Le cardiofréquencemètre est-il utile pour les pistards ?

Un indicateur de forme précieux

Souvent utilisé par les coureurs sur route, le cardiofréquencemètre est-il un accessoire indispensable pour les pistards ? Enquête d’Elodie Guegan, spécialiste du 800 m, auprès de professionnels de la course à pied.

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Personnellement pour préparer le 800 ou le 1 500 mètres, mes disciplines, je n’ai jamais travaillé avec un cardiofréquencemètre (CFM) car pour des efforts de courte durée mon entraîneur et moi-même ne voyons pas l’utilité. Sauf en reprise d’entraînement pour travailler et vérifier les allures.
En revanche, certains entraîneurs, préparateurs physiques et athlètes utilisent un CFM dans le cadre de leur préparation piste.

La fréquence cardiaque

Il est très utile de définir à quel rythme cardiaque effectuer son effort physique, notamment pour pratiquer son activité en toute sécurité. Avec le CFM, nous savons à quel moment notre organisme s’épuise et nous évitons d’être en sur régime. Cet indicateur nous permet également d’analyser notre évolution au fil des entraînements.

La fréquence cardiaque désigne le nombre de battements par minute nécessaire au cœur pour pomper le sang à travers tout l’organisme. Ce chiffre est un bon indicateur pour connaître sa forme cardio-vasculaire. Pas négligeable avant d’attaquer un travail d’endurance !

Le cardiofréquencemètre, un outil de précision

Afin de mesurer avec précision vos pulsations cardiaques, l’utilisation d’un cardiofréquencemètre peut être utile car il permet un enregistrement continu des réponses de votre cœur. Vous pouvez programmer les zones de rythme cardiaque (par exemple à 120 et 140 battements par minute, le CFM sonnera lorsque votre rythme cardiaque sera en dessous de 120 et au dessus de 140). Pour plus d’informations sur ce point, lisez l’article : qu’est-ce qu’une zone cible ?

Chaque jour en fonction de votre travail, de votre fatigue, de vos soucis…, votre humeur change et votre stress augmente. Ceci se traduit par des changements du rythme cardiaque. L’utilisation du CFM permet un travail adapté à vos capacités du moment qui peut varier de jour en jour comme le souligne cet entraîneur de demi-fond long et de cross : « Tous mes athlètes ont des métabolismes différents. J’utilise un cardiofréquencemètre pour qu’ils puissent observer leur évolution séance après séance. Pour un coureur qui s’entraîne seul c’est un excellent indicateur surtout pour un individu qui ne maîtrise pas encore ses allures de course. Un CFM vous permet de connaître les sensations en fonction des allures différentes mais attention à ne pas en devenir dépendant. Je n’utilise pas cet outil de travail systématiquement car un jour de fatigue le cœur bat plus vite et fausse les données, il faut aussi que l’athlète coure à l’instinct, sans regarder sa montre ou ses pulsations toutes les minutes ».

Le cardiofréquencemètre très peu utilisé par les pistards

Pour Nicolas Delpech, préparateur physique du steepleur Bouabdellah Tahri et de quelques marathoniens, l’utilisation du CFM pour les pistards n’est pas nécessaire : « Avec les spécialistes de la piste, je travaille essentiellement avec le vélo et le GPS. La notion de temps et de distance est un meilleur indicateur pour eux. L’inconvénient du CFM est qu’il perd en fiabilité selon l’humeur, le stress, l’émotion du sportif. La personne peut faire grimper sa fréquence cardiaque de 10 à 15 pulsations par minute, selon son état de fatigue ou de stress, ce qui perturbe les données de la séance. En revanche, je l’utilise pour analyser la récupération de l’athlète après son entraînement. Le coureur déclenche le CFM avant sa séance pour regarder sa moyenne de pulsations. A la fin de l’effort, pendant son footing de récupération, je lui demande de réenclencher le CFM pour voir s’il est revenu à sa moyenne de départ. S’il est bien au-dessus, cela me donne un indicateur sur son état de forme du moment ».

En résumé, les athlètes et les entraîneurs utilisent très peu le cardiofréquencemètre durant les séances d’entrainements, préférant des outils plus adaptés à la préparation des pistards (comme le GPS pour calculer le kilométrage, les allures…). En revanche le CFM sera utilisé comme repère pour détecter un état de faiblesse ou de fatigue chez le coureur en calculant avant et après la séance son rythme cardiaque. Libre à chacun de décider si le CFM est un plus, ou pas, pour son entraînement et sa progression.

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