Triathlon : Vincent Luis champion du monde, un titre historique arraché au bout de l’effort

François-Xavier de Chateaufort

Vincent Luis, 5ème de la Grande Finale World Triathlon Series (WTS) à Lausanne est devenu champion du monde pour la 1ère fois de sa carrière au terme d'une course haletante. Un authentique exploit pour le triathlète Français qui a du s'employer jusqu'au bout.

Vincent Luis champion du monde 2019 de triathlon (crédit: Fédération Française de triathlon)
Vincent Luis champion du monde 2019 de triathlon (crédit: Fédération Française de triathlon)

Vincent Luis était arrivé à Lausanne avec l’étiquette de favori et pour cause le triathlète Français était en tête du classement général WTS avant la Grande Finale avec une avance en points non négligeable sur les Espagnols Mario Mola, Javier Gomez et Fernando Alarza. Avant le départ, la donne était simple, une place dans le TOP 5 suffisait à Vincent Luis pour être sacré quelque soit le résultat de ses rivaux.

 

Sous le chaud soleil de Lausanne avec une eau à 23 degrés, le plongeon dans le Lac Léman lance les festivités pour les 68 triathlètes en lice. Le départ de Vincent Luis rapidement calé en 3ème position est idéal derrière notamment le Sud-Africain Henri Schoeman. A la sortie de l’eau dans le Port d’Ouchy, après 1500m de natation (2 boucles de 750m), Schoeman mène les débats juste devant le Russe Dmitry Polyanskiy. Vincent Luis est 4ème avec un beau tir groupé des autres Français présents Pierre Le Corre 7ème, Léo Bergère 16ème et Dorian Coninx 26ème à seulement 14 secondes du leader.

 

Sur le parcours à vélo (40km sur 7 boucles) assez roulant excepté deux bosses relativement pentues, la course commence à se décanter. Vincent Luis et Léo Bergère sont d’entrée dans le groupe de tête qui comprend une vingtaine de concurrents. Parmi eux les Espagnols Mola, Serrat Seoane et Alarza, 4 Australiens dont Birtwhistle Fisher et Royle, le Britannique Brownlee ou encore le Norvégien Stornes. Dans un petit groupe de chasse vite relégué à plus d’une minute, Pierre le Corre finira par abandonner. Derrière c’est plus compliqué pour Dorian Coninx.

L’Australien Ryan Fisher porte une attaque à 13km de la fin de la partie cyclisme avant d’être rapidement rejoint par un trio dont le Norvégien Kristian Blummenfelt. Derrière, les autres hommes forts du groupe de tête initial, suivent à distance en observateurs avant le regroupement .

 

A l’entame de la course à pied (10km en 4 boucles), tout reste à faire dans le groupe de tête qui commence à se disloquer. Le Norvégien Kristian Blummenfelt se porte seul aux commandes. 5 poursuivants dont Vincent Luis et Mario Mola suivent à quelques mètres. Plus loin derrière chacun essaye de suivre à son rythme. Blummenfelt maintient la cadence avec une dizaine de secondes d’avance sur Vincent Luis qui reste à la hauteur de Mario Mola, son partenaire d’entraînement mais aujourd’hui grand rival.

A un peu plus de 3 kilomètres de l’arrivée, Mario Mola distance Vincent Luis. Devant, Kristian Blummenfelt, en quête de sa 1ère victoire en WTS, poursuit solidement son cavalier seul et accentue son avance. Vincent Luis sous la menace de l’Espagnol Alarza et le Norvégien Iden est rattrapé puis dépassé. La tension est palpable, Vincent Luis est 5ème alors que Mola 2ème se lance à la poursuite de Blummenfelt irrésistible.

Mola ne reviendra pas, Kristian Blummenfelt l’emporte devant Mario Mola et son compatriote Fernando Alarza. Vincent Luis le visage marqué et qui tient sa 5ème place au bout de l’effort savoure les derniers mètres en brandissant le drapeau Français. Son rêve devient réalité, acclamé par les spectateurs venus en nombre, Vincent Luis devient à 30 ans champion du monde de triathlon pour la 1ère fois de sa carrière.

Il est le 2ème Français de l’histoire à décrocher le titre mondial, 19 ans après Olivier Marceau sacré à Perth (Australie) en 2000. Magistral, phénoménal et de très bon augure pour Vincent Luis à moins d’un an des Jeux Olympiques de Tokyo. Cet exploit majeur confirme la très bonne forme du triathlon Français avec également la belle 12ème place de Léo Bergère, ce samedi à Lausanne.

 

 

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