Team Salomon, premier bilan et perspectives

Le team Salomon après trois mois de compétition

Retour sur le début de saison. Les avis sont partagés au sein de l’équipe.

2-AndySymondscoteProvence

Vainqueur du 40 km de la Romeufontaine, Guillaume Beauxis (en photo à droite) est « très satisfait de ces trois premiers mois. En plus, je me classe 4ème sur le Lyon Urban Trail avec un plateau très relevé et la découverte totale de ce style de trail. J’ai aussi remporté le trail du Marquisat tout près de chez moi. Je pense qu’avec les copains du team espoir,  on a bien figuré en ce début 2012. Sur la National Cup Salomon Endurance Mag, je suis actuellement deuxième avec une course en moins que le premier, donc tout va pour le mieux ! » Il évoque aussi la découverte d’une nouvelle discipline : le ski alpinisme. « Mais la saison est maintenant terminée et je vais me concentrer pleinement sur le trail avec de beaux rendez-vous programmés. Beaucoup d’images m’ont marqué durant ces premiers mois 2012. Mon entrée dans le team espoir m’a permis de m’exporter et de découvrir de grosses courses de trail. J’ai aussi côtoyé de grands champions. Je profite de chaque instant. »

Pour Thibaut Baronian, les débuts se firent en fanfare sur la Romeufontaine (3e en 3h04mn38s sur le 40 km, le 22 janvier à Font-Romeu) puis il a eu quelques soucis de santé en février et mars « qui m’ont pas mal embêté mais j’ai fait une jolie reprise au Lyon Urban Trail (5e en 2h58mn58s sur le 38 km). J’espère être en forme sans trop de soucis pour la suite. » Au niveau du peloton, Thibault a noté un réel engouement pour le trail. « Je constate que le nombre de personnes qui se mettent à courir, à s’entraîner et à enfiler un dossard sur le trail s’envole ! C’est génial. » Son coup de cœur pour ses premiers mois de l’année.

Pour Julien Chorier, les grands échéances ne sont pas arrivées. Au programme le 5 mai , le Trail du Nivolet-Revard, le 18 mai l’ultra trail du Mont Fuji, le 23 juin : Zugspitz ultra trail et bien sûr Chamonix et l’UTMB fin août. Deuxième lors sur le 73 km du trail des citadelles, il considère que sa « préparation se passe très bien et dans de bonnes conditions. Toutefois sur mes 2 ou 3 tests en course, les sensations n’étaient pas au rendez-vous mais j’ai senti une nette amélioration, le 8 avril, sur le trail des Citadelles. Comme les autres années, ma mise en route a été difficile mais j’ai l’impression d’être un peu en avance par rapport à la saison passée. Malgré une bonne préparation, je constate que le trail évolue très vite et que le niveau augmente à chaque course. Les coureurs sont maintenant prêts de plus en plus tôt. Il n’y a plus de petite course de début de saison. »

Pour François D’Haene, il a fallu gérer une « fin de saison délicate et une douleur récurrente à l’arrière du pied droit. Je voulais repartir sur de bonnes bases. J’ai fait mon foncier et des sorties longues en ski de randonnée en essayant de reprendre très progressivement la course à pied. J’ai commencé avec un à deux footings par semaine en février puis deux en mars que j’ai remplacé par quelques séances de VMA afin de retrouver un peu de vélocité. Afin de voir où j’en étais, j’ai ouvert ma saison sur le trail du Ventoux, le 25 mars. Je me suis foulé la cheville au bout d’une heure et j’ai levé le pied dans toutes les descentes. Mes sensations étaient très bonnes et j’ai basculé assez frais au sommet à 5 mn de la tête de course. Au final (11e), je garde le positif, et je me dis que c’était une bonne manière de m’y remettre, que la forme est là comme l’envie et qu’il ne me reste plus qu’à spécifier tout cela et à concrétiser dans les prochaines courses. François constate que le trail continue de se moderniser et de se populariser. « Il est impressionnant de voir à quelle vitesse les inscriptions se remplissent et se complètent des mois avant les courses. Le niveau est très relevé à présent tout au long de la saison car chacun programme sa pause différemment. De fait, on retrouve des coureurs en pleine forme tout au long de l’année. Même si le niveau n’augmente peut-être pas considérablement, il se densifie très fortement en tête de course et cela offre des trails sans répit et très serrés. Le matériel évolue avec des nouveautés et des produits de plus en plus compétitifs et spécifiques. L’image de ces premiers mois restera pour moi la victoire d’Andy sur le trail du Ventoux. Tout le monde l’attendait. Il est voisin de l’épreuve et surtout il devait confirmer sa victoire aux Templiers. Il a remporté l’épreuve en ayant mené de bout en bout sans se soucier de ses adversaires et confirme donc l’espoir qu’on avait placé en lui… Chapeau !

