Peter Snell : Quand « L’aérobie libère la vitesse »

On continue sur le décryptage des entraînements de champion(ne)s avec le Néo-zélandais Peter Snell !

sept-02-1960-gold-medals-rome

Pays : Nouvelle Zélande

Né le 17/12/1938

1m79 / 80 kg

C’est le premier « produit » et le plus connu de cette nouvelle école basée sur l’entraînement par l’endurance et un travail mixte. C’est son entraîneur d’Arthur Lydiard qui a particulièrement formalisé cette méthode qui va à l’encontre de la méthode dominante à l’époque : l’entraînement par intervalles.

Même durant la phase d’entraînement pré-compétitive et compétitive basée sur les répétitions (entraînements intensifs) le travail aérobie reste, dans la conception de Lydiard, une partie constitutive et essentielle de l’entraînement (1 jour sur 2) .

 Avant de commencer, un petit point sur les unités de distance s’impose :

1 yard = 0,9 mètre

440 yards = 402,3 mètres

880 yards = 804,7 mètres = 1/2 mile

1 mile = 1,6 kilomètres

 

Palmarès

3 fois champion olympique : 800 m à Rome (1960) et le doublé 800 m – 1500 m à Tokyo (1964).

Il est le seul coureur à avoir réussi un « double-double » (garder son titre et réaliser un doublé 800- 1500 m).

  • Le premier double exploit : conserver son titre olympique sur 800 m. Il est le dernier chronologiquement après Douglas Lowe (1924 à Paris puis 1928 à Amsterdam) et le merveilleux Mal Whitfield (1948 à Londres et 1952 à Helsinki à chaque fois devant Arthur Wint) à avoir réussi à conserver son titre. Depuis, cet exploit n’a été qu’approché par Joachim Cruz (Bre.) terminant 1er à Los Angeles en 1984 et 2ème à Séoul en 1988 puis par Seb Coe (2 x 2ème à Moscou en 1980 et Los Angeles en 1984).

 

  • Le 2ème exploit : réussir le doublé 800-1500 m : il est le seul à avoir réussi à conserver son titre sur 800 m et remporter le titre sur 1500 m, 44 ans après le britannique Albert Hill aux JO d’Anvers en 1920. Depuis Tokyo cet exploit a été frôlé de près 2 fois par Seb Coe à Moscou (1980) et à Los Angeles (Vainqueur du 1500 m et 2ème sur 800 m) ainsi que par le regretté Ivo Van Damme à Montréal en 1976 (2 x 2ème), plus récemment par Taoufik Makloufi (1er à Londres sur 1500 m en 2012 puis 2ème sur 1500 m et 2ème sur 800 m à Rio en 2016).

 

Peter Snell occupe donc une place à part dans le panthéon de l’olympe athlétique.

 

Meilleures performances :

800 m : 1:44.3 le 3 février 1962 à Christchurch (NZ) Record du monde

1000 m : 2:16.6 le 12 novembre 1964 à Auckland (NZ) Record du monde

1500 m : 3:37.6 le 17 novembre 1964 à Auckland (NZ)

Mile : 3:54.03 le 17 novembre 1964 à Auckland (NZ) Record du monde

 

Résultats aux Jeux olympiques à Rome (800 m) :

Le 31/8  Série : 1er en 1:48.1 et quart de finale : 2ème en 1:48.6

Le 1/9 Demi-finale : 1er en 1:47.2 

Le 2/9  Finale : 1er en 1:46.3 – devant R. Moens (Bel.) et 1:46.5 et Georges Kerr (USA) 1:47.1

 

Résultats aux Jeux olympiques à Tokyo :

Sur 800m :

Le 14/10 Série : 1er en 1:49

Le 15/10 Demi-finale : 1er en 1:46.9

Le 16/10 Finale : 1er en 1:45.1 – devant Bill Crothers (Can.) 1:45.6 et Wilson Kiprugut (Ken.) 1:45.9

Sur 1500 m :

Le 17/10 Série : 1er en 3:46.8

Le 15/10 Demi-finale : 1er en 3:38.8

Le 16/10 Finale : 1er en 3:38.1 – devant Josef Odlozil ( Tch. ) 3:39.6.6 et John Davies (NZ.) 3:39.6

peter_snell_1500_tokyo

Garçon infatigable, Peter Snell a, dans sa jeunesse, pratiqué beaucoup de sports : le badminton, le golf, le cricket, le hockey sur gazon, le rugby ainsi que le tennis et la course à pied. Très brillant en tennis ce n’est qu’à sa rencontre en 1957, avec l’entraîneur A. Lydiard – un ancien champion national de marathon, apôtre de l’entraînement sur des longues distances courues vites – qu’il bascule définitivement vers la course à pied.

