Blessure : Adaptation de l’alimentation pour une meilleure récupération

Lésion d’un ligament croisé, luxation méniscale, fracture de fatigue... Des blessures importantes qui nécessitent des arrêts prolongés. Immobilisation partielle ou totale, respect des délais et des limitations de mouvement, mais n’est-ce pas aussi le moment d’adapter la qualité de son alimentation pour mieux récupérer ?

sport et blessures

Les blessures sportives corporelles ont un coût incroyablement élevé : économiquement, elles entraînent des dépenses de santé supérieures à 1 milliard d’euros dans le monde.

Mais, le contrecoup des blessures dépasse grandement le seul aspect financier. Elles violentent le corps du sportif et le fragilisent si les modalités de prise en charge et de traitement sont mal adaptées.

 

Une alimentation stratégique adéquate influence positivement l’issue d’une blessure, accélère le retour au sport et amène le sportif à s’impliquer dans sa guérison.

Les effets du désentraînement

Selon la gravité de la blessure et des chirurgies, la période d’immobilisation peut durer plusieurs semaines. Ce n’est véritablement qu’entre 3 et 6 semaines que le sportif commence à perdre de la masse musculaire. Volume, force diminuent, certes, mais le muscle ne se transforme pas en « graisses ». A l’arrêt de la pratique sportive, l’organisme augmente « simplement » sa capacité à les stocker.

L’inutilisation des muscles entraine leur atrophie et une baisse de la fabrication de nouvelles protéines musculaires. Limiter la « résistance anabolique protéique», protéger la masse musculaire, contenir le pourcentage de prise de masse adipeuse sont de vrais enjeux nutritionnels pour le sportif.

 

La nutrition : des effets multidimensionnels

Une alimentation suffisante, nutritive, qualitative, savoureuse avec des aliments cuisinés « maison » est de la plus haute importance pour le rétablissement et la rééducation du sportif blessé. Un état nutritionnel pré et/ou post-chirurgical défaillant peut entraîner de mauvais résultats, un risque accru de développer des infections, un retard de cicatrisation des lésions et une augmentation de la durée d’hospitalisation.

 

Les besoins du corps humain :

  • Énergie : La peur de grossir amène le sportif blessé à se soumettre à une alimentation contrôlée et restreinte. Mais, en période d’immobilisation forcée, un apport énergétique suffisant est prépondérant. Quand la consommation de calories et de nutriments est insuffisante, l’organisme utilise les constituants protéiques de ses propres tissus (muscles, organes) pour produire les calories manquantes : un peu comme si vous bruliez vos meubles pour produire un peu de chaleur dans votre maison. Un bilan calorique déficient accélère la fonte musculaire, affaiblit le système immunitaire (ce n’est pas le moment !) d’où un risque accru de développer des infections… Prudence, un excès calorique ne protège pas mieux de la perte musculaire, mais dynamise plutôt une augmentation du tissu adipeux. Ne pas hésiter à rencontrer un (e) diététicien (ne) nutritionniste du sport pour évaluer au mieux vos besoins énergétiques.

 

  • Protéines : à la suite d’une grosse intervention chirurgicale ou d’une lourde blessure, une augmentation des apports en protéines à 1,5-2,0 g / kg de poids corporel / jour peut être une solution avantageuse répartie sur 3 à 4 repas. La meilleure stratégie d’alimentation serait d’apporter des protéines à chaque repas, sous forme de produits d’origine animale et/ou végétale (exemple : diminuer légèrement les quantités à l’un des deux repas principaux pour les répartir au goûter si le sportif opte pour cette collation). Choisir des aliments à cuisiner plutôt que des aliments ultra-transformés est indispensable. Qu’il est tentant de vider un paquet de biscuits apéritifs, mais une simple tartine de pain – beurre – chocolat sait décupler le plaisir du « Quatre heures » !

 

  • Lipides : Les acides gras oméga-3 sont bénéfiques par leurs propriétés anti-inflammatoires. L’apport d’acides gras doit, bien sûr, rester dans le cadre d’un régime équilibré. Poissons (maquereau, hareng, sardine,…) et huiles végétales (colza, noix,…) à mettre au menu et à ajouter dans votre panier lors des prochaines courses.

 

  • Glucides : Pas assez de glucides augmentent aussi la dégradation des protéines musculaires. Céréales et légumes secs conservent leur place dans les assiettes !

 

  • Minéraux, vitamines : Une alimentation variée satisfera aux besoins du sportif bien nourri sans avoir besoin de rechercher une supplémentation micronutritionnelle poussée par une offre commerciale toujours croissante. https://ciqual.anses.fr/

 

La vitamine D joue un rôle essentiel dans le renforcement du système immunitaire, mais aussi dans la qualité du tissu osseux et musculaire selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation. Par précaution, demander conseil à votre médecin traitant afin de pallier au déficit éventuel de vitamine D.

 

  • Eau : 75% des muscles sont constitués d’eau. Une diminution de leur teneur hydrique peut contribuer à réduire leur force maximale.  L’eau est également nécessaire à l’élimination des déchets et à la synthèse musculaire après blessures. Ne pas oublier de boire au cours de la journée : les urines doivent rester claires.

 

Privilégier des aliments de qualité et conserver un bon état d’esprit dans cette période difficile d’immobilisation forcée. Un challenge à poursuivre après la blessure ! Bon courage !

 

Pour en savoir davantage :

.* Financial dimension of sports injuries, Korkmaz, M., Kılıç, B., Çatıkkaş, F., Yücel, A. S.: http://hdl.handle.net/11508/8153

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24241129/#

Dominique POULAIN, Diététicienne nutritionniste du Sport: http://www.nutritionniste-dieteticien.fr

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