Saint-Jacques de Compostelle : quel chemin choisir? (partie 2)

Le voyage sur les chemins de Compostelle continue avec Sylvain Bazin. Pour les sportifs, les cyclistes, les pèlerins en quête d’accueil chaleureux ou ceux qui veulent se laisser aller à la méditation, suivez le guide, il y en a pour tous les goûts !

Compostelle

Nous poursuivons ici notre panorama des chemins de Saint-Jacques, entamé sur notre article précédent.

Comme nous le disions, chaque parcours jacquaire possède à la fois un trait commun aux chemins de pèlerinage – l’alternance heureuse entre belles campagnes, nature et les beautés patrimoniales des villages et des villes, qui apporte un contraste et une variété vraiment agréable pour le marcheur itinérant – mais aussi ses propres caractéristiques de paysages et d’ambiance.
Si chaque voie jacquaire est une expérience unique, un « beau voyage » inédit, la promesse de ressentir la recherche de spiritualité laissée comme une empreinte par les pèlerins au fil des siècles, certains pourront donc mieux contenter les aspiration de chacun. Poursuivons donc notre exposé.

Pour les cyclistes : le chemin de Paris et de Tours

Bien entendu, la via Turonensis, notamment à partir de Tours, reste un des principaux itinéraires vers Saint-Jacques et les marcheurs sont nombreux à parcourir ces vastes étendues françaises avant de rejoindre les autres voies dans le pays basques.

Mais il est vrai que les vastes plaines traversées ici, ainsi que la longueur du parcours, peut-être aussi par le fait que de nombreux pèlerins venus de Hollande aient popularisé cet itinéraire à bicyclette, ce trajet conviendra très bien pour un voyage à vélo, où certaines zones de plaines agricoles seront tout de même avalées à une allure plus propice à ces vastes étendues. Mais attention, l’itinéraire n’est pas ennuyeux non plus: depuis Paris, on pourra notamment apprécier les abords de Tours où l’on longera agréablement des rivières tranquilles bordées de belles propriétés troglodytiques, puis plus loin les vastes forêts des landes.

La région Centre Val de Loire entend également promouvoir cet itinéraire, qu’elle a balisé spécialement pour les cyclistes.
Vous trouverez des informations pour préparer votre parcours ainsi qu’un topo-guide en ligne ici : www.regioncentre-valdeloire.fr/…a…/saint-jacques-appel-bdpap.PDF

 

Pour les sportifs: le Camino del Norte

Le chemin du nord, qui choisit de longer de près le littoral atlantique de l’Espagne, est assurément une alternative pleine de charmes au Camino Frances. Le parcours est en effet vraiment agréable: de très belles vuesdel norte marines, surtout au début, puis aussi de beaux paysages de petites montagnes, notamment sur la Galice. C’est là encore un sentier bien moins bien fréquenté que le Frances, une expérience différente et sans doute plus intime. De plus, le Camino del Norte est presque dépourvu de passages « ingrats »: peu d’entrée de ville pénibles (on entre agréablement dans Bilbao ou San Sebastian ), pas de longs passages de plaines agricoles monotones.

Mais le caractère plus physique du tracé le réservera aux randonneurs déjà un peu aguerris: les pentes sont en effet plus que prononcées au début du parcours, dans le beau pays basque, où certaines étapes sont de véritables marches en montagne. Ensuite, même si le parcours se déroule sur des vallonnements plus modestes, il reste tout de même assez physique, notamment sur la partie finale, dans les monts de Galice. C’est donc un chemin qui exigera, pour mieux l’apprécier, une condition physique un peu plus poussée que son « rival » de l’intérieur des terres. Mais on pourra alors vraiment apprécier ses paysages côtiers, les montagnes et les courtes traversées en bateau qui lui donnent aussi son caractère particulier.

Distance: 950 kilomètres.
Difficulté de marche: un parcours relativement difficile, avec des étapes très pentues dans le pays basque et des vallonnements importants par la suite.
Le plus: la beauté des paysages côtiers et une belle traversée de la Cantabrie et de la Galice intérieure.

 

Pour les rencontres: la Via Lusitana ou le chemin portugais

Marcher vers Compostelle en partant du Portugal semble, après l’avoir fait, une évidence. Finalement, c’est presque le chemin le plus logique et le plus direct, puisque de Lisbonne à Compostelle on reste pratiquement sur la même longitude, et la Galice semble bien être le prolongement naturel de la Lusitanie, même si après le pont de, on change de pays et de fuseau horaire!

