Le Coca-Cola en course : bien ou pas bien ?

C'est une question qui revient souvent alors même que le Coca-Cola est un classique des ravitaillements en course (route ou trail). Alors en boire durant l'exercice est-ce bien pour soi ou non ? Explications.

Alimentation ravitaillement
On reconnait immédiatement ce petit capuchon rouge

Du coca pour se ravitailler ?

Allez, rentrons directement dans le débat : si vous buvez du coca à chaque ravitaillement, vous absorbez en réalité une boisson qui n’est pas faite pour le sportif. Le coca (ou tout autre soda) est acidifiant, hypertonique, hyperglycémiant, dépourvu de protéines (acides aminés branchés), peu dosé en sodium et sans antioxydants.

En résumé, une boisson qui vient en totale contradiction avec les protocoles d’hydratation habituels, pour lesquels généralement on prend soin de sous-doser, ou du moins d’adapter la dilution aux températures extérieures ou encore à ses propres tolérances digestives.

Mais chose surprenante, en course, après 3 heures de grimpe par exemple, le premier réflexe en arrivant au PC est de boire une bonne rasade de coca (si possible bien frais) et là, c’est le bonheur de retrouver quasi instantanément ses forces, son mental et l’envie d’en découdre encore avec soi-même. Mais pourquoi le Coca-Cola a-t-il autant de succès en course ?

Accro au Coca le coureur ?

Vous êtes nombreux à en consommer durant l’effort, en plus du quotidien pour certains, et de fait si l’on vous pose la question du pourquoi, vous répondez en premier par le besoin de sucre (au PC, vous êtes à la limite de l’hypo : vite un coca) puis vient le côté rafraîchissant de la boisson quand elle est fraîche (vous êtes écrasé de chaleur et vous avez un gros besoin de baisser la température interne), ensuite son piquant vous plait et vous soulage parfois (le gaz carbonique stimule les éructations). Enfin, même si vous êtes écœurés du sucré, un verre de cola passe plutôt bien à chaque ravitaillement (merci à l’acide phosphorique qui vous évite de vomir une fois de plus) et de fait, on a vu des traileurs en prévoir dans leur sac à dos.

Bref, le cola, vous aimez cela et pas question de le supprimer des ravitaillements. Et pourtant, en buvant cette boisson, on s’éloigne des recommandations habituelles concernant les boissons énergétiques de l’effort. Avec ses 120 g de glucides au litre, pour vous donner une idée, cela correspond à 24 morceaux de sucres blancs, le coca est en effet hyperconcentrée. Et si l’on se réfère aux définitions données d’une boisson hypertonique, le cola serait une solution à concentration moléculaire supérieure au milieu plasmatique. Ajoutez à cela, comme indiqué plus haut, un sous dosage en sodium et une acidité qui vous assomme le squelette y compris l’émail dentaire (1).

« Est-ce grave docteur ? »

Dans la mesure où vous restez dans une consommation modérée, c’est-à-dire uniquement sur quelques pc de course et par besoin d’un bolus urgent de glucides, je dirais que boire 1 gobelet de coca dans ce contexte particulier n’est pas grave en soi.

Mais je vais nuancer cette affirmation, en vous incitant à prendre toutes les précautions d’hydratation qui conviennent que vous souffriez de troubles digestifs ou pas. Le fait est que vous cumulez parfois les courses (pour obtenir des points en vue d’un certain objectif). Vous récupérez assez facilement entre chaque trail ou course sur route du point de vue musculaire, mais êtes-vous sûr d’avoir laissé suffisamment de temps à votre système digestif pour se rétablir de la violence subie (déshydratation, nausées, vomissements successifs, incapacité ou difficulté à s’hydrater et à s’alimenter) ?

Dans ces conditions, se pose la question du bien-fondé du coca en course et pour les raisons indiquées en début de l’article. Aussi énergétique soit-il, le coca est-il réellement adapté à une muqueuse digestive meurtrie par la déshydratation inhérente à une course de longue durée ?

Corinne Peirano (Expert Lepape-info Diététicienne-nutritionniste, http://corinne-peirano.wix.com/dieteticienne-paris)

(1) Effect of carbonated beverages, coffee, sports and high energy drinks, and bottled water on the in vitro erosion characteristics of dental enamel. Kitchens M, Owens BM. J Clin Pediatr Dent. 2007 Spring;31(3):153-9.

4 réaction à cet article

  1. J’utilise du coca depuis plusieurs années en Trail (distances de 30 à 75 km) sans avoir vécu le moindre problème d’assimilation ou de contre performance, au contraire.
    Je suis peut être un cas particulier mais j’ai tendance à très bien digérer le Coca et je dirais même qu’il m’aide  » à faire passer une sensation d’estomac barbouillé » et c’est aussi pour celà que j’en prends (1 à 2 gobelets tous les 20 à 25km). Je ne sens pas le besoin ensuite de prendre des compléments sucrés, seul le coca + eau + compléments de sels me suffisent.
    Donc, je ne suis pas complétement convaincu par votre analyse bien que je comprenne très bien les 1ers arguments.
    Bref, pour moi, sans excès, ça roule!

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  2. Dans la mesure du possible peu de coca en course c’est mieux, mais sur des longues distances entre 50 et 170 km, on peut alterner coca degazifié et eau sans problème quand on sait gérer son effort et son alimentation.

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  3. Bonsoir, je confirme, idem le cola ne me fais rien coté digestion ou nausées. lors de mon 100 kms en mai dernier, je n’est pris que du coca tous les 15 kms et rien d’autre! QUE CA!! course très très bien passée.
    merci à tous, je compte prendre le départ du golfe du morbihan en juin 2017, je compte faire pareil coca, coca dilué, eau plate. c’est tout!!
    lolo de la colo.

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