Lydiard reconnaît tout de suite le talent, le faisant venir chez lui dans son équipe de champions (Murray Halberg, Bill Baillie et Barry Maggee). L’entraînement sous le joug de Lydiard est conséquent et difficile à encaisser pour Snell. Fin 1957, il porte son record sur 880 yards à 1:54.1. Terminant seulement 3ème aux sélections, il n’est pas sélectionné pour les jeux de l’empire britannique. Encore trop juste pour tenir les allures de ses compagnons d’entraînement lors des sorties longues, il accepte la ration de 100 miles (160 km) par semaine concoctée par son coach. Dans son autobiographie « Sans tambours ni trompettes » il raconte avoir réalisé certains jours 2 sorties de 15 miles (24 km) à bonne allure suivies chacune d’un 4 miles (6,5 km) à petite allure pour souffler. Tout cela en poursuivant ses études de géomètre.

Mais le plus dur dans cet entraînement sera cette célèbre sortie « marathon » de 22 miles (35 kilomètres) du dimanche sur le parcours vallonné de Waitakere Ranges qui « brûle les cuisses et l’âme ». Tout en s’accoutumant progressivement à ce régime surhumain et à la souffrance, Snell va progresser. Il faut rappeler que Snell ne ressemble pas aux standards habituels des coureurs de demi -fond (et on peut bien le voir sur les vidéos qui le montrent à l’entraînement) car il a plus un profil de décathlonien bien charpenté et puissant avec ses 80 kg.

En 1958, il réalise 1:52.9 sur 880 yards, puis 1:51.9 et un prometteur 4:10.3 sur mile. Il va également battre Murray sur 2000 m en 5:15.8.

Il démarre l’année 1960 par un record de NZ sur 800 m en 1:49.2. A partir du mois de mai, Snell augmente la dose d’entraînement remplaçant graduellement les sorties longues par de fortes doses de courses de répétitions ne négligeant pas cet aspect dans son entraînement.

peter Snell winning shoe Tokyo 1960 800m
Chaussures faites par Arthur Lydiard pour Peter Snell

 

L’entraînement selon Lydiard (mais nous y reviendrons ultérieurement dans un article qui lui sera consacré dans Lepape-Info) est compensé de 5 phases successives comprenant :

  • Entraînement type marathon (jusqu’à 32 km par jour)
  • Course sur route (16 à 20 km)
  • Cross-country
  • Travail de vitesse par l’entraînement dans les côtes (montées et descentes)
  • Entraînement de courses répétées chronométrées

Le rapport entraînement anaérobie – aérobie est de 2/9, le travail de rythme n’étant introduit que les 4 dernières semaines avant le jour J.

 

Victoire à Rome

A son arrivée à Rome, Snell n’était qu’un outsider. Son extraordinaire préparation en endurance lui aura probablement servi à mieux digérer les 4 courses du 800 m (dont les séries et les quarts de finale le même jour !) que son dauphin, le recordman du monde du 800 m, R. Moens qu’il va battre à la lutte d’homme à homme dans les derniers mètres de la ligne droite où l’on voit un R. Moens, le grand favori, regarder, surpris et incrédule, se demandant qui est ce grand gaillard, costaud qui revient à sa hauteur pour lui prendre mon titre olympique.

 

 

Après sa victoire à Rome, la vie ne change pas pour Snell qui poursuit ses études et son entraînement de plus en plus sérieusement. Il finira l’année 1961, n° 1 mondial avec un chrono de 1:48.4 sur 880 yards. Fin 1961, Peter Snell se teste sur un vrai marathon qu’il termine en 2h41:11.

1962 sera l’année des records, conséquence d’une bonne préparation durant l’été austral; ne disposant que d’un maigre salaire (13 livres par mois) il fait l’économie du bus pour aller au travail courant les 4 miles (6,5 km) le matin puis les 4 miles du retour dans l’après-midi avec bien évidemment la session d’entraînement du soir.

