Définition : « L’endurance est la capacité de maintenir dans le temps un certain niveau d’intensité exigée » ( source wikipédia : Endurance)
Cette définition s’applique parfaitement à la course à pied. Mais pour être plus précis et complet, il est nécessaire de distinguer deux types d’endurance : l’endurance musculaire et l’endurance cardiorespiratoire.
- L’endurance musculaire
Concerne avant tout les efforts de courtes durées (2 à 3mn maximum) et intenses. Elle peut être définie comme étant la capacité à maintenir la plus grande vitesse possible sur une distance donnée (exemple : le sprinteur sur 100m ou 200m). La fatigue qui en résulte concerne essentiellement un groupe musculaire précis et non l’ensemble de l’organisme. Cette endurance est fortement liée à la force musculaire et aux aptitudes anaérobies du coureur (travail musculaire sans apport d’oxygène)
- L’endurance cardiorespiratoire
Il s’agit de la capacité à maintenir des efforts dans la durée. L’ensemble de l’organisme est alors impliqué.
Cette endurance est étroitement liée aux capacités cardiovasculaires et respiratoires du coureur. Plus le système cardiovasculaire (cœur, vaisseaux, sang) et respiratoire (poumons) est performant, plus la quantité d’oxygène parvenant aux muscles est importante. Comme le niveau d’endurance du coureur dépend étroitement de ce paramètre, un des principaux effets recherchés à travers l’entrainement en endurance est d’améliorer le volume d’oxygène arrivant jusqu’aux cellules musculaires.
Pour y parvenir, il est important de travailler à différentes allures de course.
Trop souvent convaincu par cette petite phrase : « qui peut le plus, peut le moins », le coureur trop souvent tendance à privilégier les allures modérée (80 à 90%FCM) ou rapides (allure 10km ou travail de VMA), au détriment des allures plus lentes.
Erreur, car l’amélioration de l’endurance du coureur passe avant tout par la pratique de la lenteur.
Les séances permettant d’améliorer l’endurance apparaissent souvent dans les plans d’entrainement sous l’appellation d’endurance fondamentale.
- L’endurance fondamentale
Le travail en endurance fondamentale étant peu « grisant », voire frustrant ou encore ennuyeux bon nombre de coureurs ont tendance à le négliger. C’est fort dommage car sans un travail en endurance, il n’y aura pas de progrès à moyen ou long terme.
Pourquoi ?
Les effets du travail en endurance fondamentale sont multiples. Il contribue à :
- L’amélioration et l’étendue du réseau de capillaires (très petit vaisseaux irriguant les muscles), permettant ainsi une meilleure « oxygénation » du muscle
- Une mobilisation accrue des lipides comme source de carburant nécessaire à la contraction musculaire, permettant ainsi de préserver davantage les stocks de glycogène intramusculaire. Elément fort intéressant notamment pour le marathonien
- Augmentation du volume du cœur. Ce qui permet une amélioration du débit cardiaque et donc au final d’une baisse de la FC pour une intensité d’effort donnée
Quand est-on en endurance fondamentale ?
L’endurance fondamentale comprend toutes les allures de course où la fréquence cardiaque ne dépasse pas les 75% de la FCM (fréquence cardiaque maximale).
Pour les personnes ne disposant pas d’un cardiofréquencemètre, i l s’agit d’une allure de course où le coureur est en totale aisance respiratoire et en mesure de discuter avec ses compagnons d’entrainement.
Quand programme t-on ce travail en endurance fondamentale ?
Chez le débutant
Pas de meilleur conseil que d’inviter le débutant à courir uniquement en endurance fondamentale, tant qu’il n’est pas en mesure de courir en totale aisance respiratoire durant environ 45 mn.
Ce n’est qu’une fois cet objectif atteint qu’il pourra commencer à intégrer du travail de fractionné à allure modérée. L’endurance fondamentale représente alors 100% du volume d’entrainement
Chez le coureur expérimenté
Le travail en endurance fondamentale est omniprésent dans l’entrainement lors des :
- footings de récupération – encore appelés footings d’assimilation ou de régénération – intercalés entre deux séances de qualité (travail de fractionné)
- footings d’échauffement avant une séance de fractionné ou une compétition
- footings de récupération après une séance
- sorties longues (en dehors des périodes de travail pouvant y être incluses)
Dans un plan équilibré, et notamment chez les coureurs de fond de haut niveau, le temps passé en endurance fondamentale représente 70 à 75% minimum du volume total d’entrainement…
En conclusion
Pour améliorer l’endurance, il est nécessaire de proposer au coureur l’ensemble des allures d’entraînement qui permettent de développer harmonieusement la filière aérobie (apport d’oxygène dans la production d’énergie nécessaire à la contraction musculaire).
Mais parmi ces allures, l’une d’elle est essentielle à la poursuite des progrès dans le temps : l’endurance fondamentale
Vous ne perdrez jamais votre temps à courir lentement en dehors de vos séances de qualité.








3 juin 2011 a 15:54
Bonjour,
Je prends bonne note de ces conseils…
Petites questions :
Cela fait 2 ans que je cours 10 à 15 KM (ou minimum 1 heure) 3 à 4 X par semaine (j’ai 43 ans et je n’avais jamais fait de sport de ma vie avant ca) j’ai débuté avec un programme très progressif (marché 3’+ courir 1’ puis progressivement diminuer la marche et augmenter la course étalé sur 18 semaines pour arriver à courir 45’) mais, mis à part les périodes de marche, j’ai toujours été – et encore maintenant – dans le rouge (90-100%) de ma FCM (théorique) donc jamais de course en « endurance fondamentale »…
Puis-je rattraper cette erreur en appliquant à partir d’aujourd’hui ce type d’entrainement ?
