Les Sables Express 2022 – Épisode 1 : Un dimanche pour se mettre dans le rythme.

Le 36ème Marathon des Sables s'est élancé ce dimanche. Comme lors des 2 précédentes éditions, nous avons choisi de vous faire vivre les coulisses de cette formidable aventure sportive et humaine dans le désert Marocain.
Début des festivités avec une 1ère étape longue de 30,3 km afin de prendre ses marques.

Crédit photo : Franck-Oddoux-CIMBALY-_MDS-2022
Crédit photo : Franck-Oddoux-CIMBALY-_MDS-2022

Au réveil en ce dimanche les mines des concurrentes et concurrents de ce 36ème Marathon des Sables sont réjouies. La motivation est au rendez-vous, la nuit fut fraîche mais moins que la précédente.

Nicolas Maréchal est motivé avant de se lancer dans l’aventure : « Cette nuit il y avait moins de vent et il faisait moins froid j’ai mieux dormi c’est un bon point. Je ne suis pas stressé mais plutôt impatient de partir, on attend ce moment depuis un peu plus de 6 mois pour la plupart, nous sommes ici depuis 2 jours, on a hâte de passer sous l’arche de départ et de courir. Dans ma tente il y a que des nouveaux l’ambiance est bonne, ils sont friands de conseils, ils veulent savoir mais il ne faut pas tout dévoiler (rire), je leur ai dit que le parcours serait superbe je ne pense pas leur avoir menti. »

 

Claude Cazes qui participe pour la 1ere fois au Marathon des Sables est au départ avec un objectif bien précis : « Je suis ici pour vivre tout d’abord une aventure solidaire, dans la tente où je suis il y a des rires c’est bien, je cours pour l’association Aïda qui vient en aide aux enfants atteint d’un cancer, je penserai à eux tout le long de mon aventure et symboliquement je vais faire la course avec un ourson sur les épaules. Je redoute un peu la chaleur même si j’ai déjà vécu des moments assez difficiles lors d’autres défis. L’an passé j’avais parcouru 6000 km à pied en suivant le Nil et en traversant 7 pays pour distribuer des médicaments à des ONG locales. Au Soudan j’ai affronté des températures d’environ 50-55 °C. Le marathon des sables sera tout sauf une formalité car le fait de faire autant de kilomètres en si peu de temps notamment avec l’étape longue c’est quelque chose que je ne connais pas. L’an passé j’ai parcouru l’équivalent de 37 à 40 km par jour en tirant un poids de 40 kg mais ici j’ai l’impression que c’est plus difficile avec des nuits plus froides que ce que j’ai connu jusqu’à présent mais le soir venu nous avons les tentes, les gens sont agréables et on partage de bons moments. »

 

Le Belge Chris Gale également nouveau venu sur le Marathon des Sables avait prévu de suivre son père malheureusement victime d’une fracture de fatigue il y a 3 semaines. Malgré ce forfait, il a tenu  à prendre le départ : « J’ai très hâte de commencer, de traverser le Maroc à pied après l’avoir souvent vu en voiture, en hélicoptère. Je participe pour la bonne cause, je cours en tenue de Spiderman avec un drapeau vert sur mon dos. Sur ce drapeau figurent 14 associations dans le monde entier dont celle en France qui est l’AFSA (Association Française du syndrome d’Angelman). Je cours pour récolter des fonds pour la recherche contre le syndrome d’Angelman qui est un problème avec le chromosome 15 à la naissance qui vous prive entre autre du rêve de pouvoir courir, faire du ski et autre activité. »

 

 

Ce matin, à 9h GMT, ce sont 897 hommes et femmes qui se sont élancés. Si tous les favoris annoncés étaient bien présents, quelques anonymes n’avaient pu se présenter pour différentes raisons (test PCR en arrivant positif, blessures, maladies, empêchements professionnels etc… )

Au programme 30,3 km de plaines caillouteuses, de dunes, de gorges rocailleuses et d’oueds asséchés. Globalement roulante avec toutefois trois zones de dunes à traverser, cette étape était piégeuse.

