Vincent Luis : « Je me sens plus costaud, j’ai passé des séances à l’entraînement qui montrent que je suis plus fort. »

Cap sur les Jeux olympiques de Tokyo pour Vincent Luis. Le double champion du monde en titre de triathlon dans la liste des sélectionnables pour les JO annoncée officiellement ce mercredi se dit prêt à vivre ses 3èmes Jeux à titre personnel et à y briller.

Vincent Luis champion du monde 2019 à Lausanne - crédit photo : © Thierry Deketelarere/Triathlete Magazine
Vincent Luis champion du monde 2019 à Lausanne - crédit photo : © Thierry Deketelarere/Triathlete Magazine

Vincent, comment vous sentez-vous en ce jour d’annonce des « sélectionnables » pour les Jeux olympiques de Tokyo ?  

Vincent Luis : C’est une bonne nouvelle de pouvoir participer pour ma part à ces 3èmes Jeux. C’était un travail que j’ai entamé au lendemain des JO de Rio. Je voulais me qualifier et arriver compétitif, j’ai passé un bon hiver et je me sens prêt. Sur les 4-5 dernières années je suis monté en gamme, j’ai comblé mes points faibles. Ce fut une olympiade relativement excitante pour nous athlètes au contraire de ce que l’on pourrait penser.

 

Avec la crise sanitaire on a du se remobiliser mais cela nous a permis de se réinventer, de faire autre chose, d’essayer. Pour moi ce fut bénéfique je suis vraiment impatient d’être au départ de mes 3èmes JO, je me sens un peu vieux en disant cela (sourire) mais je suis motivé comme jamais c’est sûr.

 

Vincent Luis : « Yokohama était une bonne course de rentrée, on a analysé les détails à changer, les petits moments de course où je n’étais pas présent, où je n’ai pas fait ce qu’il fallait et pourquoi je n’ai pas été présent le jour J alors que ma forme était plus que présente les semaines d’avant. »

 

Il y’a une belle carte à jouer aux Jeux en individuel mais aussi avec le relais mixte 

V.L : La France est favorite pour le relais mixte, il ne faut pas avoir peur de le dire mais on est pas tout seul, il y’a d’autres favoris comme les Australiens, les Américains mais aussi des outsiders comme les Belges et les Norvégiens. Il faut garder de l’humilité et continuer à travailler, on est une équipe soudée, on a des remplaçants qui feraient le bonheur de n’importe quelle autre nation pour un relais. À nous de faire le boulot, de se présenter à ce relais ultra compétitif et en montrant aux autres nations que nous sommes là uniquement pour gagner.

 

Quels enseignements tirez-vous de votre 6ème place à Yokohama samedi dernier en vue des Jeux ? 

V.L : J’étais venu à Yokohama clairement pour gagner. Je me sentais très fort, mes dernières semaines d’entraînement montraient que j’étais en capacité physique de l’emporter. La semaine qui a précédée sur place m’a coutée mentalement et physiquement. Rester enfermer c’était compliqué pour moi, la nourriture n’était pas forcément adaptée, c’était pareil pour tout le monde mais certains l’ont mieux apprivoisé que d’autres. Pour ma part c’était pas terrible. La chance qu’on aura à Tokyo c’est que pour les Jeux ce sera différent on sera logé au village, on va courir dans le village, sortir, marcher, la nourriture sera au choix et pas imposée. La température sera plus chaude, le temps plus humide, le parcours vélo sera plus technique également ce qui est bien pour moi et les échappées également. Il ne faut pas prendre Yokohama comme une répétition des Jeux parce qu’il y’a trop de facteurs qui seront différents, le nombre de participants au départ, la dynamique de la course etc… Yokohama était une bonne course de rentrée, on a analysé les détails à changer, les petits moments de course où je n’étais pas présent, où je n’ai pas fait ce qu’il fallait et pourquoi je n’ai pas été présent le jour J alors que ma forme était plus que présente les semaines d’avant et  que maintenant que je suis rentré je me sens encore très bien. C’était bien d’y aller pour prendre des informations alors que la semaine n’a pas été évidente et de voir où l’on en était.

 

Des regrets de ne pas avoir pu bénéficier de conditions idéales à Yokohama ? 

