Nicolas Navarro : « Jamais je n’aurais pensé pouvoir viser les JO »

En terminant 16e du marathon de Valence (Espagne) ce dimanche en 2h12'39, le Français Nicolas Navarro (27 ans) a encore franchi un cap vers le très haut niveau. Deuxième Français au marathon de Paris en avril dernier, le coureur d'Aix-en-Provence se présente comme un candidat très crédible pour les JO de Tokyo sur les 42,195 km. Interview.

Nicolas Navarro lors du marathon de Paris 2018 (crédit photo Romain Donneux).
Nicolas Navarro lors du marathon de Paris 2018 (crédit photo Romain Donneux).

- Bonjour Nicolas, comment vous sentez-vous, quelques heures seulement après avoir battu votre record personnel de plus de 2′ sur marathon (ex-record 2h15’14) ?

« Je suis fatigué évidemment comme après chaque marathon même si aujourd’hui ça va à peu près. Mais moi c’est souvent le surlendemain où j’ai des courbatures. Mais j’avais fait pas mal de séances de renforcement pendant la préparation et je pense que ça aide vachement pour éviter de trop charger musculairement.

 

« On a eu des conditions parfaites »

 

- Comment s’est déroulé votre course ?

Ca s’est déroulé parfaitement. A la réunion technique la veille, on savait qu’il y aurait un lièvre qui allait partir dans les chronos que je visais. C’était prévu 1h06’15 au semi. On est passés en 1h06’20, donc c’était bien ! Après, ç’a vachement ralenti au 28e km quand le lièvre s’est écarté. Puis on a relancé à trois à partir du 32e. On s’est bien relayés sur la fin. J’ai encore bien géré ça. 

 

- Quel était votre objectif ?

Entre 2h13 et 2h14, ça m’allait déjà. Du coup, c’a été un peu plus rapide. Mais je ne me rends pas forcément compte de la résonance de cette performance. Je fais mon truc. Après, c’est vrai qu’on a eu des conditions parfaites hier.

 

- Selon vous, ce chrono est-il très optimisé ?

Je pense que ça peut aller encore un peu plus vite car on a ralenti quand le lièvre s’est écarté. Sur une course vraiment régulière, ça pourrait aller un peu plus vite. Après je ne vais pas me plaindre. Et ça laisse de la motivation pour aller chercher un gros chrono pour la suite.

 

« Je ne refuserai jamais une sélection »

 

- Il y a un an jour pour jour, vous aviez bouclé le même marathon en 2h17’56. Comment jugez-vous votre progression ?

Ce qui est drôle c’est que j’ai fini avec le même mec qu’il y a un an. Mais que ce soit pour Paris en avril dernier ou là pour Valence, j’ai quand même fait des grosses préparations. Forcément ça paie rapidement. Ce sont les deux vraies grosses préparations que j’ai fait depuis le début de ma carrière.

 

- Avec votre chrono sous les 2h13 vous devenez un candidat aux sélections pour les prochains Mondiaux voire les JO de Tokyo, même si les minima ne sont pas encore connus.

Si la Fédération m’appelle pour les Mondiaux de Doha (29 septembre au 6 octobre), j’irai évidemment ! Je ne refuserai jamais une sélection. Mais après ce n’est pas forcément l’objectif. Car aller sur un championnat du monde, à part se prendre une raclée, ça ne sert pas à grand-chose. Surtout dans des conditions particulières (course à minuit, chaleur). Je ne sais même pas si la Fédération va envoyer quelqu’un là-bas. Mais s’ils m’appellent dans tous les cas j’irai !  En ce qui concerne les JO, c’est le rêve de tout sportif. Jamais je n’aurais pensé pouvoir un jour me dire que je pourrais peut-être y aller. C’était 2h11 les minima pour Rio. Là, je suis à 1’40, c’était impensable il y a encore quelques mois. On verra ce qu’ils vont prévoir comme minima.

 

« Envie de faire un gros chrono sur semi »

 

- Quel va être votre programme pour les prochains mois ?

Je vais faire de la récupération sur le mois de décembre. Après, je n’ai pas encore défini mon programme mais je reprendrai sûrement sur la Prom’Classic (10 km à Nice). Ensuite, je voulais faire les cross mais je vais partir au Kenya en stage pendant un mois de la mi-février à la mi-mars. Et après, je vais essayer de trouver un gros semi à mon retour du Kenya.

 

- Avez-vous un prochain marathon en tête ?

Je ne pense pas faire de marathon en avril. Je vais attendre d’en savoir plus pour les Mondiaux et les minima pour les JO et, à partir de là, j’en ferai peut-être un en octobre prochain. Mais comme il y a les Championnats d’Europe à Paris en 2020 sur semi-marathon, j’ai envie de faire un gros chrono sur cette distance (record à 1h04’36). Ca sera sûrement à Prague en avril après mon stage.

- Lors de vos préparations, on a l’habitude de vous voir sur des courses moins huppées voire des trails, pour quelles raisons ?

C’est dans ces courses là  qu’on prend le plus de plaisir. Je me régale à chaque fois à aller sur des petites courses. C’est beaucoup plus compliqué d’aller sur des grandes courses internationales, pour en chier toute la course et finir 20e. Après pour Valence, j’ai quand même fait de plus grosses courses pour ma préparation. Et si je veux continuer à progresser, je suis forcé de le faire.

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