trail/course à pied sans ligament croisé antérieur

Bonjour,

J’ai été victime d’une rupture du ligament croisé antérieur à la mi-février lors d’un match de foot. Après avoir passé une IRM et avoir reçu confirmation de la rupture, mon chirurgien ne souhaite pas m’opérer car mon genou ne présente aucun signe d’instabilité et il m’a prescrit des séances de kiné.

Selon lui, je pourrais courir normalement et rejouer au foot du fait que mon lca s’est mis en nourrice sur mon lcp…. Le hic.. c’est qu’étant militaire, j’ai été obligé de voir un médecin militaire pour ma reprise de service qui m’a alors tenu le discours contraire tout en me conseillant de me faire opérer…..

perso, je préfère ne pas me faire opérer mais pensez vous que les séances de kiné suffiront à re muscler ma jambe et protéger mon genou pour la pratique de la course à pied et du trail ????

merci d’avance

Une réponse à la question

  1. Bonjour,

    Les indications chirurgicales concernant les ruptures du ligament croisé antérieur du genou ont évolué depuis quelques années. Rupture du croisé d’un genou ne signifie plus obligatoirement la chirurgie de reconstruction. S’il n’existe pas de signes cliniques d’instabilité, les chirurgiens préfèrent actuellement attendre avant d’envisager une intervention relativement lourde imposant un arrêt de travail d’une durée le plus souvent supérieur à quatre semaines et une rééducation longue avant une reprise du sport à 6 mois.

    Chez les sportifs de loisirs pratiquant les sports dans l’axe, comme la course à pied, le trail, le cyclisme ou la natation par exemple, la conduite thérapeutique actuelle est donc basée, non plus sur la chirurgie systématique, mais sur une rééducation très codifiée avec renforcement musculaire en « chaine fermée » qui stabilisera le genou.

    Le « hic », comme vous l’écrivez très bien, est que cette méthode « fonctionnelle » (par opposé à chirurgicale) ne suffit pas et ne convient pas aux sportifs qui pratiquent les sports en pivot (football, tennis, ski, etc.) a fortiori s’ils sont sportifs de haut-niveau ou professionnels. La chirurgie reste le plus souvent une indication préférentielle dans cette population de sportifs. Vous avez sans doute en exemple le nom de certains footballeurs professionnels qui ont décidé ne pas se faire opérer et ont pris le risque de continuer à jouer. Mais dans ce cas, il est indispensable de s’entourer d’une équipe médicale et de préparateurs physiques très au fait des techniques de stabilisation d’un genou non opéré.

    Votre cas est particulier car vous pratiquez la course à pied, un excellent sport pour renforcer et rééduquer un genou en cas de rupture du ligament croisé, mais vous exercez un métier à risque pour les genoux, le métier de militaire. Bon nombre de professions « actives » sont dans le même cas, comme les pompiers, les infirmiers, les cultivateurs, certains artisans. Pour tous ces métiers, la discussion d’opérer doit se faire au cas par cas en évaluant les risques de retarder la chirurgie. Ces risques ne sont pas négligeables car les accidents d’instabilités et les entorses à répétition qui peuvent toujours survenir vont abîmer les ménisques et les cartilages du genou. De ce fait une arthrose très invalidante peut évoluer rapidement avec tous les degrés de handicap et de reclassement professionnel.

    En bref, vous concernant, je serai plutôt de l’avis de votre médecin militaire…

    Cordialement
    Dr Jacques Pruvost

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