 

Une étape qui s’était déjà courue lors d’une édition précédente comme le précise Elodie Bonnin responsable des relations presse de l’évènement et qui a pris part aux 30,3 km proposés ce dimanche : « J’avais beaucoup entendu parler de cette étape dans le passé, c’est un parcours plutôt roulant avec des passages sablonneux, quelques dunes. Beaucoup de personnes l’ont trouvé finalement difficile. Belle étape avec pour terminer l’escalade d’une dune, une fois en haut on voit le bivouac on se relâche et on arrive doucement, le tout sous une température clémente agréable pour courir. Les pieds souffrent un peu dès le 1er jour. »

 

Une étape pour lancer cette 36ème édition quelque peu piégeuse. En effet Rachid El Morabity en quête de sa 9ème victoire sur le MDS, a pris d’emblée la tête du peloton à plus de 15 km/h. Cédric Fleureton fut le seul à suivre le rythme du Marocain jusqu’au premier CP. Mais peu à peu le Français s’est laissé décrocher et s’est fait rattrapé par Aziz Yachou qui l’a déposé dans les derniers kilomètres avant de même revenir sur Rachid El Morabity.

Aziz tient à prendre sa revanche sur 2021 : il avait terminé 4ème malgré une pénalité d’une heure pour défaut de matériel obligatoire. Mohamed El Morabity, le petit frère de Rachid, a franchi la ligne d’arrivée en 3ème position, visiblement pas au mieux. Les frères El Morabity seraient-ils en danger cette année ?

 

CIMBALY 2022_DSC6680@JOSUEFPHOTO
Crédit photo : CIMBALY 2022_DSC6680@JOSUEFPHOTO

 

Chez les femmes, pas de surprise sur ce 1er jour de course : les favorites furent bel et bien au rendez-vous !

Les deux premières sont néophytes sur l’épreuve mais d’un niveau très élevé : Anna Comet Pasqua très rapidement aux commandes de l’étape a finalement devancé Sylvaine Cussot qui ne s’est pas laissée distancer. La Marocaine Aziza Raji, victorieuse l’an passé, complète le podium à seulement quelques minutes. La lutte s’annonce farouche ces prochains jours.

 

Plus loin dans le peloton, les esprits étaient bien loin de ces considérations chronométriques : l’objectif était « juste » de parvenir au prochain checkpoint, puis à l’arrivée, puis de se reposer, se soigner, se faire à manger, et dormir en attendant l’étape de demain à l’image de Delphine Maillard :

« Bénévole en octobre dernier lors de la précédente édition, je suis venue cette fois avec 2 amis Patrice et Stéphane au profit de l’association Nianing Solidaire pour permettre de faire un puits dans le village de Nianing et de permettre aux femmes d’accéder à plus que ce qu’elles n’ont aujourd’hui. Ce fut une grande découverte à l’occasion de cette 1ère étape, on doit s’habituer au poids du sac, aux terrains différents sable, dunes dans une bonne ambiance. On a fait un bout de chemin avec Patrice et on a retrouvé les copains au CP 1 et on a passé l’arrivée ensemble à 15h26, c’était important. 6h26 d’efforts sur un rythme plutôt marche, j’ai appris qu’il fallait s’économiser au début pour bien attaquer plus tard l’étape longue et se faire un plaisir de run sur l’étape marathon. ».

 

Demain, 2ème étape longue de 38,5 km avec une grosse difficulté avant l’arrivée : le fameux jebel El Oftal à franchir. 

 

CLASSEMENT ETAPE 1 (PROVISOIRE)

FEMMES  

  1. D906 – Anna COMET (ESP) – 2:52:20
  2. D129 – Sylvaine CUSSOT (FRA) – 2:56:25
  3. D5 – Aziza RAJI (MAR) – 2:59:41
  4. D755 – Amelia CULSHAW – 3:06:10
  5. D73 – Laurence KLEIN – 3:13:01

 

HOMMES  

  1. D1 – Rachid EL MORABITY (MAR) – 2:04:16
  2. D15 – Aziz YACHOU (MAR) – 2:04:37
  3. D2 – Mohamed EL MORABITY (MAR) – 02:10:16
  4. D249 – Cédric FLEURETON (FRA) – 2:14:40
  5. D126 – Julien CHORIER (FRA) – 2:16:12

 

Un grand merci à Elodie Bonnin et Romane Beaudoin pour leurs précieuses informations.

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