Les Sables Express 2021 – Épisode 2 : Après la forte chaleur, les grandes dunes

Le 35ème Marathon des Sables s'est élancé ce dimanche 3 octobre. Comme il y'a deux ans, lors de la précédente édition nous avons choisi de vous faire vivre les coulisses de cette belle aventure dans le désert Marocain.
Place ce lundi à la 2ème étape avec 32,5 km au programme et les redoutées dunes de Merzouga.

Crédit photo : CIMBALY_MDS2021@ESAMPERS
Crédit photo : CIMBALY_MDS2021@ESAMPERS

Malgré la nuit bienvenue pour récupérer, les visages étaient fatigués ce lundi matin. La 1ère étape très éprouvante en raison de la forte chaleur a laissé des traces. 39 concurrents ont abandonné d’entrée et d’une manière générale bon nombre de participants ont sollicité le service médical.

Aujourd’hui avant de s’élancer pour la suite de l’aventure et de remettre pour certains avec difficulté le sac à dos, la prudence est de mise avec d’ores et déjà la décision de rajouter des bouteilles d’eau à chaque point de ravitaillement.

Avant le départ, Sandrine Nail Billaud reste sereine malgré quelques interrogations : « La nuit s’est plutôt bien passée même si cette nouvelle journée est angoissante pour moi avec au programme des dunes sur 13 km et des points de ravitaillements espacés de 13 km aussi. La chaleur je vais la gérer comme hier avec un peu d’eau sur la casquette, des gorgées régulièrement. Mais là c’est plus le sable qui m’inquiète, c’est un peu ludique au départ pour la gestion des appuis mais il ne faut pas que cela dure trop longtemps. »

 

Christian Ginter (67 ans), recordman du nombre de Marathon des sables sans abandon a souffert hier pour le début de sa 33ème participation : « Hier cela c’est très mal passé, je me suis arrêté 4 fois un quart d’heure, je n’ai jamais vu autant de casse sur une 1ère étape certainement en raison de la chaleur. Je vais y aller doucement, il y en a 2 dans notre tente qui ne repartent pas ce matin, c’est compliqué. Les dunes de Merzouga qui nous attendent aujourd’hui je les connais, elles sont dures il faut aller tout doucement, c’est long elles font 13 km au rythme de 3 km/h on en a pour 3-4 heures. La température c’est l’une des plus chaudes que je n’ai jamais connu, il faut garder l’eau le plus longtemps possible et essayer de s’arroser régulièrement. »

 

Eric vit son 1er Marathon des Sables avec déjà de bons souvenirs : « 1ère étape difficile comme pour tout le monde mais ce matin ça va l’ambiance est bonne. Tous ceux qui ont passé la journée d’hier ont l’impression d’être vraiment rentrés dans le vif du sujet. Au fur et à mesure je découvre des moments sympas, les petits feux le soir au bivouac avec des personnes qui chantaient hier soir, on s’est raconté notre journée et à imaginer celle d’aujourd’hui. »

 

32,5 km au menu de ce lundi avec les fameuses dunes de Merzouga de plus de 100 mètres de haut qu’il fallait aborder habilement et avec patience. L’étape plus difficile sur le papier s’est finalement mieux déroulée que prévue du moins pour la première moitié de ceux et celles qui sont arrivés. D’autres abandons se sont produits, certains et certaines ont renoncé avant les dunes.

 

Pour l’un des concurrents de Koh-Lanta, Mathieu Blanchard (5ème de l’étape en 3h12’49), il fut beaucoup question de stratégie : « Ce matin j’avais très peur à l’idée d’aborder la grosse traversée des dunes géantes, de véritables montagnes. Cela s’annonçait compliqué avec les 2 CP distants de 13 km avec ces dunes entre. Je suis ici en apprentissage, je découvre la course dans le désert, ma stratégie était de suivre les coureurs Marocains et d’observer leur façon de franchir ces dunes. Ils sont plus malins que nous, nous sommes pas les premiers Européens à y penser. Ils ont attendus derrière moi jusqu’à l’entrée des dunes que j’ai entamé en tête avec Mérile Robert. On a pris notre cap à la boussole, je me suis fait surprendre car il n’y a pas de balise plantée dans les dunes, avec le vent trop de sable les recouvrirait. On nous avait donné un cap à 156°, j’ai suivi avec ma boussole avec Mérile en essayant de zigzaguer. Vous comprenez assez vite qu’il faut rester sur les crêtes des dunes c’est là où le sable est le plus dur, il faut zigzaguer sur les crêtes et ne pas aller en ligne droite. En me retournant je me suis rendu compte que les Marocains étaient partis complètement sur ma droite avant de passer dans mon dos complètement à gauche. Au final sur un axe Ouest-Est, nous avons fait une ligne droite, eux ils ont fait un S géant. J’ai l’impression que les Européens ont été aujourd’hui meilleurs sur les caps que les Marocains à moins qu’ils aient essayé de nous troubler mais nous ne sommes pas tombés dans l’éventuel piège. On a atteint le CP 2 au 26ème kilomètre c’était très long, je manquais d’eau. Pour lutter contre la chaleur aujourd’hui j’ai changé de stratégie par rapport à hier, j’ai jeté l’une de mes gourdes pour mettre une bouteille d’eau en plastique dans l’une de mes poches. Je m’en servais pour me la vider sur la tête, le cou, j’ai rajouté une écharpe buff, une fois mouillée elle m’a permis de bien me rafraîchir, c’est l’une des astuces apprises avec les bénévoles hier au campement. »

