Des douleurs thoraciques et des vertiges à l’origine de l’abandon de Kilian Jornet

Après un peu plus de 10h20 d'efforts et 134,8 km de parcourus, Kilian Jornet a du mettre un terme à sa tentative de record du monde des 24 heures sur piste ce vendredi soir à Måndalen (Norvège). Après un court passage à l'hôpital, la légende de l'ultra-trail est revenu sur les raisons de son abandon.

Jornet défi Phantasm 24

Quand le corps tire la sonnette d’alarme, souvent il vaut mieux ne pas insister. C’est ce qui est arrivé à Kilian Jornet ce vendredi sur la piste du stade de Måndalen en Norvège.

Le champion Espagnol notamment triple vainqueur de l’UTMB a beau avoir réalisé de superbes exploits, parfois insensés comme sa double ascension de l’Everest la même semaine, il n’en reste pas moins humain.

 

Lancé idéalement dans son challenge « Phantasm 24″, Kilian Jornet a enchainé les tours de piste, rien ne semblait pouvoir l’arrêter malgré le froid glacial. Après avoir bouclé les 42,4 premiers kilomètres (106 tours ou environ une distance marathon) en 3h02’23, il est arrivé à parcourir 82 km en 6h (4’23 de moyenne au km) avant un passage au 100 km en 7h23’06. C’est après les 10h de course que tout a rapidement basculé.

 

Lors de son 338ème tour de piste, Kilian Jornet s’est assis et a été rapidement pris en charge par le personnel médical de la course :

 

« Je me sentais plutôt bien, avec des hauts et des bas classiques d’une longue course comme celle-­ci. Mon corps se sentait bien, mes jambes se sentaient bien, et puis, tout à coup, j’ai ressenti deux douleurs intenses dans ma poitrine et j’ai commencé à avoir des vertiges et à être très épuisé. Les médecins sont venus me voir et m’ont dit qu’il valait mieux aller à l’hôpital. Ils m’ont fait un certain nombre d’examens pour essayer de déterminer la raison de ses douleurs. Ils ne pensent pas que cela soit quelque chose de grave. »

 

Kilian Jornet à présent sorti de l’hôpital est revenu sur les conditions hivernales, une température proche de 0°C au départ, négative au moment de son abandon qui pour certains observateurs a sûrement compliqué le bon déroulement du défi :

 

« Bien sûr, il faisait froid et les coureurs devaient porter plus de vêtements, mais je préfère cela à la course quand il fait très chaud. Je pense que sur le plan logistique, c’était plus un défi pour les organisateurs qui devaient mettre du sel sur la piste. J’avais prévu de faire le projet cinq ou six semaines plus tôt, mais au vu de mes blessures et des intempéries cela a dû être repoussé. De plus, avec la COVID­19, il aurait été très difficile de faire décaler la course. »

 

Kilian Jornet qui a eu cette idée il y a environ un an de courir 24 heures sur une piste tient à garder les côtés positifs de cette aventure : « J’aurais aimé que cela se passe différemment, mais cela est tout de même intéressant d’explorer différentes choses et de nouveaux projets. Je tiens donc à remercier Salomon et Suunto d’avoir soutenu le projet et tous ceux qui ont aidé à organiser l’événement, des bénévoles de la piste à la communauté de Måndalen et aux gens du club d’athlétisme.  Je pense qu’il faisait plus froid pour les bénévoles que pour les coureurs. »

 

Pour les coureurs en effet, puisque pour accompagner Kilian Jornet, 5 Norvégiens spécialistes des courses ultra-distance avaient pris le départ.

3 d’entre eux sont allés au bout des 24 heures, Harald Bjerke l’a emporté en réalisant l’incroyable exploit d’avoir couru 232,2 km. Jo Inge Norum a terminé 2ème avec 219,2 km (548 tours) devant Simen Holvik 208,13 km (520 tours).

 

1 réaction à cet article

  1. Malheureusement, les conditions n’étaient pas réunies pour une tentative de record sur une discipline ultra spécifique contrairement à ce que l’on pourrait penser. Douleurs préexistantes au niveau du genou, conditions météos trop froides (certes il est préférable de courir dans le froid que dans le chaud, mais les processus de thermorégulation sont coûteux), sol glissant, nuit trop longue à cette époque (date très mal choisie pour une tentative en Norvège). Rappelons qu’aux mondiaux de 24h 2019 sur route (où les perfs sont inférieures à celles sur piste), 37 hommes et 11 femmes ont fait mieux que les 232 km de Bjerke, ce qui confirme l’aberration du choix du lieu et de la date par l’équipementier. C’est dommage car nul doute qu’avec une réelle préparation spécifique (physique et mentale) et des conditions clémentes, la perf de Kilian aurait été toute autre.

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