Après quelques courses préparatoires, il s’attaque, le 27 janvier au record du monde d’Herb Elliott (Aus.) sur la piste en herbe de 352,04 m de Wanganui. Il ne va le battre que d’un dixième mais va marquer les esprits par la manière dont il aura réalisé le chrono : le 1er demi-mile en 2:00.6 puis le second en 1:53.8. Sacré négative split ! (les fractions de 440 yards : 60 .7 -60 – 59.6 – 54.8 – avec un passage au 1500 m en 3:39.3 pour finir les derniers 109 et quelques centimètres en 15.1).

Le 3 février à Christchurch, c’est au tour du 800 mètres de tomber lors d’une course de 880 yards.  Cette course se déroule toujours sur une piste en herbe, Il dispose cette fois d’un lièvre, Barry Robinson (47 secondes sur 400 m) qui va partir trop vite (50.7). Snell (24.8 le 1er 200 m + 26.2) le suit. Après un 3ème 200 m en 25.9, il va nettement fléchir mais grâce à son endurance, sauver les meubles avec un dernier 200 m en 28.2. Il va battre le record du monde du 880 yards de 1.7 seconde (ancien record Tom Courtney en 1:45.1) et au passage celui de R. Moens sur 800 m de 1.4 seconde (ancien record 1:45.7).

Cette course est symbolique de la méthode qu’on peut résumer ainsi : « De l’endurance vers la vitesse », Snell admettant qu’il n ‘a jamais couru le 200 m plus vite que 22.4, pensant honnêtement qu’il ne vaut que dans les 48 secondes sur 400 et sûrement pas dans les 47 secondes. Mais sa résistance et son fond aérobie lui permettent de finir plus vite que ses concurrents.

Il va faire le doublé 800 -1500 aux eux de l’Empire britannique en fin d’année à Perth (Australie).

En 1963, il va se consacrer au 1500 m et au mile se contentant d’un 1:47.4 sur 800 m.

peter-snell-800Rome

Après un début de saison 1964 difficile, ponctué de quelques défaites, Snell retrouve peu à peu la forme. Tokyo approchant, il s’entraîne dur, accumulant environ 1600 kilomètres en 10 semaines, battant son record sur le terrible parcours de 22 miles de Waiatarua (35 kilomètres en 2h12). Alors que ses concurrents européens et américains sont en période de compétitions, lui se prépare.

Après la phase d’entraînement en côtes, il passe sur les répétitions chronométrées avec par exemple 20 x 400 m en 62.5. Une semaine avant son départ pour Tokyo, Snell s’offre un 800 m solitaire en 1:47.1 sur une piste médiocre.

 

Peter Snell est prêt pour le doublé.

Le 800 m est la première épreuve des Jeux Olympiques. En finale, il passe en 24.9 aux 200 m puis en 52 au 400 m, il placé en avant dernière position du peloton complètement enfermé. Il se dégage dans le virage occupant le 4ème couloir, puis dépose tout le monde dans une terrible accélération à la sortie du virage pour prendre la tête aux 600 m en 1:19.1. Quelle puissance dégagée ! (On peut voir cette finale sur le web). Un dernier 200 m en 26 secondes pour une victoire aisée. Ses temps de passage aux 400 m : 52 et 53.1 et aux 200 m :  24.9 + 27.1 + 26.1 + 26 démontrent l’importance de ses capacités aérobies.

Tout simplement imbattable.  C’est Le 2ème chrono de tous les temps, en plus, en finale olympique.

La finale du 1500 m, sans Michel Jazy qu’il redoutait pourtant, a été une formalité grâce à sa vitesse terminale qui a fait la différence. Il finit le dernier 400 m en 52.7, le dernier 300 m en 38.6 et un dernier 200 m en 25.9 (12.3 pour le 100 m du virage) sans donner l’impression de forcer et ce …pour sa 6ème course des jeux olympiques.

La question de savoir si Michel Jazy aurait été en mesure de le battre en choisissant de courir le 1500 m à Tokyo n’aura jamais de réponse mais ce qui est sûr c’est que Snell était très fort à cette époque.

La preuve !

