Au coeur du trail de la Barjo (Greville-Hague, 50), le 21 juin 2015

Dimanche 21 juin, 5h00 du matin, Barneville-plage. Top départ pour La Barjo, un ultra trail de 102 km. David Bouteiller y était. Il termine quatrième et nous raconte sa course.

David Bouteiller

Ce dimanche, je mettais à profit des mois de préparation en participant au Trail de la Barjo sur un total de 102.4 kms et 2 650 m de dénivelés. C’est donc serein et détendu et avec un moral d’acier que je me suis présenté au départ de la Barjo.

Même si ma préparation a été sérieusement entachée par des problèmes de dos récurrents qui ne me permettent pas d’être maintenant à mon potentiel maximum. Je suis toutefois heureux donc d’être au départ, j’ai envie d’en découdre.

Le départ donné à 5h00, je m’élance tranquillement sachant que les 45 premiers kilomètres sont assez favorables. Je me suis mis en tête de boucler le parcours à 10km/h de moyenne soit 100 bornes en 10h et c’est tout, la place, on verra au final.

J’ai donc déroulé jusqu’au 25ème kilomètre, en mode échauffement. Je suis alors pointé en 18ème position. Je décide à ce moment précis, d’appuyer un peu plus ma foulée pour ne pas être pris au dépourvu par les changements d’allure quand « le gros » du dénivelé sera à négocier.

Je dois bien l’avouer jusqu’au 45ème kilomètre je me sens extrêmement bien mais c’est maintenant que les choses sérieuses commencent. il faut enchaîner de grosses montées raides et longues. Cela chamboule un peu dans les jambes mais la tête reste vaillante. Et on m’annonce au 60ème que je suis 6ème position.

« Il faut resté concentré »

Je suis boosté car je sais que je vais réussir… Mais je me raisonne et décide de passer en mode rando-course comme à l’entraînement. Je me dis même que c’est maintenant que je commence mon entraînement. Malgré les 5h de course, il me semble que mon état de fatigue est correct et même moindre que lors de mes départ pour certaines de mes sorties longues lors de ma préparation. En résumé, tout va bien.

Je relance alors la machine car si les côtes sont bien présentes, elles me correspondent davantage. Les sensations sont bonnes et je rattrape un concurrent pour passer en 4ème position. Je me prends alors à rêver du podium voire de la première marche.

Allez on reste concentré ! Je suis alors le long d’une falaise interminable avec des montées et des descentes aussi raides que dangereuses. Ce secteur ne me convient pas… Je laisse passer la tempête en me disant que je pourrais relancer ensuite.

Mais là…. erreur de parcours. Et je me retrouve en situation de zapper un ravitaillement à cause de plaisantins qui ont retiré le balisage sur 2 kilomètres ! Je croise des personnes de l’organisation qui m’expliquent comment rejoindre le « ravito » ou continuer mon chemin jusqu’à l’arrivée. Je prends la décision de rebrousser chemin pour prendre mon ravitaillement, ce qui me fera perdre plus de 5mn je pense.

Je ressors du poste de ravitaillement sachant que d’autres concurrents perdus eux aussi n’ont pas voulu faire du chemin supplémentaire pour se ravitailler. Pas de soucis, je repars tambours battants sans savoir qui a pu me doubler ni quelle est ma position. Finalement au détour d’un carrefour, un bénévole me confirme que je suis 5ème.

Nous sommes alors au-delà du 75ème kilomètres, je tiens mon allure et rejoins le 4ème que je distance à nouveau.

C’est en cet instant de la course que tous les parcours se rejoignent. Me voici au milieu des concurrents des 50kms, 27kms et 15kms. il faut alors souvent s’arrêter, marcher, doubler… Je dois bien avouer que cela me coupe souvent la foulée et l’entrain. Est ce pour cette raison qu’à partir du 85ème je vais me battre avec quelques crampes et courbatures même si elles ne m’obligeront pas à m’arrêter ? Je ne sais pas. Je parviens toutefois à garder ma cadence ce qui est plutôt bien compte-tenu des circonstances.

Le public m’applaudit, me félicite.

Je m’encourage, plus que 15 kilomètres !

… Plus que 8 kilomètres….

Mais aussi les 8 kilomètres les plus longs, avec deux côtes et deux descentes énormes. Il faut alors faire avec les forces en présence…. J’ai du mal, je souffre mais je sais que le résultat sera largement à la hauteur de mes espérances, que je ne serais plus rejoint… Je suis en mode total rando-course dans les portions avec dénivelé tout en parvenant à me relancé sur le plat avec une allure aux alentours des 10-11km/h.

Me voici sur le dernier kilomètre. Quelle joie, quelle satisfaction. Je suis escorté par des vététistes qui m’annoncent les podiums. Le public m’applaudit, me félicite. Je suis fier de ce que je viens de réaliser…
Voici la grande ligne droite d’arrivée. J’entends le speaker qui met le feu en m’accueillant. Je termine ce 100 bornes de la Barjo en 4ème position avec un chrono de 10h13. HEUREUX.

Deux jours après ces émotions, je retiens une bonne gestion, de bonnes conditions et un excellent entrainement. Mais aussi quelques remises en question durant ma préparation en raison de mes pépins physiques. Des remises en question qui m’ont permis de changer de mentalité et de positiver. Je tiens aussi à saluer mon coach d’exception, Jean-Pierre Monciaux, sans qui je n’aurais pas pu boucler mon 2ème 100 kilometres et avec de telles sensations.

Maintenant, place à la récupération. Je vais encore m’aligner sur quelques courses (notamment sur l‘Interlac à Aix-les-Bains, le 19 juillet 2015) sans objectif majeur. Courses essentiellement placées afin de préparer au mieux mon prochain objectif de l’année : Les Templiers le 25 octobre 2015 à Millau.

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