V.L : On s’y attendait, on savait que cela allait être une semaine compliquée et que certains allaient réagir différemment par rapport à d’autres mais il fallait courir, il fallait y aller, conforter ma sélection et puis aussi pour avoir ce petit coup d’adrénaline que l’on a uniquement en compétition. Je me suis posé la question de ne pas aller à Yokohama et de plutôt courir à Lisbonne sur une Coupe du Monde ce week-end mais j’ai fait le choix d’aller au Japon pour voir comment cela se passait, pour la gestion du décalage horaire. Ce fut une semaine difficile, au final 6ème je ne suis pas très loin du podium, je suis à 35 secondes du meilleur temps en course à pied ce qui n’est pas incroyable il y’a eu quand même du positif et des points à corriger qu’on a su analyser mais en tout cas la forme est là c’est sur à 100% et c’est surtout cela que l’on voulait valider.

 

Vincent Luis : « Beaucoup font de moi le favori aux Jeux mais je pense que nous sommes plusieurs dans ce cas là… Une dizaine de triathlètes peuvent prétendre au podium. Il faudra se battre comme jamais pour décrocher une médaille. »

 

Quel est votre programme d’ici les Jeux Olympiques ? 

V.L : Je vais disputer la 2ème manche du circuit WTS à Leeds (Royaume-Uni) dans 4 semaines. Ensuite je  monterai en altitude à Font-Romeu pour me préparer comme je l’ai fait d’habitude. J’aurai également de l’acclimatation à la chaleur qui est prévue dans les prochaines semaines. J’arriverai à Tokyo environ une semaine avant la course individuelle pour m’imprégner des lieux, de l’ambiance et s’habituer à la chaleur.

 

Leeds seule course encore avant les Jeux cela vous suffira ?  

V.L : Oui j’ai pas mal réfléchi, j’ai encore mon nom sur une étape de Coupe du Monde en Italie une semaine avant Leeds mais je n’irai pas parce que je sais que je suis en forme je n’ai pas besoin de faire plus de courses. Leeds sera un parcours très dur notamment la partie cyclisme, je vais retrouver Mario Mola, Javier Gomez c’est cool. Cela va être une course de bonhommes et on aura pas cette bulle sanitaire comme à Yokohama, ce sera une bonne expérience à quelques semaines des Jeux. J’ai un groupe d’entraînement avec une telle densité que j’arrive très facilement à situer mon niveau et à voir si je suis dans le coup pour les allures de course. Je vais limiter les déplacements, éviter ce stress là et favoriser un bon volume d’entraînement.

 

Vincent Luis : « Je sens que j’ai continué à progresser, même à 32 ans j’apprends, je continue à passer mes paliers et cela me donne vraiment de la confiance. »  

 

Quels seront vos principaux adversaires à Tokyo ? 

V.L : Beaucoup font de moi le favori aux Jeux mais je pense que nous sommes plusieurs dans ce cas là comme par exemple Kristian Blummenfelt qui a gagné samedi dernier à Yokohama, cela peut-être blanc ou noir pour lui mais il faudra compter sur lui parmi les favoris. Ne pas oublier Henri Schoeman médaillé de bronze aux Jeux de Rio. On ne sait pas trop où en est Jonathan Brownlee double médaillé aux Jeux, il a un peu de mal en ce moment. Si le double champion olympique Alistair Brownlee est qualifié pour les Jeux il aura un rôle prépondérant dans la course. Je vois aussi au jour le jour mes camarades d’entraînement comme Jelle Gens 2ème à Yokohama et qui peut être fort si le scénario de course lui sourit. Marten Van Riel est costaud aussi, attention aux Australiens comme Jake Birtwhistle, Ne pas oublier Mario Mola. Une dizaine de triathlètes peuvent prétendre au podium. Il faudra se battre comme jamais pour décrocher une médaille.

 

Quelle serait la course idéale aux Jeux ? 

V.L : Ce serait une natation assez rapide ensuite une partie vélo où l’on se retrouve à dix, douze concurrents je pense que cela peut-être le maximum si l’on veut que tout le monde collabore. Poser avec avec un petit peu d’avance pour gérer tactiquement la course à pied. Et puis ensuite une course à pied où je me sens bien, peu importe le déroulé de la course à pied, je pense que cela sera bien pour moi.

 

Les Jeux ont été reportés d’un an, vous vous sentez plus fort qu’il y’a un an ?  

V.L : Oui clairement je me sens plus costaud, j’ai passé des séances à l’entraînement qui montrent que je suis plus fort. Surtout en vélo, avant j’arrivais sur certaines séances qui n’étaient vraiment pas favorables pour moi et j’étais un peu à la limite, là cela n’arrive plus. Je sens que j’ai continué à progresser, même à 32 ans j’apprends, je continue à passer mes paliers et cela me donne vraiment de la confiance surtout après une année qui avait déjà été réussie, de refaire un bon hiver ce n’est que du positif.

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