Cyclisme : 5 croyances à déconstruire

En cyclisme, les croyances ont la vie dure. Dans cet article nous nous intéresseront plus particulièrement à 5 d’entre elles, plutôt intuitives mais qui sont au final contre-productives et qui parfois même peuvent mettre la santé des sportifs en danger.

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Les croyances présentées ci-dessous concernent à priori les débutants.

À priori seulement car en prenant un peu de recul sur les mœurs d’entraînement en général on se rend compte que de nombreux athlètes confirmés tombent également dans ces pièges pas si simples à débusquer.

 

 

 

 

1/ S’entraîner plus pour progresser plus

Évidemment il y a un fond de vérité derrière ce propos. Progresser passe par un entraînement régulier, et augmenter le volume d’entraînement raisonnablement dans le temps aboutira dans la plupart des cas à une amélioration des performances.

Mais les cyclistes imaginent facilement que cette relation est linéaire et automatique. Bien sûr ce n’est pas le cas. Et très (trop) souvent nous pouvons observer des coureurs stagner ou régresser malgré l’accumulation des heures d’entraînement tout simplement car cette théorie (s’entraîner plus pour progresser plus) a une limite qu’on l’on atteint assez rapidement.

Soyez donc raisonnables lorsque vous pensez rajouter des heures ou des séances. Et gardez en tête que l’excès d’entraînement peut être très néfaste pour vos performances lorsque l’augmentation du volume n’est ni anticipée, ni maîtrisée.

 

 

2/ S’entraîner plus vite pour progresser plus

De la même manière, de nombreux athlètes pensent qu’il faut toujours rouler vite pour progresser, que rouler lentement est une perte de temps, et que si on n’a pas mal aux jambes rien ne se passe.

Pourtant, rouler toujours à fond peut vite amener à des catastrophes. Rouler vite, très vite, modérément vite et lentement, toutes ces allures doivent trouver leur place dans votre préparation. Encore une fois, la raison et l’équilibre doivent prévaloir lorsque l’on construit son entraînement.

 

 

3/ Le repos est une perte de temps

Peut être une des croyances les plus tenaces chez les cyclistes ! « Untel s’entraîne pendant que moi je me repose, il prend donc de l’avance dans sa préparation ».

Mais le repos fait partie de l’entraînement ! C’est lorsque le corps se repose qu’il assimile et qu’il progresse. Oubliez de vous reposer et vous foncerez droit dans le mur ! Au moins vous êtes prévenus

 

 

4/ Si je maigris je serai meilleur

La croyance la plus dangereuse, sans hésiter. En effet, de nombreux sportifs développent des troubles alimentaires en pensant améliorer leurs performances. Bien sûr, diminuer son poids en conservant sa puissance améliore automatiquement son rapport poids puissance et donc sa vitesse dans les ascensions. En théorie perdre du poids est donc tentant. Surtout que l’on observe des professionnels au top niveau toujours plus maigres.

Mais en pratique, la mise en place de régimes, surtout lorsqu’ils ne sont pas encadrés par des professionnels de la santé ET du sport, aboutit la plupart du temps à une diminution des performances (perdre du poids tout en conservant sa puissance, ça se passe rarement comme cela) et parfois même à des problèmes de santé sévères. C’est l’expérience qui nous le dit.

Concentrez vous donc d’abord à gagner en puissance avec un entraînement adapté. Puis adoptez une alimentation saine et équilibrée qui vous amènera naturellement, progressivement et sans risques à votre poids de forme.

 

 

5/ Plus on met gros, plus on va vite 

Enfin, en tant que cycliste, on a tendance à penser qu’il faut augmenter son braquet pour augmenter sa vitesse. Pas si illogique comme raisonnement, mais seulement si l’on tient la même cadence de pédalage.

Dans les faits on préconise plutôt d’augmenter d’abord sa cadence pour accélérer, surtout que sur un gros développement on va s’épuiser plus rapidement (musculairement). Il est donc important de vous entraîner à tenir des cadences élevées avant de mettre « plus gros ».

Concrètement en endurance sur le plat on conseille d’être proche de 90rpm alors qu’à PMA on vous conseillera d’être entre 100 et 110rpm (voire plus pour certains athlètes !). Et en bosse c’est le même principe mais avec une 10aine de tours/minute en moins (autour des 80rpm en endurance et des 90rpm à PMA).

Vous voyez donc qu’il faut surtout tourner plus vite les jambes lorsque l’intensité augmente (et non l’inverse) !

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