L’utilisation du tapis de course pour les coureurs – Partie 1

Est-il vraiment utile dans l’entraînement des coureurs ? Peut-il remplacer ( totalement ou partiellement ) l’entraînement outdoor ? Bien des questions tournent autour de cet équipement. Cet article va tenter d’apporter quelques réponses.
Dans une 1 ère partie seront énoncés un certain nombre de considérations générales puis dans une 2 ème partie on va présenter différents types de contenus de séances: travail en côtes, sorties aérobies, séances de puissance aérobie, fartleks, entraînement par intervalles à l’aide de multiples exemples avec des consignes de réalisation.
Alors tapis de course ou non ?

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 Généralités

Dans l’absolu on peut avancer qu’on peut quasiment faire toutes les séances qu’on réalise en nature ou sur piste sur un tapis de course. Que ce soient des sorties longues, du travail au seuil ou un travail de fractionné sous réserve bien entendu que le tapis de course soit d’une part de très bonne qualité au niveau de l’étalonnage des allures et d’autre part que la structure même du tapis de course (dureté de la bande de roulement et des éléments sous-jacents – rouleaux ou plaques) afin de limiter la force de l’impact lors de la pause du pied.

La facilité de programmation au niveau de la console est également un facteur dont il faut tenir compte. Il est dès lors évident que des tapis de course à moins de 2000 € ne font absolument pas l’affaire.

Les caractéristiques du tapis doivent être à minima de 20 kilomètres/heures (pour les séances d’allure type VMA) et nettement supérieures pour des coureurs de demi-fond court (nécessité d’aller 25 kil/h).

 

Quels sont les avantages que peut procurer le tapis de course :

 

  • On peut totalement faire abstraction des conditions météorologiques extérieures : vent, pluie, froid, neige ou chaleur excessive.

Le tapis de course fait partie de l’entraînement quotidien pour les coureurs des pays exposés aux grands froids – les pays nordiques, au Canada, certaines régions du nord des Etats -Unis par exemple.  Mais il est également d’un grand secours dans certaines régions françaises. Les anciens se souviennent que Paul Arpin, un des meilleurs crossmen mondiaux de la fin des années 80 et finaliste olympique à Séoul en 1988, utilisait fréquemment le tapis de course car habitant à Séez un petit village au-dessus de Bourg saint Maurice où il devait faire face à des mois d’enneigement qui ne lui permettaient pas de courir facilement.

 

  • On peut éviter les terrains avec des sols instables et dangereux (parsemé de cailloux, les racines des arbres, les sols détrempées, la boue, les sols glissants …). Hailé Gebrselassie y avait souvent recours à Addis Abeba, lieu où les parcours ne sont faciles.

 

  • C’est la solution idéale quand les jours raccourcissent et qu’il fait sombre très tôt ou encore pour les personnes craignant de courir la nuit, ou seul(e) ou sur la route ce qui peut s’avérer dangereux avec les véhicules peu attentifs.

 

  • Le tapis est donc idéal au niveau sécurité, ah oui !  il n’y a pas de chiens dans les salles de fitness, ni de cyclistes ou de pratiquants de rollers ou autres modes de transports peu scrupuleux ou incapables de maîtriser leur moyen de transport.

 

  • Une facilité pour l’entraînement avec une accessibilité à 100 % de jour et de nuit, 24 heures sur 24 pour des coureurs habitant et travaillant dans des espaces réduits ou confinés (marins, sous -mariniers, militaires, milieu urbain avec trafic automobile, ou voyageurs ne connaissant pas le secteur où ils sont hébergés ou disposant de très peu de temps et ne pouvant pas perdre de temps en déplacements.

 

  • En salle, sur tapis, pour peu d’en avoir plusieurs à votre disposition, tout en étant côte à côte et donc susceptible d’échanger, chacun peut s’entraîner à son allure optimale ce qui n’est pas le cas lors d’une sortie aérobie si les différences de niveau sont sensibles.

 

Sur le plan technique, le tapis de course permet :

  • Une variété inimaginable de séances
  • Un contrôle extrêmement précis des allures lors de l’effort et de la récupération
  • Un ajustement fin et immédiat des allures an cas de difficultés
  • Une hydratation en cours d’effort particulièrement aisée
  • Un focus sur des éléments techniques de course qui permet de travailler l’amélioration de la foulée.

 

Un observateur peut aisément regarder vous filmer sur tapis de course ( de face, de dos , latéralement ) alors que c’est très difficile outdoor.

Votre entraîneur pourra ainsi :

  • Bien observer la pose du pied et sa manière de dérouler
  • Vous faire travailler le relâchement du haut du corps, le positionnement et l’angle de fermeture des bras, le positionnement de la tête et du regard
  • Vous rendre attentif à votre rythme respiratoire sur lequel on peut facilement se focaliser sur tapis de course.
  • Apprendre à connaître les allures et donc mieux les maîtriser
  • Se centrer sur son attitude et écouter son corps

 

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