Les Sables Express 2021 – Épisode 1 : Gros coup de chaud d’entrée

Le 35ème Marathon des Sables s'est élancé ce dimanche 3 octobre. Comme il y'a deux ans, lors de la précédente édition nous avons choisi de vous faire vivre les coulisses de cette belle aventure dans le désert Marocain.
Aujourd'hui place à la 1ère étape longue de 32,2 km pour lancer chaudement les festivités.

C'est parti pour le 35è Marathon des Sables - Crédit photo : CIMBALY_MDS2021@ESAMPERS

Nuit agitée avant le grand départ pour les 672 participants, la faute à un fort vent qui s’est levé dans le désert Marocain.

Autre facteur météorologique de grande importance, la chaleur. Il fait plus chaud que les années précédentes avec 38 degrés dans l’après-midi ces derniers jours et encore ce dimanche (le Marathon des Sables qui se déroulait d’habitude en avril a été reprogrammé en octobre en raison des contraintes sanitaires liées à la COVID-19).

L’explication attendue cette année a commencé avec entre autre le Marocain Rachid El Morabity (7 fois vainqueur du Marathon des Sables) et son frère Mohamed mais aussi notamment côté Français avec la présence de Mérile Robert qui avait réussi l’exploit de terminer 1er français et 3ème au classement général du Marathon des Sables en 2018 ou encore l’un des anciens candidats de Koh-Lanta en course cette année Mathieu Blanchard 3ème de l’UTMB en août dernier.

 

Mérile Robert (5ème de l’étape en 2h45) livre ses premières impressions : « Plutôt une bonne journée je suis parti assez frais, j’étais devant sur les 4-5 premiers kilomètres, je n’ai pas bien compris parce que d’habitude comme en 2019 les Marocains étaient partis avec un rythme très élevé, j’avais eu du mal à tenir. J’avais l’impression qu’ils étaient plutôt sur de l’observation, j’en ai profité pour rester seul un peu devant. Dès la 1ère montée, Mathieu Blanchard a imprimé un rythme un peu plus soutenu, j’ai marché dans la montée. Sur le plateau qui a suivi je suis revenu sur Mathieu, au final il n’est pas loin derrière je suis assez content de moi. Il y a du niveau cette année je vise TOP 10, TOP 15, les étapes suivantes sont encore longues avec une étape mystère de 80 km voire plus (rires). Sur la fin de l’étape aujourd’hui il faisait très chaud avec un dernier secteur de petites dunes alternées avec des oueds un peu sablonneux ce n’était pas simple pour garder l’allure, on a pris un petit rythme et on l’a geré ainsi. Quand j’ai aperçu la banderole d’arrivée, on devait être à 5 km du but cela faisait un peu loin mais l’entrain est revenu à l’approche de l’arrivée, on se dit que les bouteilles d’eau sont proches, que l’on va pouvoir se mettre sous la tente, se rafraîchir et récupérer en attendant mes copains de tente, je suis dans une tente super sympa, tout va bien. »

 

 

Pour l’un des concurrents de Koh-Lanta 2020, Dorian Louvet (18ème de l’étape en 3h41’13), qui s’était confié quelques jours avant le départ, cette 1ère étape s’est rapidement transformé en calvaire : « Je suis parti sur une allure plutôt raisonnable, j’étais facile, j’ai fait exprès d’en garder sous le pied en me disant que je pourrais tenir ce rythme jusqu’à l’arrivée. D’un coup juste avant le 2ème ravitaillement au niveau du km 20 j’ai eu un coup de chaud, un truc de fou je n’ai jamais vu cela. J’ai vu trouble je n’avais plus assez d’eau, j’ai vomi. Je suis arrivé au ravitaillement je me suis posé un peu, j’ai bu de l’eau, je me suis rafraichit, j’ai pris du sel et je suis reparti. C’est jamais passé je n’avais plus d’eau à partir du 25ème kilomètre j’ai eu des crampes, j’ai encore vomi, j’ai marché ce fut une galère. J’ai le dos en compote je suis en croix et nous sommes qu’au premier jour. L’objectif sera juste de terminer car c’est clairement beaucoup trop compliqué d’espérer mieux. Le coup de chaud, la déshydratation ne pardonne pas, voilà ce que c’est le manque d’expérience. Sincèrement mon allure n’était pas rapide, j’avais l’impression d’être en ballade totale. Il a suffit d’un coup de chaud pour mettre ma course en vrac. Les 10 derniers kilomètres furent une galère insoupçonnée.