De retour en NZ pour la saison australe, il va battre le record du mode du 1000 m en 2:16.6 tout en étant parti trop vite (26 secondes pour le premier 200 m) puis va ralentir lors du 2ème 200 m couru en 29 (passage en 55 au 400 m) pour remettre du rythme dans le tour suivant (54.5) passant ainsi en 1:49.5 avec un dernier 200 m en 27.1 (ancien record Siegfried Valentin (RDA) avec 2:16.7).

Le 17 novembre,  sur la cendrée de Western Springs Stadium, il va s’attaquer au record du mile : il passe en 56.4 aux 440 yards puis atteint la mi-course en 1:54.1, un temps de passage incroyable pour l’époque. Mais la seconde partie va être plus difficile avec des tours en 60.2 et 59.8 pour un temps final de 3:54.1 qui lui permet de battre son propre record établi en 1962 de 3 dixièmes.  

L’année 1965 sera le début du crépuscule pour Snell qui perd son record du mile (3:53.6 par Jazy) et est souvent défait. La menace d’un jeune prodige américain de 18 ans, Jim Ryun va précipiter sa retraite car en se faisant battre par ce junior le 27 juin en 3:55.4, Snell arrive à la conclusion qu’il ne lui sera plus possible de continuer longtemps à combiner l’athlétisme et une vie normale. Il va choisir la seconde voie.

Cette biographie sommaire a été possible grâce au livre de Toni Nett  « Modernes Training , weltbester Mittel -and -Langstreckler »,  Bartels et Wernitz 1966  et à l’ouvrage de Cordner Nelson et Roberto Quercetani : « The Milers », Tafnews Press 1985

L’ entraînement de Peter Snell

Année olympique 1964 :

Début avril jusqu’à mi-avril (il faut rappeler qu’en Australie c’est le début de l’automne)

Chaque semaine environ 70 miles (l’équivalent de 112 kilomètres) de course continue à allure lente sur des routes bitumées avec (on est en 1964, faut-il le rappeler !) des chaussures à semelle épaisse pour éviter des périostites. Ce qui correspond à 10 miles (16 kilomètres par jour) à une allure correspondant à 7 minutes /mile (soit 4’20 au kilomètre) c’est-à-dire un trot tranquille sur un parcours légèrement vallonné.

Du 18 avril au 28 juin

100 miles par semaine – 160 kilomètres. Routes bitumées

Lundi : 16 kilomètres (54’ à 55’) soit 3 :25 au kilomètre

Mardi : 24 Kilomètres (1h30 à 1h 40) soit 3 :45 au kilomètre

Mercredi : 19 kilomètres (1h08) soit 3 :35 au kilomètre

Jeudi : 30 Kilomètres (1 h55) soit 3 :50 au kilomètre

Vendredi : 16 kilomètres (54’ à 55’) soit 3 :25 au kilomètre

Samedi : 24 Kilomètres (1h 30 à 1h 40) soit 3 :45 au kilomètre

Dimanche : 35 kilomètres ( 2 h 20 à 2h 40  c’est le célèbre  « long jog » à Waiatarua) soit 4’  à 4’15 au kilomètre

Du 29 juin au 9 août 

Six semaines de « type côtes » soit de 16 à 18 kilomètres chaque jour (ce type de séance de côtes un peu particulier sera décrit dans l’article consacré à Arthur Lydiard )  avec  le dimanche le « long jog » sur 35 kilomètres sur un parcours très vallonné, sur des routes bitumées très raides, soit environ 144 kilomètres par semaine.

Du 10 août au 21 octobre 

Entraînement sur piste

Comme il n’y a pas (en 1964) de piste en cendrée disponible en Nouvelle Zélande, ces séances se déroulent sur les pelouses de terrains de golf, de terrains de cricket ou d’hippodromes.

Chaque matin Snell courait (en dehors du samedi et du dimanche) en plus de son entraînement environ 8 kilomètres avant le petit déjeuner, c’est-à-dire entre 6 heures et 7 heures du matin sous forme de léger trot soit sur pelouse soit sur route. S’il se sentait encore trop fatigué de la séance de la veille, il renonçait à cette séquence.

Chaque entraînement du soir ( à 17 heures après le travail) était précédé d’un échauffement de 1600 à 3200 mètres (1 à 2 miles)

Le travail réalisé par Peter Snell est le suivant :

Semaine 1 

10 Août 11 Août 12 Août 13 Août 14 Août 15 Août 16 Août

20 x 220 yards. Réalisés sur une ligne droite sur un hippodrome.

