Les Sables Express 2021 – Épisode 4 : Un double marathon, une nuit dans le désert et l’objectif de tenir bon

Le 35ème Marathon des Sables s'est élancé dimanche dernier. Comme il y'a deux ans, lors de la précédente édition nous avons choisi de vous faire vivre les coulisses de cette belle aventure dans le désert Marocain.
Ce mercredi c'était le grand jour celui de l'étape longue avec au programme quasiment un double marathon de 82,5 km très attendu et redouté.

Crédit photo : CIMBALY_MDS2021_SCREIS
Crédit photo : CIMBALY_MDS2021_SCREIS

C’est mardi soir que les rescapés du 35ème Marathon des Sables ont eu connaissance de la longueur de la fameuse étape longue dite aussi « étape mystère ». Fin du suspens : 82,5 km au programme dont le djebel El Otfal à 19 km de l’arrivée.

Mercredi le départ s’est fait en 2 vagues : départ à 10h du matin des 50 premiers après les autres concurrents (du 51ème au dernier) partis à 8h30. Pour bon nombre de participants cette étape longue, très longue les fera courir ou marcher pendant la nuit de mercredi à jeudi voire bien au-delà.

La chaleur toujours bien présente en journée a incité l’organisation à rajouter une distribution d’eau supplémentaire. La nuit sera la bienvenue avec la baisse du thermomètre et des bâtons lumineux pour éclairer la route à suivre.

Les plus attardés étant attendus jeudi après-midi sachant que certains et certaines choisiront sans doute de faire une pause pour dormir afin de boucler l’étape, dernier délai jeudi 16h40.

 

Avant le départ à chacun sa stratégie, Jean-Pierre prévoit de courir aux sensations : « Je ne veux pas me mettre dans le rouge. J’espère faire l’étape en une seule fois en prenant mon temps aux CP. On gèrera tout ce qui est hydratation, la chaleur devrait être encore au rendez-vous. Il faudra rester vigilent et se dire que pas à pas on rejoindra l’arche d’arrivée. »

 

Guillaume dispute son 1er Marathon des Sables et va découvrir l’étape longue : « Je m’attendais à un format entre 80 et 100 km ce n’est pas une surprise pour ce qui est de la distance. Il va falloir encore plus savoir gérer la chaleur, je n’ai pas l’habitude de courir qu’en buvant de l’eau à la place des boissons isotoniques, il va falloir que j’augmente les rations glucidiques avec des gels ou des barres et puis tenir un pied devant l’autre. Quand cela ne va pas, ne pas hésiter à freiner et puis voilà l’arrivée sera au bout. Je n’ai pas prévu de m’arrêter pour dormir sauf pépin physique. »

 

Valérie garde le moral grâce à la bonne ambiance dans sa tente : « Je suis un peu fatiguée, je pense que le soleil nous fatigue davantage, en plus personnellement je suis malade, j’ai mal au ventre depuis que je suis là mais je ne suis pas la seule. Tous les abandons m’ont aussi un peu abattu psychologiquement. Heureusement dans notre tente (la no 43) nous sommes avec le sourire encore au complet tous les 8 (6 filles et 2 garçons), cela aide beaucoup. Nous verrons si nous déciderons de dormir au milieu de l’étape, on partira ensemble avec Fabienne, Sophie, Christine, Lucie, Valérie, Marcel, Guy et on avisera en cours d’étape.

 

Défi dans le défi, Alain Cayeux a choisi de faire le Marathon des Sables en tongs : « Je prends beaucoup de plaisir en tongs pieds nus, je me blesse moins, j’ai moins d’ampoules, de problèmes d’ongles. C’est un vrai sentiment de liberté, les dunes pieds nus c’est magique avec mes tongs achetées au Brésil, je m’en sors plutôt bien, pourvu que cela dure. Le sable très chaud brûle un peu mais j’utilise une bonne partie de mon eau pour arroser et refroidir mes pieds. Pour le reste du corps pas de grave blessure, je suis plutôt en forme et j’ai le moral. Je n’ai jamais fait plus de 50-60 km de suite en tongs. J’ai déjà traversé les Pyrénées, des déserts au Brésil en tongs. L’étape longue sous cette chaleur sera un vrai défi. Sinon l’ambiance est magique, tous les jours c’est un rêve avec les levers et couchers de soleil. C’est à faire au moins une fois dans sa vie. »

 

De nombreux concurrents ont terminé dans la nuit parmi eux Sébastien : « Cela s’est plutôt bien passé, j’étais bien jusqu’au CP 3 en suite j’ai commencé à avoir de bonnes petites ampoules. Ensuite s’en est suivi un bon coup de mou au CP 5, j’ai fait une petite sieste de 20 minutes, je suis reparti avec mes pieds qui n’étaient pas au top mais j’ai géré jusqu’au bout, bonne surprise j’ai remonté des concurrents. L’étape de jour et de nuit c’est une expérience énorme avec des paysages sublimes. Le djebel de nuit c’était compliqué pas sur la montée mais sur la descente, avec mes pieds difficile de courir normalement. Comme beaucoup j’ai été rattrapé par les concurrents de la seconde vague (50 premiers au classement général) partis une heure et demi après nous, c’est impressionnant de voir à quelle allure ils allaient, la différence de rythme avec nous. »

 

DJEBEL OK
À l’assaut du djebel El Otfal de nuit et de jour – Crédit photo : CIMBALY_MDS2021

 

Lors de cette étape une nouvelle fois les frères El Morabity ont dominé les débats. Rachid a bouclé l’affaire en 8h46’16 devant Mohammed en 9h00’25. Mérile Robert vaillant termine 3ème à un peu moins d’une heure. Difficile étape pour l’autre Français Mathieu Blanchard (Team Koh Lanta) qui formait jusqu’à présent un beau duo avec Mérile Robert mais qui cette fois en raison d’un problème intestinal est arrivé avec près de 3h30 de retard sur le vainqueur.

Au classement général, Rachid El Morabity toujours leader précède son frère Mohammed de seulement 15’51, belle opération pour Mérile Robert qui remonte à la 3ème place à 1h16’40 du leader avec plus d’une heure d’avance sur son poursuivant direct Aziz Yachou. Mathieu Blanchard est désormais 7ème à 3h45.   

Chez les dames, la Marocaine Aziza Raji a vraisemblablement assuré la victoire finale en s’adjugeant l’étape en 12h22’36 avec plus de 2h d’avance sur la Française Séverine Cailliez. La Japonaise Tomomi Bitoh termine 3ème à près de 3h.   

En tête du classement général, Aziza Raji compte 4h16’09 d’avance sur la Française Aicha Omrani qui a perdu 3h30 sur Aziza Raji et désormais au général sous la menace de Tomomi Bitoh à 10 minutes derrière.  

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