Michel Lanne sort d’un automne 2011 et d’un début d’année consacré à l’entraînement afin d’améliorer sa vitesse de base et  sa cadence sur le plat, « deux paramètres qui sont importants dans le trail et dans lesquels je n’excellais pas beaucoup! J’ai senti une grosse progression sur les petites distances, voire très petites, par rapport à l’année dernière et ça, c’est vraiment agréable. J’ai ainsi pu courir de belles courses sur neige tout l’hiver sans me blesser, et c’est déjà une bonne chose ! Ensuite, j’ai pris un peu de retard dans ma préparation du printemps et j’ai clairement manqué de volume sur le trail du Ventoux. Mais tout devrait rentrer dans l’ordre d’ici fin avril et le trail de L’Ardéchois.

Je reste impressionné par l’engouement des gens pour le trail ! J’ai l’impression que le nombre de pratiquants ne cesse d’augmenter, tout comme les teams de coureurs qui ne cessent de fleurir. Forcément, on s’aperçoit que le niveau augmente de la même manière. Les chronos s’améliorent et ça s’est bon pour notre spor t! Pour ce début d’année, je retiendrai la victoire de Seb Chaigneau sur la Transgrancanaria. Comment fait-il pour être déjà si fort, si tôt dans la saison ? Un grand bravo. »

Thomas Lorblanchet, revient sur sa préparation hivernale plutôt bonne malgré les températures très basses. « J’aurais aimé faire un peu plus de ski de fond mais les conditions n’ont pas été idéales sur le Massif Central. Je n’ai pas fait beaucoup de compétitions afin d’arriver avec l’envie et la motivation sur le gros du calendrier. Au regard de ces premiers mois, plusieurs choses ont retenu mon attention : la venue de plein de nouvelles têtes, la percée du minimalisme et le calendrier raisonnable de Kilian ! »

Fabien Nabias est le moins bavard, déçu de son résultat sur la Romeufontaine mais satisfait par ses sensations actuelles et de sa courte saison de ski de fond. Il espère progresser surtout aux côtés des pointures comme Andy Symonds. « J’ai aussi hâte de mieux connaître tous les autres trailers du team France Salomon ».

Michel Rabat a consacré son début de saison à sa préparation. « Pour faire simple, les moins sont surtout les petits pépins et autres virus qui m’ont empêché de construire de longs blocs d’entraînements pour optimiser un bon travail. Le plus est sans aucun doute de me retrouver derrière une ligne de départ avec un dossard. C’est l’idéal pour ma motivation. Au niveau des résultats, je salue les exploits de tous les skieurs qui ont bouclé la Pierra Menta. J’ai aussi été marqué par les performances du biathlète Martin Fourcade, en coupe du Monde et aux championnats du Monde. Il est sensationnel ! Je ne le connais pas, pourtant il est du même département que moi. »

Andy Symonds., après une série de petits soucis à Font Romeu fin janvier et un résultat à oublier, a enchaîné quatre victoires avec la Galinette, le Snow Trail Ubaye Salomon, le Glanum et plus récemment le Ventoux. « J’aimerais avoir bouclé une période d’entraînement plus consistante, mais au niveau de ma forme actuelle, je suis là où je voulais être pour une mi-avril. J’ai encore beaucoup de choses à améliorer afin d’être au top pour les compétitions au programme cet été, ce qui me donne l’envie de progresser et davantage de confiance. Quasiment tout ce que je fais ici a un aspect découverte. J’ai l’impression de pratiquer un autre sport que celui que je faisais au Royaume-Uni. Je découvre aussi une nouvelle météo ! Il ne s’agit plus de bagarres sur des collines raides, de sprints sous des champs d’herbe et de sauts des ruisseaux. Au revoir British fell running et bonjour au monde du trail à la française. Les courses et mes entraînements n’ont rien à voir. Grâce à cela et à un grand changement de vie quotidienne avec un nouveau travail, une nouvelle maison, et un enfant de plus, mes sorties ont subi une transformation importante. Pour le moment cela a l’air de porter ses fruits en termes de forme et de résultats en compétition. Le fait de passer à un travail à 80% m’apporte une aide énorme dans ma façon de m’entraîner. Courir sur un terrain sec pendant tout l’hiver, ceci représente un changement énorme. Par rapport à l’Ecosse, je gagne, depuis que je suis en Provence, beaucoup de temps de vie à ne plus avoir à gratter la boue de mes chaussures et habits ! »

Robert Goin

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