 

Mérile Robert (4ème de l’étape en 3h12’36) qui a fait toute l’étape aux côtés de Mathieu Blanchard : « C’était un peu moins dur qu’hier au niveau de la chaleur qui était plus supportable, le vent était moins étouffant. C’était plus facile malgré les 13km de dunes. On a pu composer avec nos compétences sportives pour avancer. J’ai passé mon temps à marcher à partir du 1er CP jusqu’au 2ème, c’est compliqué de courir dans les dunes. Le but était de ne pas trop se cramer en vue des autres étapes, nous sommes qu’au début de l’aventure. Sinon les dunes sont magnifiques, il suffit de lever les yeux pour admirer le paysage et profiter de la chance que nous avons d’être ici. Pour m’orienter dans les dunes ? J’ai suivi le gars de devant (rires). Ayant fait le parcours il y a deux ans j’ai un peu repéré par où il fallait ressortir, grosso modo il fallait aller tout droit et puis tourner à gauche (rires). Il y avait différentes trajectoires de prises par les concurrents, il fallait choir sa stratégie, parfois vous êtes sur du sable plus dur puis tout de suite après vous vous enfoncez et vous perdez de l’énergie, vous montez vite en chaleur et vous devez le gérer. »

 

Séverine a passé une bonne journée, un beau lundi au soleil : « Je me suis régalé du début à la fin. Je suis partie beaucoup moins vite qu’hier qui fut une journée compliquée. J’avais eu du mal à terminer, j’avais fini dans la douleur. Aujourd’hui j’ai décidé d’être plus prudente sachant qu’il y avait les dunes. Le terrain était un peu plus varié, les dunes forment des bosses dans le désert, le parcours est moins monotone, j’ai eu l’impression que cela passait beaucoup plus vite. Sinon l’ambiance est top sur la course. »

 

Mohamed El Morabity vainqueur de l’étape devant son frère Rachid revient à 4’23 de ce dernier toujours leader au classement général. La 3ème place reste la propriété de leur compatriote Marocain Aziz Yachou à 10’41.

Mérile Robert, 1er Français et 4ème au général pointe à 15’01 juste devant Mathieu Blanchard 5ème à 16’11 de Rachid El Morabity

Chez les dames, la Marocaine Aziza Raji s’est adjugée la 2ème étape avec 3’50 d’avance sur sa compatriote Hassna Hamdouch, la Française Aicha Omrani termine 3ème à plus de 22 minutes.

Au classement général, Aziza Raji conforte sa place aux commandes. Aicha Omrani à 33’15 préserve provisoirement sa 2ème place devant Hassna Hamdouch à 35’30. 

 

 

Communiqué de l’organisation dans la soirée de lundi :

Cet après-midi à 17 h GMT, un participant français du 35e MARATHON DES SABLES a fait un malaise au cœur des dunes de Merzouga. L’homme, proche de la cinquantaine, qui avait rempli toutes les exigences médicales préalables à la course,  avait franchi la première étape avec succès, sans avoir recours au service médical. Après son malaise, il a été immédiatement secouru par deux autres concurrents médecins, qui ont déclenché le bouton SOS de sa balise et entamé le protocole de massage cardiaque. Le Directeur Médical de l’épreuve est arrivé sur les lieux dans les minutes suivantes en hélicoptère et a pris la succession des participants. Après quarante-cinq minutes de réanimation, l’équipe médicale a constaté le décès. C’est la troisième fois qu’un tel événement se produit sur le MARATHON DES SABLES en 35 éditions.

 

Patrick Bauer, Directeur de Course, a annoncé la nouvelle ce lundi soir aux participants au cœur du bivouac. Staff et concurrents sont extrêmement affectés. Patrick BAUER et toute la famille du MARATHON DES SABLES expriment leurs sincères condoléances à ses proches. Une cellule psychologique va être mise en place pour soutenir les personnes en exprimant le besoin.

Pour respecter toutes les personnes qui se sont investies dans cette aventure, le staff a décidé de poursuivre la course. Une minute de silence sera observée avant le départ de la troisième étape. Poursuivre l’aventure sera également l’occasion de rendre hommage à ce frères des sables.

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