C’est un débat qui revient parfois entre athlètes. Un grand nombre s’abstiendront de toute activité sexuelle à l’approche de la compétition défendant le « tout effort la veille d’une compétition sera une perte d’énergie ». Beaucoup persistent à le penser sans pouvoir avancer le moindre argument véritablement convaincant. Petit tour de la question !

Crédit : nd3000
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Un cliché vieux comme César…

 

Les ébats sexuels avant une compétition sportive sont considérés comme responsables d’une baisse de la performance depuis les premiers Jeux Olympiques de la Grèce Antique. Il était alors préconisé de s’abstenir la veille d’une compétition pour s’assurer une parfaite union entre le corps et l’esprit. Il était défendu l‘idée que faire de grands sacrifices ne pouvait que mener à de grandes victoires.

Avec une petite touche scientifique c’est d’ailleurs toujours la même option qui est défendue par de nombreux coachs contemporains.

Mais cette fois-ci la thèse défendue sera que l’abstinence évitera que le taux de testostérone ne dégringole suite aux ébats et ainsi prendre le départ au top physiologiquement.

 

Et pourtant…

 

Qui baigne dans le très haut niveau saura pourtant que les top athlètes vivent comme tout le monde et savent profiter de la vie. Aux derniers Jeux Olympiques de Rio, le comité d’organisation a distribué près de 450 000 préservatifs au village Olympique. Premier constat et probablement le plus important, c’était là une formidable décision des organisateurs. Second constat, il semble qu’être champion et performant, n’empêche pas de prendre un peu de bon temps. Afin de faire les choses de façon rigoureuse nous allons quand même investiguer ce que nous dit la science sur le sujet.  Quelques équipes de recherche ont tenté de travailler sur le sujet, dans l’objectif de déterminer si l’activité sexuelle avant une compétition est véritablement susceptible de dégrader le niveau de performance.

La première et plus vielle étude a été ainsi réalisée dans les années soixante sur un groupe de 14 femmes âgées de 24 à 49 ans, chez lesquelles a été évaluée l’impact du sexe sur les qualités de force. Ces dernières furent ainsi testées à deux reprises : une première fois le lendemain matin d’une soirée durant laquelle elles avaient pratiqué, puis une seconde fois, six jours plus tard, en faisant ceinture les 24h précédant le test physique. Aucun effet ne fut constaté ! Leurs performances apparaissant comme semblables dans les deux conditions !

En 1995, une équipe du Minnesota affina ces résultats avec un groupe de jeunes hommes, cette fois-ci par l’intermédiaire d’un test d’endurance en vélo. Là-encore, aucune différence claire ne fut constatée, qu’ils aient eu un rapport sexuel 12 heures plus tôt ou non. Ces chercheurs constatèrent cependant qu’un effet négatif sur la performance était mesuré lorsque ce délai était réduit à 2 heures avant le test. Notons toutefois qu’il reste plus probable d’avoir la tête à autre chose qu’à un moment de plaisir lorsque l’on se trouve dans les derniers préparatifs à notre compétition objectif …

En clair, on retiendra que le sexe ne semble pas problématique d’un point de vue physique et physiologique lorsqu’il est pratiqué la veille d’une course. Ce résultat s’avère d’ailleurs d’autant plus logique que la dépense énergétique (et la fatigue) qu’il engendre, reste bel et bien dérisoire (de l’ordre d’une cinquantaine de calories, soit à peine 5 petites minutes de footing).

 

Un anti-stress qui a fait ses preuves !

 

Si l’impact du sexe sur le plan physiologique semble très peu susceptible d’infléchir la performance sportive, certains spécialistes y voient même un intérêt potentiel sur le plan psychologique. Et oui ! Toujours la tête et les jambes, la combinaison trop souvent oubliée de la performance. Prendre du bon temps avec son/sa compagnon/compagne pourrait en effet constituer un moyen simple et efficace de se relaxer et d’évacuer le stress lié à l’évènement à venir.

Lorsque l’on sait que la nuit précédant une course est souvent perturbée par un trop-plein d’émotions et de stress chez nombreux compétiteurs, l’activité sexuelle pourrait finalement constituer une activité recommandée pour trouver plus facilement le sommeil et ainsi prendre le départ dans un meilleur état de fraîcheur le lendemain.

 

Avec modération…

 

Au final, il ressort que le sexe s’il est relativement éloigné de la compétition aura très peu de chance d’avoir un effet négatif sur les plans physique et physiologique. Mais, qu’au contraire il pourra être un bon moyen de lâcher prise et d’être plus relâché mentalement dans un contexte de stress et d’anxiété. C’est en fait lorsqu’il est associé à un contexte plus festif impliquant la consommation d’alcool, de tabac ou à l’accumulation d’une dette de sommeil que le sexe est à bannir d’une veille de course. Somme toute assez logique !

Le sexe n’est donc pas, en soi, problématique pour la performance sportive la veille d’une compétition. Il suffit simplement de savoir le consommer avec modération. Pour reprendre l’expression du grand Haile Gebrselassie : « Oui au sexe avant un marathon. Mais pas un marathon sexuel ! »

 

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@AUBRYANAEL
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Anaël Aubry
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Anaël Aubry Sport Scientist

 

 

 

 

 

 

 

 

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