Western States 2021 : le pouvoir des femmes

La Western States Endurance Run (WSER) 2021, le 100 miles le plus rapide de la planète, a encore une fois tenu toutes ses promesses.
Un plateau d’exception, un environnement majestueux, des conditions de course extrêmes, et de magnifiques vainqueurs. Mais la leçon à retenir de cette édition 2021 : un niveau féminin exceptionnel.

Audrey Tanguy, 1ère tentative sur la WSER,  Source I Run Far
Audrey Tanguy, 1ère tentative sur la WSER, Source I Run Far

Jim et les autres

En Californie, de Squaw Valley à Auburn, la Western States Endurance Run a lieu depuis 1974 et est la plus vielle épreuve de 100 miles au monde.

Elle ne s’offre qu’à un nombre restreint de participants, 350 à 400.

Sa particularité est de présenter un profil globalement descendant (6700 m d- pour 5500m d+) et d’emprunter de larges pistes forestières.

 

C’est donc une épreuve où l’on court davantage que sur les autres ultras et dont la principale difficulté est la chaleur qu’il faut affronter sur la 2ème partie du parcours.

Les temps de course sont réduits par rapport aux autres 100 miles, généralement entre 14 et 15 heures pour le 1er homme, entre 17 et 18 heures pour la première femme.

Et sur les courses de trail rapides et peu techniques, on peut considérer qu’il y a Jim Wamsley et le reste du monde. Détenteur du record en 14h09 réalisé en 2019, Jim a réitéré sa victoire en menant la course de bout en bout. Cette année, il termine en 14h46 (soit une moyenne de 10.9 km/h), et devance Tyler Green de 1h25min. Longtemps à la lutte, Hayden Hawks, ex vainqueur de la CCC, craque et termine 8ème en 17h48.

Jim avait déjà triomphé en 2019 (année du record), mais aussi en 2018 devant un certain François d’Haene (14h30 vs 15h54), prouvant qu’il est très difficile pour un européen de venir performer sur cette course très particulière.

En 2019, la première femme Clare Gallagher termine 17ème en 17h23. En 2018, c’est la célèbre Courtney Dauwalter qui l’emporte en prenant la 12ème place en 17h27.

 

 

L’année des femmes

En 2021, la Britannique Beth Pascall termine à une exceptionnelle 7ème place en 17h10. En une année, son statut est passé de très bonne athlète à leader mondial de la discipline. On l’attend avec impatience à l’UTMB pour voir si elle confirmera sur un ultra de montagne.

Mais au-delà de cet exploit personnel, il faut souligner la densité du plateau féminin en 2021 : 9 femmes classées dans les 20 premiers scratch, du jamais vu dans une compétition de niveau international. Et encore, les anciennes N°1 comme Clare Gallagher ou Magdalena Boulet n’y figurent pas, terminant respectivement 30ème et 35ème de cette édition. Quant à Camille Herron, la recordwoman du monde du 24h avec plus de 270 km, elle devra se contenter de la 90ème place.

Il est clair qu’une nouvelle génération d’ultra traileuses est bien présente, et elles sont jeunes. La moyenne d’âge est de 32.5 ans (26 à 42 ans). Certes il y a les spécialistes américaines de ce type d’épreuves, mais il y a aussi des européennes avec des profils de performance plus larges. C’est le cas de la Britannique Beth Pascall, de la Néo-Zélandaise Ruth Croft (2h30 au marathon) qui tentait son premier ultra, de l’Espagnole Ragna Debats, et également de la Française Audrey Tanguy.

Bien entendu, pour toutes ces femmes, la difficulté va être de durer car la problématique est la même que pour les hommes : performer sur le long terme, continuer à progresser tout en préservant son intégrité physique, voilà le défi majeur en ultra.

 

Déçue et satisfaite

6ème femme à l’arrivée en 18h37, la française Audrey Tanguy est dans un premier temps un peu déçue de ce résultat. Et puis, en y regardant de plus près, on remarque une 16ème place au général, résultat exceptionnel sur cette course majeure. Audrey qui raffole de la verticalité, savait qu’elle n’était pas sur son terrain, l’objectif premier étant le développement des points moins forts.

Pendant les 4 premières heures, sur les parties montagneuses, c’est elle qui a mené la course avec panache, avant de céder peu à peu sur les parties plates et descendantes où ce sont les qualités de coureuse qui sont primordiales. Le dernier tiers de course sera très difficile, chaleur et poussière provoquant chez elle un asthme d’effort handicapant.

Au final l’aventure est belle et la motivation intacte pour bien faire chez elle à la fin du mois d’août. Avec un tel niveau féminin, les cartes sont rebattues à chaque fois en fonction de la distance, du profil, de la technicité, de la préparation et de la fraîcheur des athlètes.

Cette saison 2021 s’annonce donc palpitante. Rendez-vous dans 2 mois autour du Mont Blanc pour le plus grand rendez-vous mondial de la spécialité !

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