DORIAN LOUVET @benjifre-18
Dorian Louvet – Crédit photo : @benjifre

 

Pour l’un des autres anciens concurrents de Koh-Lanta, Mathieu Blanchard (6ème de l’étape en 2h45’57), la gestion de course fut un peu moins laborieuse : « J’avais réussi à bien dormir lors des 2 premières nuits qui ont précédé le grand départ. J’étais frais physiquement et pas stressé avant cette 1ère étape. Dès le départ à 9h du matin la chaleur était déjà accablante, au bout de 5 kilomètres j’ai vu que cela allait être une journée difficile, une vraie traversée du désert selon la formule consacrée. Je m’attendais pas à une telle chaleur avec une sensation jamais ressentie, je n’étais pas haut au niveau de mon cardio, j’étais en gestion mais la chaleur me brûlait le corps, la tête, j’entendais mon coeur battre dans mon cerveau, je ne pouvais pas accélérer. J’ai maintenu mon tempo je suis resté longtemps avec les favoris Marocains très adaptés au terrain. On était ensembles au 1er ravitaillement avant de les laisser partir. Le but aujourd’hui était d’être en repérage, devoir mes sensations sur le terrain, j’ai observé comment ils traversaient les dunes. Mission accomplie je pense avoir terminé dans le TOP 10 peut-être à environ un quart d’heure d’eux. Mon objectif est d’arriver relativement frais avant l’étape longue de 80 km parce que tout peut se jouer là dans 3 jours. Je vais bien récupérer, je sais bien le faire, j’ai déjà fait des courses à étapes où l’aspect récupération est très important. Les feux sont au vert, je vais laisser mon corps se refroidir, bien m’hydrater et j’ai hâte d’être à demain matin. »

 

L’expérimentée Aïcha Omrani (3ème féminine de l’étape en 3h59’32) qui participe à 51 ans à son 2ème Marathon des Sables, 10 ans après sa première expérience, a elle aussi souffert de la chaleur : « Aujourd’hui les conditions étaient différentes, la chaleur n’est pas la même qu’au mois d’avril. Je ne savais pas à quel rythme partir. J’avais de bonnes sensations au début, j’étais la 1ere féminine jusqu’au 25ème kilomètre avant de me faire dépasser par la Marocaine Aziza Raji puis aussi par la Britannique Anna Brown à 2 kilomètres de l’arrivée. J’ai un peu souffert au niveau des pieds mais c’est surtout la chaleur et les petites dunettes un peu casse-pattes qui m’ont posé problème. Mais dans l’ensemble la 1ère journée s’est plutôt bien passée.

 

Cette 1ère étape fut d’une manière générale très dure pour les participants en raison de la chaleur, même les grands favoris comme Rachid El Morabity (7 fois vainqueur du Marathon des Sables) et Mohamed El Morabity sont rarement arrivés avec des visages aussi fatigués, à la limite du malaise presque sans un sourire à l’arrivée.

Rachid El Morabity (vainqueur de l’étape en 2h31’57) : « La 1ère étape est toujours difficile, le sac est encore lourd, la chaleur pesante, la concurrence présente mais avec mon expérience j’ai réussi à gagner la 1ère étape. J’ai du forcer, j’ai l’habitude de la chaleur au Maroc mais elle est plus forte qu’en 2019. »

 

La fraîcheur de la nuit devrait faire du bien à l’ensemble des concurrents et concurrentes de ce 35ème Marathon des Sables en attendant la 2ème étape ce lundi qui s’annonce encore chaude et pas que sur le plan sportif, vous l’avez compris !

Un grand merci à Elodie Bonnin directrice de l’agence BernasCOM et responsable des relations presse sur ce 35ème Marathon des Sables pour les précieuses infos.

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