Recycler sa saison…pour accomplir quelques belles courses en fin d’année

Pour les coureurs comme pour la population en général, le temps de compréhension et d’acceptation de la crise sanitaire a été long. Dans les premiers temps du confinement, beaucoup sont restés focalisés sur les objectifs à venir en tenant de limiter le désentraînement, voire à améliorer le niveau de forme en raison d’un nouveau temps libre appréciable. Et puis le temps de la désillusion et de l’acceptation de la réalité est venu : les courses d’avril se sont annulées, puis celles de mai ont disparu du calendrier, et ce sont maintenant celles de juin qui subissent le même sort. Certes, un déconfinement est probable à partir de mi-avril, par secteur géographique, mais les rassemblements ne seront pas admis pour autant. Qu’en sera-t-il cet été pour les grands rendez-vous internationaux qui réunissent des traileurs du monde entier ? La probabilité d’une annulation ou d’un report grandit chaque jour.

dirty runner athlete

Nouvelles dates, nouvelle planification

 

Dans ce contexte incertain, la planification annuelle et la programmation d’entraînement sont à repenser. La saison s’est arrêtée début mars avec le Trail du Ventoux par exemple, ou avec la TransGranCanaria pour les courses de l’Ultra World Tour. Les athlètes, pour la plupart, rentraient dans une première période compétitive qui faisait suite à deux périodes bien déterminées : une période de préparation physique générale (généralement hivernale) et une période de préparation physique spécifique (à la compétition). 

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Pendant les premiers temps du confinement, chacun est resté naturellement sur la dynamique en cours, dans les limites autorisées par les règles sanitaires bien entendu. Pourtant, il est temps de changer car aucune compétition ne se profile à l’horizon et il est donc inutile de s’affûter pour rien, au risque de perdre certaines qualités essentielles. Alors que peut-on faire ?

 

Voici quelques règles et quelques idées pour y voir plus clair, et en 2 temps

 

 

Temps du confinement : 

 

Nous allons rester confinés encore quelques temps, ce qui va permettre à chacun d’avoir une idée du nouveau calendrier de compétition. Par exemple, nous savons que le championnat de France qui devait avoir lieu dans le Cantal en mai aura lieu le 4 octobre à Gap. Pendant ce temps, la meilleure chose à faire, et réalisable par tous, est de reprendre un programme de renforcement musculaire. Cela peut se faire à la maison, sans matériel, et doit concerner l’ensemble des groupes musculaires. 

 

Voici un exemple de séance pour un jeune traileur élite qui réalise 3 séances de renforcement par semaine. 

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Cette séance permet de travailler en concentrique, isométrique et excentrique, et de varier les modes de contraction en utilisant le pliométrique et le stato-dynamique par exemple. Là aussi, et même encore plus qu’ailleurs, il faut respecter le principe de progressivité, au risque d’avoir des douleurs (DOMS) tenaces pendant de longs jours. 

Ces séances de renforcement, qui sont des séances qualitatives, se marient harmonieusement avec du Home Trainer et de petits footings extérieurs à proximité de la maison. Pour ceux qui possèdent du matériel, il est possible de reprendre un cycle de développement de la force maximale avant d’enchaîner sur de l’endurance de force.

Pour les coureurs super-confinés, habitant en immeuble, des séances très utiles sont possibles dans les escaliers, lieu idéal du développement de l’endurance de force. Voici un exemple de séance pour un traileur disposant de 3 étages (attention à ne rien toucher dans les parties communes et à bien se laver avant et après). 

 

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Ces séances qualitatives limitent fortement le désentraînement, voire développent de nombreuses qualités délaissées à tort par des coureurs qui oublient rapidement qu’un bon moteur ne sert à rien sans une bonne carrosserie. 

 

 

Temps du déconfinement : 

 

Les semaines ont passé et le calendrier de la fin de saison a pris forme. Chacun doit réaliser une nouvelle planification/programmation et recommencer par un travail aérobie de base, spécifique ou non de l’activité, selon la proximité de la reprise. Là encore, la progressivité sera une vertu première et l’entraînement croisé sera essentiel dans ce redéveloppement de l’endurance fondamentale. Malgré la frustration acquise, il ne faudra pas multiplier les objectifs car si la motivation est parfois sans limite, ce n’est pas le cas de nos tendons par exemple. Pour chacun, 4 à 6 semaines de reprise sans compétition est essentiel, avant d’entamer une nouvelle période de préparation spécifique précompétitive de 2 à 4 semaines. Viendra ensuite le temps de la période compétitive, qui sera exceptionnellement riche en septembre-octobre cette année. 

 

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