La Via Lusitana n’est pas encore, surtout avant Porto, extrêmement fréquentée. On y marche souvent en solitaire, mais les rencontres à l’étape y sont chaleureuses. Peut-être justement parce qu’ici on est moins « blasé » du passage des pèlerins, ou tout simplement parce que celui-ci reste plus exceptionnel, l’accueil y est particulièrement sympathique. Lorsque j’ai effectué ce périple, à l’automne 2014, j’ai ainsi rencontré très peu de pèlerins jusqu’à mon arrivée à Porto, mais mes soirées furent rarement totalement solitaires.

Sur cette route, en effet, les habitants, peut-être émus par le passage d’un pèlerin solitaire mais aussi souvent par un caractère d’accueil et de convivialité particulièrement développé, une certaine francophilie aussi, se sont souvent enquis de mon parcours, de mon bien-être à l’étape. Souvent même, je fus invité à dîner, à boire un verre, à aller visiter la ville voisine avec un guide que ces heureux hasards mettaient sur ma route, à assister à la répétition de la fanfare locale en compagnie de villageois. Le Portugal offre assurément au marcheur un accueil amical, sympathique, et reflète un pays où, malgré les difficultés économiques, il semble village bleu portugalfaire bon vivre.

En prime, on mange plutôt bien sur les rives lusitaniennes et les prix sont assurément très abordables pour le pèlerin fauché, ou soucieux de ses économies… Pour l’accueil, les rencontres, un parcours bien agréable aussi qui sillonnent collines et petits villages typiques, traverse également de belles villes (Lisbonne, Porto bien sûr mais aussi l’estudiantine Coïmbra puis Ponte della au Portugal, avant de poursuivre dans la belle Galice par Pontevedra et ) et offre de belles vues maritimes dans sa dernière partie gallicienne, la Via Lusitana offre un beau voyage et une alternative de choix pour le pèlerin soucieux d’éviter la grande foule du Camino Francès ou de vivre une autre belle expérience.

Distance : 900 kilomètres
Difficulté de marche: assez modérée, même si le terrain est souvent gentiment vallonné.
Le plus : des paysages doux, une belle plongée dans un Portugal rural et très accueillant pour le marcheur français.

 

Pour la méditation: la Via Arverna

Parmi les itinéraires jacquaires moins connus, la Via Arverna peut tenir une place à part. Je l’ai parcouru l’été dernier, de son point de départ historique, Clermont-Ferrand, jusqu’à Vic sur Cère, au coeur du Cantal. Ce chemin de pèlerinage, appelé aussi « voie du milieu » présente assurément un charme particulier, presque discret. Il circule en effet à travers une Auvergne de petits villages fortifiés, de villes au patrimoine architectural riche, d’une campagne vallonnée puis d’une montagne authentique et préservée. Une France rurale, pleine de jolies perspectives et de haltes agréables, où l’on est bien accueilli à l’étape et où la vie semble couler doucement.

Certes, les paysages n’y sont pas toujours extrêmement spectaculaires, mais les premiers vallonnements des monts du Cantal offrent de douces rêveries, et les belles villes de des étapes de choix. Un peu plus loin, on goûtera au charme authentique des villages blottis dans les vallées discrètes: . Assurément, cette Via Arverna offre au pèlerin une expérience différente, sans doute plus proche de celles connues sur d’autres voies, aujourd’hui plus fréquentée, il y a une vingtaine d’année. Et puis surtout, cette voie du milieu offre une belle plongée dans l’intimité de la marche, la solitude et le partage crée par des paysages où il fait bon vivre, réfléchir et déambuler, à l’ombre d’une douce France, discrète mais loin d’être endormie.

Distance: 450 kilomètres
Difficulté de marche: intermédiaire. De bonnes buttes et une étape de montagne pentue dans le massif cantalien.
Le plus: un parcours au charme intimiste.

2 réaction à cet article

  1. Merci pour le partage d’expérience. Peux-tu préciser les points de départ et d’arrivée pour ces différents chemins ? Après les 730 kilomètres du Podiensis, jusqu’à l’Espagne, les 450 km de la Via Arverna me semblent étonnamment courts…

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  2. Et quelqu’un a un peu d’informationt de la Voie d’Arles? Merci!

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