Comprendre et éviter l’hypoglycémie pendant l’effort

Fringale ? Baisse du taux de sucre dans le sang en dessous de la normale ? C'est une hypoglycémie et personne n'est à l'abri lors d'un effort prolongé. Il faut alors savoir l'analyser afin d'en déterminer la cause. Le point avec notre médecin du sport.

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La qualité d’une performance sportive va résulter en partie d’une bonne adaptation de l’organisme aux efforts qui lui sont imposés. Outre le potentiel psychologique, c’est le potentiel physique qui va être déterminant : le métabolisme, l’adaptation cardio-vasculaire, la force musculaire, … Le sport induit un exercice musculaire qui repose sur la production d’énergie mécanique. La source énergétique est l’ATP. Outre l’ATP immédiatement disponible (mais rare) et la phospho-créatine, l’ATP provient de la dégradation anaérobie (sans oxygène) des glucides (sucres) puis de leur dégradation oxydative (aérobie) parallèlement à celle des lipides. Si l’exercice est plus prolongé, la gluconéogénèse assure un apport glucidique supplémentaire. La mobilisation des réserves en sucres (glucides)  et le maintien de ce taux sanguin (glycémie) sont dépendant de deux hormones :

  • L’insuline qui diminue le taux de sucre (hormone hypoglycémiante) et favorise donc l’utilisation du sucre mais aussi sa mise en réserve (glycogène, triglycérides).
  • Le glucagon qui augmente le taux de sucre (hormone hyperglycémiante) et mobilise les réserves de sucres.

Les hormones hypo et hyperglycéminates se régulent en permanence et notamment lors de la pratique sportive pour que le taux de glycémie reste dans les limites de la normale sauf en cas d’une maladie : le diabète. On ne parlera pas dans cet article de la pratique sportive chez le diabétique (rappelons malgré tout que ces patients peuvent et doivent faire du sport à condition de bien connaître leur maladie et d’adapter leur traitement en fonction du sport pratiqué). Il s’agit bien là d’aborder l’hypoglycémie (baisse du taux de sucre) pendant la pratique sportive.

Avant toute chose, il ne faut surtout pas dire que tous les malaises survenant pendant la pratique sportive sont dus à un manque de sucre c’est-à-dire à une hypoglycémie. Il peut s’agir d’une cause cardiaque, neurologique, …

Donc tout malaise, survenant pendant ou après le sport,  impose systématiquement une consultation médicale pour en déterminer la cause.

L’hypoglycémie se définit  par une baisse du taux de sucre dans le sang en dessous de la normale (0,8 g/l). Cette hypoglycémie peut exister, pendant l’effort,  soit par manque d’apport (pas assez de réserves en sucres) soit par trouble hormonal (mauvais adaptation de la production d’hormones).

  • Le manque d’apport se résume principalement à une carence alimentaire (apports insuffisants avant d’effectuer une épreuve sportive). Cette carence est bien évidemment plus marquée pour des épreuves sportives  longues, dépassant 100 à 120 minutes d’effort,  telle l’endurance.
  • Le trouble hormonal est une production trop importante d’insuline qui consomme tout le sucre et qui entraîne le même phénomène, à savoir une carence en sucres et donc  une hypoglycémie.

Si la  baisse de la glycémie est importante (taux  inférieur à 0,45-0,5 g/l), le sportif ressent différents symptômes.  C’est le cerveau qui  informe que le taux de sucre est trop bas. Les manifestations les plus courantes de l’hypoglycémie sont  alors :

  • la nervosité
  • l’agressivité
  • la perte de raisonnement.

La sécrétion normale d’adrénaline, qui suit, entraîne :

  • la transpiration,
  • des sensations anormales  de chaleur
  • des palpitations et  des tremblements.

Pour certains sportifs, c’est la sensation de faim douloureuse, que l’on appelle la fringale, qui est le signe le plus net.

Tels sont, classiquement, les troubles ressentis en cas d’hypoglycémie. L’ensemble de ces troubles peut aller jusqu’à la perte de connaissance, voire le coma.

Compte tenu de ces explications physiologiques  (très simplifiées),  la prévention ou le traitement de l’hypoglycémie sont évidents car on l’a bien compris : le sucre est notre essence et son manque entraîne une panne.

Pour éviter les malaises hypoglycémiques

  • Bien se connaître : s’habituer à la compétition, savoir gérer son stress, éviter une alimentation que l’on  n’a pas l’habitude de prendre, se raisonner face à une situation exceptionnelle (chaleur, froid),  ….
  • S’alimenter correctement avant une épreuve sportive (repas comportant des sucres lents notamment, 3 heures avant l’épreuve, pour constituer les réserves).
  • Eviter le pic d’insuline en absorbant, dans les 40 minutes précédant le départ, des aliments ou boissons trop sucrés (friandises, sodas). Cette sécrétion accrue d’insuline peut  induire une hypoglycémie réactionnelle.
  • En course, s’hydrater correctement, souvent et en petite quantité et si l’épreuve est longue, prendre tous les 20 minutes, environ,  un peu de sucre (boissons sucrées, fruit sec, barre énergétique, …).

Que faire devant un malaise hypoglycémique

  • Ralentir impérativement ou s’arrêter : ce malaise peut évoluer vers une réelle perte de connaissance avec tous les problèmes en cascade qui s’enchaînent : chute possible avec traumatisme, impossibilité de « re-sucrer » le sportif par voie buccale ce qui impose une  perfusion veineuse, …
  • Apporter rapidement du sucre, « se re-sucrer » : boire  une solution très sucrée ou croquer du sucre et savoir le répéter toutes les 10 minutes.

En conclusion, retenons que tous malaises en sport n’ont pas pour cause unique une hypoglycémie, c’est-à-dire une diminution du taux sanguin de sucre. Il faut systématiquement consulter un médecin devant toutes sensations anormales survenant pendant ou après l’effort,  pour éliminer une autre cause, notamment cardiaque.
L’hypoglycémie,  qui est certainement plus rare qu’on ne le croit ou dit  dans le milieu sportif, se manifeste surtout par des troubles du comportement et des sueurs qui doivent entraîner  l’arrêt de l’effort sportif pour absorber rapidement du sucre (boissons sucrées, pierres de sucre). La prévention est centrée sur une bonne alimentation avant toute pratique sportive.

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