’étape suivante qui amène en montagne voire haute montagne. Gédéon Pochat.

  • Pour quelles raisons tu pratiques le skyrunning et les qualités qu’il exige ?

Le skyrunning fait partie de mon programme puisque c’est « ma raison » de courir et de m’entraîner et le format de course que j’aime le plus. Je cours aussi et surtout parce que j’aime la montagne, et cet effort particulier. Quelle récompense quand on arrive en haut d’un sommet et que l’on peut admirer le paysage. Je déteste courir sur route et surtout sur du plat. A l’entraînement j’évite au maximum ce genre de terrain, même si il faut en faire de temps en temps. On va dire que je suis « légèrement » accro au dénivelé positif. Il est évident qu’en skyrunning, il faut bien monter et surtout bien descendre mais également être très endurant car ces formats de 4 à 5 heures sont très exigeants. Bref, aller vite mais longtemps ! Céline Lafaye.

J’apprécie dans mon programme un mélange de courses, profils et distances. Je ne suis pas contre une ou deux compétitions sur des parcours très roulants dans l’année, mais une chose est sûre, celles en haute montagne me plaisent toujours le plus. Grimper un sommet et admirer la vue qu’il offre m’apporte beaucoup de satisfaction. Elle augmente avec le fait d’aller le plus vite possible et lors d’une compétition. Andy Symonds.

Le skyrunning me permet d’aller là où mes yeux se posent et de ne pas me limiter aux chemins. Cette pratique nécessite une connaissance de la montagne pour y évoluer en sécurité. mais également un bagage technique et un bon mental pour avaler des dénivelés de fou. Gédéon Pochat.

Robert Goin

Les podiums Salomon Skyrunner France Series 2015.

  • Femmes
  1. Céline Lafaye, 3800 pts.
  2. Sandra Martin, 3750 pts.
  3. Agnès Lehmann, 3160 pts.
  •  Hommes
  1. Andy Symonds, 3650 pts.
  2. Thibaut Baronian, 3040 pts.
  3. Julien Navarro, 3000 pts.
  • Espoirs
  1. Gédéon Pochat, 3750 pts.
  2. Antoine Biard, 3340 pts.
  3. Nicolas Delmi-Deyirmendjian, 2200 pts.

 Le classement général complet

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