Allure moyenne 27,5 secondes.

Récupération trot très léger sur la distance.

3 miles (4827 mètres) en 14:47.6

660 yards en 1:27.

Puis 2 x 100 yards en 11’

2 miles de dashes*

6 X 200 m avec un engagement à ½ puissance.

Moyenne 26,5

20 x 440 yards en 61 secondes**

le  « long jog » la course du

dimanche matin sur 35 kilomètres à Waiatarua.

*2 miles (3200 mètres soit 8 tours de piste) de « dashes » – sprints par intervalles avec 4 accélérations sur 45 mètres suivis de déroulés sur 55 mètres. Les sprints étant réalisés avec un maximun d’investissement. Peter Snell reconnait qu’il n’a pas toujours été capable de d’augmenter la totalité des répétitions car cela aurait demandé trop d’efforts. Ce n’est que dans les grands jours qu’il a été capable de faire les 32 sprints, mais la plupart du temps il n’en réalisait que 24 et déjà les derniers étaient pénibles ou il devait réduire la vitesse (Dashes signifie en langage courant « chuter » alors qu’en athlétisme ce sont des distances de sprint jusqu’à 200 mètres à vitesse maximale.

**Peter Snell dit de cette séance : « Ce jour a été très important pour moi, le meilleur entraînement sur piste. Mais j’ai été très fatigué par la suite. A la maison, je n’ai pas été capable de me restaurer tout de suite car pendant longtemps je n’ai pas eu d’appétit. »

 

Semaine 2 

17 Août 18 Août 19 Août 20 Août 21 Août 22 Août 23 Août

20 x 220 yards 

Moyenne 27,8

3 miles en 14:35 5 x 880 yards (moyenne 2:13)

Blessure. Piste trop dure.

Pas d’entraînement.

Blessure. Piste trop dure.

Pas d’entraînement.

Blessure. Piste trop dure.

Pas d’entraînement.

le « Long jog » sur 35 kilomètres

 

Semaine 3

24 Août 25 Août 26 Août 27 Août 28 Août 29 Août 30 Août
trot sur 3 miles

Jambes encore chargées.

Pas d’entraînement.

Jambes encore chargées.

Pas d’entraînement.

Jambes encore chargées.

Pas d’entraînement.

4 x400 m allure légère

(65 secondes)

6 miles de trot

en récupération

Long 35 kilomètres en 2h23

 

Semaine 4 

31 Août 1 Septembre 2 Septembre 3 Septembre 4 Septembre 5 Septembre 6 Septembre

Des 220 yards

allure facile

6 x 880 yards

(moyenne 2:10)

6 x 440 yards

en 58 secondes

1 mile (½ puissance)

1 mile (¾ puissance)

3 x 220 yards

allure très rapide

880 yards très rapide

Vent défavorable très fort

Très éprouvé.

Le « long jog » sur 35 kilomètres

allure facile.

 

Semaine 5 

7 Septembre 8 Septembre 9 Septembre 10 Septembre 11 Septembre 12 Septembre 13 Septembre

1 mile avec des sprints de 45 mètres (15 répétitions )

puis 2 x 220 yards à vitesse maximale

¾ de mile sous la forme

880 yards en 1 :56 et

les derniers 400 mètres au feeling

4 x440 yards en 55 secondes

puis 2 x 100 yards vitesse maximale

2 x 1 mile (demi-puissance) 3 x 220 yards, vitesse maximale

10 x 440 yards,

allure moyenne 58.5

Le « long jog » sur 35 kilomètres

 

Semaine 6

 14 Septembre 15 Septembre 16 Septembre 17 Septembre 18 Septembre 19 Septembre 20 Septembre

16 kilomètres le matin

Soir : 4 x 150 yards

et 6 x 50 yards 

2 x 880 yards très vite.

Vent et pluie.

