Une chaussure de running à la loupe

Vous les portez pour vos sorties d’entraînement, vos compétitions, mais savez-vous comment elles sont fabriquées et de quoi elles sont composées ? Gros plan sur vos chaussures de running.

Chaussures tige semelle coupe

forme chaussureComme n’importe quelles chaussures – de ville ou de sport – votre paire de runnings (route ou trail) ne serait rien sans ce que l’on appelle une forme, première étape essentielle à sa conception. Elle va déterminer la longueur, les volumes, le profil du bout, la hauteur du talon (on parle dans le jargon de cambrure de la forme plus que de drop).

Cette forme va permettre d’obtenir un patronage, à partir duquel sera alors réalisée la tige. Comprenez par là le dessus de votre chaussure.
C’est la partie qui nécessite le plus de main d’œuvre et de matière à la confection. Comptez jusqu’à une cinquantaine de personnes qui interviennent (même brièvement) et parfois jusqu’à 60 pièces pour les modèles de trail les plus complexes. La confection d’une tige compte pour plus de la moitié du temps de fabrication total d’une paire de chaussures, qui varie en moyenne entre une et deux heures selon les modèles et spécificités (1 heure pour un modèle simple de running, et jusqu’à deux heures pour une paire de trail).

Vous verrez fréquemment le terme de « mesh » utilisé pour caractériser la tige de la chaussure (« un mesh aéré » par exemple). Mais retenez que la tige de votre chaussure est confectionnée à base de polyester. Le « mesh », c’est en fait le maillage, le tissage, qui est plus ou moins serré selon l’air (et donc l’aération mais aussi l’humidité par temps de pluie) que l’on va laisser passer. Il sera plus serré pour des chaussures de trail, plus aéré pour des chaussures de route.

Prochaine étape : la « première de montage », qui permettra, elle, de fermer la tige et d’en faire un volume entier. Cette « première de montage », en tissu (polyester, généralement non tissé) et/ou en EVA (éthylène-acétate de vinyle), sera alors collée ou cousue à la semelle.

La semelle est évidemment un élément clé de votre paire de runnings, sur lequel les fabricants concentrent la majeure partie de leurs efforts. C’est sur elle que repose l’amorti de votre chaussure. Pour cela, elle est composée d’EVA expansé (ou de TPU – polyuréthane thermoplastique – expansé, pour la technologie Boost développée par adidas) et de certains additionnels selon les marques et modèles (par exemple, du gel). Se rajoute ensuite du caoutchouc sur le dessous, et parfois des renforts en TPU sur les côtés.

Chaussures semelle de dessousOn glisse à l’intérieur une semelle de propreté (pas indispensable dans n’importe quelle chaussure, mais essentielle dans l’univers sportif pour des questions d’hygiène), généralement à base de polyuréthane à cellules ouvertes pour faciliter l’évacuation de la transpiration. C’est cette semelle que vous ôtez lorsque vous avez des semelles orthopédiques.

En conclusion, la base reste globalement la même pour toutes les chaussures de running. Alors, pourquoi tant de modèles sur le marché ? Bien sûr, il y a une part de marketing. Mais pas seulement. Ce qui va faire la différence, c’est notamment la « formulation  » de l’EVA (ou TPU) dans la semelle. Celle-ci va par exemple déterminer la résistance de la mousse, selon que la chaussure se destine à des profils lourds ou légers. Cette formulation jouera aussi sur la qualité de relance de la chaussure : pour un modèle conçu pour la compétition, on privilégiera la relance à l’amorti, contrairement à une chaussure destinée à l’entraînement. Même raisonnement pour la tige qui contiendra probablement moins de matière pour une chaussure de compétition : elle sera plus légère donc plus fragile, mais on l’utilisera moins souvent, et moins longtemps. Enfin, les crampons ne seront pas les mêmes selon l’utilisation de votre paire de running. Vous remarquerez ainsi notamment que le dessous de semelles des chaussures de running mettre en évidence du caoutchouc et des espaces en EVA. Espaces que vous ne retrouverez pas sur les chaussures de trail : des cailloux pourraient venir les abîmer et fragiliser.

NB : Cet article a été réalisé avec Christophe Cumin, responsable chaussures, et Victorien Picolet, ingénieur recherche biomécanique au CTC (Comité Professionnel de Développement Economique Cuir Chaussures Maroquinerie Ganterie) qui assure des missions de conseils, formation et tests, notamment dans le secteur de la chaussure.

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