Christelle Daunay : « Heureuse de commencer ma préparation marathon »

Tout juste revenue des championnats du monde de Moscou où elle a pris la 10ème place du 10000m, Christelle Daunay a repris le chemin de l’entraînement. En ligne de mire : le marathon de New York, le 3 novembre 2013. Son premier marathon depuis deux ans. Interview.

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Lepape-info : Vous revenez de Moscou, quel bilan tirez-vous de vos championnats du monde sur le plan personnel ?

Christelle Daunay : Je suis satisfaite de mon 10 000 m. Tant de ma façon de courir que de ma dixième place. J’avais l’avant-dernier temps d’engagement sur la saison. Et le 16ème temps sur les records personnels. Entrer dans les douze n’était déjà pas gagné. Je termine première Européenne, c’est toujours bon à prendre. Les chronos des huit premières étaient très élevés, je n’aurais pas pu rivaliser. L’Ethiopienne que termine neuvième, elle avait explosé mais s’est refait une santé sur la fin. La seule petite déception, c’est le chrono (32mn04s44). Mais je me suis vite retrouvée seule. Et quand j’ai vu que je ne battrais pas le record de France (31mn35s81), j’ai tout fait pour conserver cette place.

Lepape-info : Avez-vous pu profiter des Mondiaux et des autres courses les jours suivants ?

C.D. : Oui, j’ai eu la chance de terminer le deuxième jour et de rester ensuite une semaine sur place. C’est la première fois que j’avais  l’occasion de le faire sur un championnat du monde. A Daegu (en 2011, ndlr), j’étais repartie tout de suite après pour me préparer pour le marathon de Chicago. L’idée était donc d’en profiter, sans non plus accumuler trop de fatigue. J’étais en mode supportrice le matin et le soir. Et le reste de la journée était partagé entre le tourisme et l’entraînement. J’ai d’ailleurs un peu allégé l’entraînement pour repartir avec l’envie dans ma préparation marathon.

Lepape-info : Un mot sur les marathons de ces championnats du monde (voir les résultats hommes et femmes), courus par forte chaleur, notamment chez les femmes. Qu’en avez-vous pensé ?

C.D. : Tout le monde a eu la même réaction, ça n’était pas digne des championnats du monde de faire courir les athlètes sous de telles températures. Mais il y avait d’autres enjeux…
Pour Carmen (Oliveras) et Benjamin (Malaty), c’était compliqué. Ils s’étaient préparés pour faire un beau marathon et être sur la base de leurs records personnels. Mais dans de telles conditions, c’était impossible. Alors forcément, c’est frustrant, même s’ils étaient très fiers de porter le maillot de l’équipe de France. Mais tous les deux ont bien géré leur course, en partant un peu en retrait.

Lepape-info : Vous allez maintenant vous préparer pour le marathon de New York le 3 novembre. Ce sera votre troisième participation (elle a terminé troisième en 2009 et cinquième en 2010). Quel objectif vous fixez-vous ?

C.D. : C’est un peu flou. Je ne connais pas le plateau, donc c’est difficile d’imaginer une place. J’en saurai un peu en connaissant les filles qui seront là. Difficile aussi d’annoncer un chrono à New York. Mais je vais me préparer sur les bases de mon record, pour être sure d’être bien préparée pour le jour J. Après, il y a aussi l’objectif des championnats d’Europe l’année prochaine (12-17 août 2014 à Zurich) pour lesquelles les minima sont fixés à 2h31.
Je suis en tout cas fière que l’organisation m’invite alors que je n’ai pas couru de  marathon depuis deux ans.

Lepape-info : Vous attendiez de pouvoir recourir un marathon depuis longtemps. Dans quel état d’esprit êtes-vous au moment de débuter votre préparation ?

CD. : Je suis contente, heureuse de la commencer. Maintenant, je sais qu’il ne faut pas repartir trop vite car la préparation va durer 11 semaines. Et l’objectif est de monter en puissance jusqu’en novembre.
Ces championnats du monde m’ont fait du bien. En juin, je ressentais un peu de lassitude et mon moral avait pris un coup à force de ne pas confirmer en compétition ce que je faisais à l’entraînement. Si j’avais dû commencer une préparation marathon le 1er juillet, cela aurait été plus difficile. Là, je me sens bien, comme la météo ! Je suis comme tout le monde en fait, on est passé de la déprime en juin, au soleil en août ! (sourire)

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