2:02 et 2:01.7

16 kilomètres le matin

Soir : 3 miles en 14:12

6 x 440 yards moyenne 58.0 3 x 220 yards, vitesse maximale ¾ mile en 3:05

Le « long jog » sur 35 kilomètres

allure facile


Semaine 7 

 21 Septembre 22 Septembre 23 Septembre 24 Septembre 25 Septembre 26 Septembre 27 Septembre
1 heure trot

½ trot puis 6 x 220 yards

allure facile

1 heure trot

Vol vers Sydney 

6 x 220 yards facile

660 yards en 1:19 Vol vers Tokyo* 1 heure trot

A partir de l’arrivée à Tokyo, Snell a couru chaque matin 1 heure. Cette séance se rajoute à l’entraînement de l’après-midi.

Semaine 8

 28 Septembre 29 Septembre 30 Septembre  1 Octobre 2 Octobre 3 Octobre 4 Octobre

20 x 220 yards

allure légère

1 mile avec des sprints sur 45 m

4 par tour

¾ mile en 2 :56 (test)

2 heures de footing

à allure régulière et

relativement rapide

4 x 440 yards

6 x 880 yards

allure moyenne 2:05

1 mile en 4:02

 

Semaine 9

5 Octobre 6 Octobre 7 Octobre 8 Octobre 9 Octobre 10 Octobre 11 Octobre

10 x 220 yards

allure facile

entraînement de sprint

et travail de mises en action

800 m très rapide en 1:47.1

(test qui le décide à tenter le doublé)

1 heure trot

880 yards avec sprints de 45 m

4 par tour

1 heure trot

3 x 220 yards

allure maximale

 

Semaine 10

12 Octobre 13 Octobre 14 Octobre 15 Octobre 16 Octobre 17 Octobre 18 Octobre
1 heure trot repos Série du 800 m : 1:49 Demi-finale du 800 m : 1:46.9 FINALE du 800 m : 1:45.1 Série du 1500 m : 3:46.6 1 heure trot

 

Semaine 11

19 Octobre 20 Octobre 21 Octobre
Demi-finale 1500 m : 3:38.8 1 heure trot FINALE du 1500 m : 3:38.1


Commentaires :

Peter Snell est un coureur de type 800/1500 m atypique à plusieurs points de vue :

  • Son profil morphologique : il présente avec Alberto Juantorena (double champion olympique 400 m/800 m à Montréal en 1976) l’index poids /taille le plus élevé de tous les grands coureurs de 800 m sauf que Juantorena était …coureur de 400m 
  • C’est probablement le ou un des moins performants sur 400 m parmi tous les coureurs de 800 m de haut niveau. Dans son formidable article « Du 400 au 800 m » extraordinairement documenté, paru dans les numéros 105(Août 1973), 106 (sept.1973) et 107 (sept-oct 1973) du Miroir de l’Athlétisme José Maria Garcia évoque un temps de 48.2 et 47,7 lancé lors d’un relais.
  • C’est celui qui a réalisé et de loin, le kilométrage le plus important lors des différentes phases de préparation et de ce fait est un cas, à ma connaissance, unique.

L’objectif de Lydiard était probablement par l’intermédiaire de ce volumineux travail d’endurance « d’oxygéner » cette forte masse musculaire.

Pour assimiler ce régime contre nature, Peter Snell, doté d’une grande robustesse physique, innée mais aussi construite par la pratique de nombreux sports dans ses jeunes années, a surtout dû faire preuve d’abnégation et d’une grande force mentale. On peut probablement dire que Snell disposait de qualités de résistance auxquelles il a su adjoindre des qualités d’endurance étonnantes pour un coureur de ce profil.

Sans aller jusqu’à ces formes extrêmes de course en durée, plus proposées dans la construction du mental que de la recherche d’un objectif de nature énergétique, je pense que le développement du facteur aérobie, s’il est essentiel à partir du 3000 m, occupe une place beaucoup plus importante sur 800 m que ne le décrit le modèle classique des contributions énergétiques qui attribuait un ratio 35% aérobie / 65% anaérobie pour le 800 m. Les dernières recherches (R. Chapman) monteraient que ce ratio serait plutôt de 60% aérobie / 40 % anaérobie.

Alors oui Snell était dans la bonne direction, peut- être dans l’excès et à ne pas imiter dans cette dimension. Mais coureurs de demi-fond court, n’oubliez pas c’est de l’aérobie que vient la vitesse.

peter_snell

1 réaction à cet article

  1. Merci pour le partage !
    En bonus une vidéo de Lydiard avec ses athlètes :

    https://www.nzonscreen.com/title/on-the-run-1979

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