Combien de séances avant d’en ressentir les effets ?
Et, est ce que l’entrainement sur appareil indoor (elliptique, vélo d’appart, rameur…) peut donner les mêmes résultats ? J’en fais 2 à 3 heures/semaine à 60-75%
Merci.
4 juin 2011 a 18:43
Bonjour Frederick,
je pratique la course à pied depuis quelque années et selon mes connaissances il semble que courrir dans le rouge sur 10 km parait invraisemblable ! il se peut que ta frequence cardiaque maximal est sous-estimé. il faudrait prendre ta frequence cardiaque maximal non théorique mais selon un test simple. je cite un passage dans un excellent livre de course de cyrille gindre « courrir en harmonie » :
1. Réaliser un effort permettant d’atteindre le maximal cardiaque. Un test porgressif de course est le type d’effort le plus souvent utilisé. Une séance d’entrainement ou une course réalisée à une vitesse proche du maximum aérobie permet également d’atteindre le FC maximale en fin d’effort. Enfin, un footing rapide terminé par une accélération soutenue sur une durée supérieur à une minute, peut également convenir mais attention dans tous les cas, ces exercices intenses sont a réserver au athlètes entraînés et en bonne santé. A partir de 40 ans, ils sont destinés aux seul sportifs bien entraintés et suivis médicalement.
Alors, un test simple serait qu’en fin d’un footing faire des accélérations à ta vitesse maximal et la soutenir plus d’une minute.
Pour tes autres questions,
Tes séances sur les apareils indoor vont t’aider à développer certaines qualités d’endurances fondamentales mais les muscles solicités ne sont les mêmes. Il est possible pour améliorer ton endurance fondamentale de faire des séances de footing lent à 70-75 % de ta fréquence maximal.
Finalement, je crois qu’il serait intéresant de t’entrainer selon ta Vitesse Maximale Anaérobie (VMA) et d’utiliser un pourcentage de celle-ce pour tes entrainements. Voici comment la calculer selon un autre des mes bouquins « courir longtemps de Bruno Heubi »: L’évaluation de la VMA n’est pas une donée réservé à une élite, à ceux qui bénéficient d’un encadrement en club ou habitent près d’un lieu dédiés à la pratique de la course à pied. Même au fin fond de votre village, éloigné de tout structure adaptée, vous avez le droit de connaître cette expression de votre potentiel aérobie il suffît pour cela d’un parcours étalonné sur lequel vous devrez courir une distance correspondant à environ 5 minutes d’effort . un simple calcul vous permet ensuite de déterminer à quelle vitesse moyenne vous avez couru. cette vitesse est votre VMA.
Alors un test simple serait de faire un échauffement de 20 min et de terminer par quelques accélérations ensuite courir à une vitesse que tu peux maintenir seulement 6 min. La distance que tu as parcouru selon le temps est ta VMA. Ensuite tu peux faire des entrainenment fondamentales à un pourcentage de cette dernière. 50 % pour du footing lent 70 % pour du footing moyen.
J’utilise une montre GPS ce qui donne la vitesse en temps réel. Un excellent investissement qui en vaut la peine pour l’entrainement.
Jespère que cela répond à tes questions et bon jogging !!!
Christian Duguay
Montreal, QC Canada
6 juin 2011 a 23:06
fredéric écrit: « mis à part les périodes de marche, j’ai toujours été – et encore maintenant – dans le rouge (90-100%) de ma FCM (théorique) donc jamais de course en « endurance fondamentale »… ».
Comme l’a fort justement suggéré Christian, il se peut que la valeur de votre FCM ne soit pas correcte, surtout si vous utilisez la formule 220-l’age pour l’estimer…
Afin d’évaluer votre FCM, vous pouvez mettre en pratique les conseils donnés sur la page suivante:
http://www.lepape-info.com/comment-calculer-sa-fcm/6361
Mais quelque soit la valeur de votre FCM, le fait de rester en totale aisance respiratoire évitera de faire trop d’erreur
7 juin 2011 a 15:03
Merci beaucoup pour ces réponses et infos !
J’ai essayé une course à ce rythme (endurance fondamentale) dimanche, ce n’est pas désagréable, un peu long et monotone 2 heures à petite allure, mais j’ai bien aimé quand même !
Cela dit, en trottant le plus lentement possible (8 km/h) je suis quand même à une moyenne de prés de 84% comme me l’indique les données de ma POLAR (voir ce fichier : http://i22.servimg.com/u/f22/12/12/80/79/polar_10.jpg)
Je vais donc prendre RDV au centre médico sportif de ma ville pour tester mes « vraies » capacités…
Merci encore !
Fred.
7 juin 2011 a 16:38
je crois que pour connaître tes vraies capacités, il est inutile de prendre rendez vous avec un centre médico sportif. Faire des tests perso bien calibrés à partir du protocole proposé par Gilles suffira amplement.
Tu as besoin pour progresser de connaître ta FCM et ta VMA (test demi cooper et/ou 30″/30″)