La chronique de Sébastien Chaigneau : avril, une période mouvementée !

Rendez-vous professionnels, entraînements, compétition. Le mois d'avril de Sébastien Chaigneau fut loin d'être simple alors que les grosses échéances sportives s'approchent à grands pas !

Sébastien Chaigneau

Tout  a commencé par une programmation un peu serrée entre le 1er et le 19 avril. Ce fut d’abord, tranquille avec une journée à Amancy pour un ami qui s’occupe d’un rayon running. Une journée sympa et très intéressante avec la rencontre de coureurs de différents horizons.

Je suis ensuite passé aux choses un peu plus sérieuses avec un déplacement sur un week-end complet en Normandie où j’étais parrain d’une épreuve de trail orientation de nuit. Là encore des moments riches d’enseignement avec de belles rencontres. Le plus dure dans l’histoire ne fut pas le séjour mais le voyage avec un départ de la maison le vendredi soir pour l’aéroport direction Paris suivi d’un taxi pour rejoindre la gare Saint-Lazare avec trois petites minutes pour sauter dans le train en direction du Havre avant de rejoindre le parc EANA,  à quelques 20 kilomètres. Au final, un petit week-end très sympa loin de mes montagnes et de ma petite famille mais avec un accueil incroyable comme les gens du nord savent si bien le faire. Après ces deux jours et deux petites conférences présentant autour du trail et de l’ultra, il a fallu le dimanche soir, effectuer le chemin inverse pour aller rejoindre ma petite famille et fêter Pâques avant de préparer la suite de mon périple.

Et oui, dès le lendemain (mardi 11 avril 2012), je devais préparer à nouveau mes bagages pour rejoindre Paris afin de travailler avec mon nouveau sponsor (Cébé) sur de nouveaux produits. Il y a matière dans ce domaine et nous arriverons très certainement à avoir un beau produit adapté à 100% au trail running. Ce fut une grosse journée car je devais ensuite enchaîner le soir même, avec la conférence de presse de l’UTMB. Un rendez vous annuel qui me permet de ressentir l’engouement journalistique de plus en plus fort pour cet évènement. J’y retrouve plusieurs connaissances, les organisateurs « les Poletti », les représentants des différents sponsors de l’épreuve et Lizzy Hawker. Tous étaient au rendez-vous de cette nouvelle conférence de presse un peu particulière… Pourquoi me direz vous ? Tout simplement parce qu’en cette année 2012, l’organisation fêtera les 10 ans de L’UTMB (du 27 août au 2 septembre 2012, voir la fiche de l’UTMB) !

Ceci fait, retour à la maison le lendemain. Nous sommes jeudi 12 avril, il est 4h50 du matin, le réveil sonne ! Il est temps de rentrer. Je termine ma nuit en vol car à peine rentré, je dois m’entraîner ! Et oui, le lendemain, ce sera déjà un nouveau départ en direction d’Ajaccio ! Ma séance d’entraînement n’est pas trop dure et à mon retour je peux profiter d’une petite journée de vacances avec mes enfants avant de préparer mon sac !

Vendredi 13, je prends la voiture. Il est 5h30. Direction Genève et son aéroport pour un vol vers la Corse. Je dois être au départ du raid Gravona et je suis attendu de pieds fermes. Pourquoi aller faire une épreuve là-bas ? Hé bien, parce que je suis licencié dans ce club depuis 3 ans déjà et que tous les ans je vais y faire un petit stage alimentaire avec… polenta à la farine de châtaigne, Bruccio frais, figatselles grillés et œufs au plat… Je savoure cette ambiance de fête et de plaisir. La course a lieu dimanche matin sur un parcours très court mais intense soit 20 km et 1 600 m de dénivelé positif qui se situent sur les 12 premiers kilomètres…

Avant de prendre le départ, je fais une dernière séance, la veille, en allant faire un tour sur le parcours, sous la pluie. Je ne sais pas alors si je pourrais améliorer mon chrono de référence de 2h05mn54s car il pleut depuis déjà plusieurs jours et c’est « un sacré bourbier » sur certains secteurs…

Une victoire main dans la main en Corse

Place à la course. Nous sommes dimanche 15 avril, il est 9h30. Comme toujours, c’est à fond la caisse que le départ est donné. El Yazid, vainqueur l’an passé devant moi pour 17 secondes et Jean-Paul Baptesti, vainqueur et détenteur du records en 2h03 en 2010 sont au rendez-vous. La course se décante très vite. Maxime Durant est là aussi. Il est en forme car il prépare les championnats de France de course de montagne sur une distance et un dénivelé identique à la course du jour. Maxime prend très vite la tête malgré la boue. Je m’accroche et me « place dans sa roue » afin de ne pas trop laisser filer l’histoire. Après 4 kilomètres d’ascension, nous nous trouvons tous les deux quelques mètres devant Jean-Paul et El Yazid. Nous faisons notre petit bonhomme de chemin dans la forêt dans un premiers temps, puis en montagne où la pluie se transforme en neige sur les sommets. Nous découvrons alors un paysage fabuleux sur les hauteurs et sur les crêtes. Je sais déjà que nous ne battrons pas le record car le passage au sommet se fait après 1h43 de course : nous aurions du passer en 1h38 pour espérer l’approcher. Les conditions de course ne s’y prêtaient pas cette année. Ce n’est pas très grave. Nous discutons durant la montée et passons un très bon moment ensemble. Avant la bascule au sommet, nous décidons de finir main dans la main pour le plaisir d’arriver ensemble mais aussi pour célébrer cet esprit trail qui nous anime et que nous recherchons perpétuellement. Très concrètement, à quoi cela aurait bien pu nous servir de gagner quelques secondes et de nous tirer la bourre ? Nous pratiquons la course nature pour tous les moments de plaisirs que cela nous procure, nous étions en train d’en vivre un, nous avons préféré en profiter… Mais cela ne nous a pas empêché de nous donner à fond puisque nous faisons les 8 derniers kilomètres en 22 mn ! C’est donc avec une grande joie, l’un comme l’autre, que nous avons passé la ligne ensemble, main dans la mains, dans un temps de 2h07mn15s soit une minutes 15 de plus que mon chrono de référence ! Ce n’est pas si mal, vu le début de course !

Une grande fête nous attendait à l’arrivée avant que le calme retombe sur Ucciani, ce petit village perdu dans les montagnes corses, théâtre de ce raid Gravonna.

Après une belle soirée en famille, ma famille d’adoption, petite nuit. A 6 heures, lundi 16 avril, je devais repartir et préparer à nouveau mes bagages. Le globetrotter qui j’étais en ce mois d’avril devait reprendre l’avion pour une nouvel destination… Ce sera donc un nouveau passage rapide à la maison… avant de prendre la direction de Barcelone pour un séjour de trois jours avec un autre de mes sponsors. Nous séjournons à Molina, petite station des Pyrénées Espagnoles. Au programme, shooting photos, sorties raquette et trail mais aussi réunions sur les produits.

Après douze avions en 10 jours, je suis enfin sur le point de rentrer quand j’apprends à l’aéroport de Barcelone que l’avion que je devais prendre ne viendra pas car foudroyer sur l’aéroport de Genève il n’a pas pu décoller ! Me voilà donc en train de chercher un hôtel avant de pouvoir décoller le lendemain matin et renouer, enfin, avec l’entraînement…. Il me reste douze jours avant mon prochain rendez-vous : la Tranvulcania sur la petite île des Canaries de La Palma, le 12 mai prochain…

Ce sera là une toute autre aventure, et elle ne sera pas, non plus, de tout repos.

La suite dans un prochain épisode… avec un petit compte rendu…

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