Le pacing des vainqueurs de la Western States Endurance Run

La gestion de l’intensité de l’effort est un facteur primordial de la performance en trail. Mais qu'en est-il quand la course possède un profil particulier ? Explications avec l'exemple de la Western States Endurance Run aux États-Unis.

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La Western States Endurance Run aux Etats-Unis est une course mythique de 161 km avec un profil très particulier. En effet, elle part de Squaw Valley (1 899 m) pour arriver à Auburn en Californie à 394 m d’altitude. Ce profil descendant en fait donc l’un des rares ultras à se gagner en moins de 15 heures. Autre particularité : la chaleur qui requiert une indispensable acclimatation pour pouvoir y performer.

Mais la WSER est également le théâtre de nombreuses recherches dirigées par le célèbre chercheur Marty Hoffman. En 2014, il a publié une étude (*) s’intéressant à la manière dont les meilleurs coureurs gèrent leur vitesse de course en fonction de la température et de leur expérience. Nous avons plusieurs fois ici évoqué le pacing, c’est-à-dire la gestion de l’intensité de l’effort, comme un facteur important de performance en trail.

30 ans de recherches

Marty Hoffman a divisé la course en 10 segments sur lesquels il a analysé la vitesse de course. Et il répète ce protocole depuis 1985 !

WSER

Les résultats sont les suivants :

– dans la première moitié de la course, les vitesses par segment sont proches entre ceux qui vont gagner et ceux qui mènent la course.

– dans la seconde moitié de la course, la vitesse des vainqueurs est significativement supérieure à celle des seconds.

– Le coefficient de variation de la vitesse des vainqueurs (plus ce coefficient est faible et plus la vitesse est régulière) est plus faible de 12% par rapport aux autres coureurs du top 5.

– Une analyse par régression multiple (méthode mathématique pour montrer l’importance des facteurs qui interviennent dans la performance) montre que le coefficient de variation de la vitesse des 5 premiers est bien corrélé à la température ambiante mais aussi à l’année de l’épreuve.

Explications et conclusions

Le trail running est caractérisé par de fortes variations d’intensité et de vitesse mais les meilleurs temps sont réalisés quand ces variations de vitesse sont minimes. La plupart du temps, la victoire revient à des coureurs qui sont restés proches de la tête pendant la première partie de la course avant de prendre la tête dans la seconde partie, en ralentissant un minimum. Les variations de vitesse augmentent avec les températures chaudes (départ rapide, arrivée lente). De même, la faible décroissance dans la variabilité de la vitesse au cours des années montre que les meilleurs coureurs parviennent à améliorer leur pacing et donc leur performance.

(*) : International Journal of Sports Physiology & Performance. Nov2014, Vol. 9 Issue 6, p1054-1056. 3p. 2 Charts, 1 Graph. Hoffman, Martin D.

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