Morhad Amdouni, les jours d’après

Champion d'Europe du 10 000 m en août dernier à Berlin, Morhad Amdouni a connu l'effervescence d'une médaille d'or. Depuis, entre la naissance de son premier enfant et une reprise plus compliquée que prévue, l'international français essaie de garder la voie vers les Mondiaux de Doha, son prochain grand objectif.

Morhad Amdouni à l'INSEP.
Morhad Amdouni à l'INSEP.

On avait quitté un Morhad Amdouni rayonnant, fort d’un titre sur 10 000 m et d’une médaille de bronze sur 5 000 m aux Championnats d’Europe de Berlin. On l’a retrouvé un mois plus tard, du côté de l’INSEP, là où le succès allemand s’était préparé. La mine de l’athlète était plus tirée, fatiguée par des dernières semaines fortes en émotion.

Papa d’un petit garçon

En effet, juste après son sacre berlinois, Amdouni est entré dans la sphère médiatique, qui se refusait à lui depuis longtemps. « Dans le fond, je sais que j’ai toujours été un champion. Les gens ne voient pas les difficultés. Quand on n’a pas de grands résultats, on passe inaperçu. Mais quand on sort de sa coquille, au grand jour à la télévision, c’est comme un paquet surprise. »

Une belle surprise sur laquelle il a un peu surfée, avant d’endosser un nouveau rôle en tant que papa pour son fils né quelques jours après Berlin. « La naissance de mon enfant a été un accomplissement, dans la lignée des Championnats d’Europe. C’est fort de voir son fils bouger et d’avoir ce sentiment d’être père. »

Un nuage duquel il est malheureusement vite redescendu à la suite d’un drame personnel qui a touché son entraineur Philippe Dupont. « La vie nous réserve des épreuves, glisse-t-il. On est pris par des sentiments de tristesse ou de joie. Il faut toujours se battre à tous les niveaux. »

Cap sur les Europe en salle

Une épreuve qui a fait vaciller son équilibre d’athlète et d’homme même s’il va continuer à se battre, comme à son habitude. « Il faut apprendre à endurer la douleur, qu’elle soit physique ou mentale. Il faut réussir à se surpasser, à trouver des solutions, pour arriver à être encore plus grand. La course c’est aussi apprendre à se battre contre soi-même. »

D’ailleurs, son oeil se rallume dès qu’on parle des joutes futures. « J’ai envie de me concentrer sur les choses que j’ai à faire. Dans un premier temps, j’ai envie de revenir sur ce 3 000 m aux Europe indoor (à Glasgow en 2019) où je n’avais pas pu prendre le départ (il avait déclaré forfait à la dernière minute pour une blessure au mollet juste avant l’Euro en salle 2017). Ensuite, j’ai envie de conserver mon titre de champion de France de cross. »

Puis, ça sera les Mondiaux de Doha sur 10 000 m, une épreuve déjà inscrite à son calendrier interne. « Je penserai tous les jours à Doha. Je partirai là-bas pour changer cette mentalité qui veut qu’on pense que seuls les Africains peuvent gagner en demi-fond. Je veux montrer que les Européens sont également présents. »

Passer une marche au niveau mondial

Surtout qu’à Berlin, la machine Amdouni n’était pas encore à plein régime. « Je n’étais pas à 100 %. Le demi-fond demande beaucoup de temps et de patience même si on a des qualités. Mais en travaillant quotidiennement, il y a des choses extraordinaires à faire. »

Malheureusement pour lui, son corps lui a rappelé ce dimanche, lors des 20 km de Paris (lire notre reportage), qu’il était fragile et qu’il fallait continuer à le renforcer. Mais le garçon en a vu d’autres et son aventure allemande le conforte dans son potentiel. « A Berlin, j’ai eu la force et l’envie d’y aller. J’étais déterminé et réglé pour gagner malgré une préparation délicate et difficile. J’avais plus faim que les autres. »

Il semblerait qu’il ne soit pas encore rassasié.

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