Courir sur tapis roulant, très peu pour moi … puis est venu le confinement

Depuis le début du confinement en France, le 17 mars à midi, notre façon de vivre a changé. Nos habitudes sportives par la même occasion également. Gaël Robin adepte de triathlon qui jusqu'à présent ne concevait pas l'entraînement de course à pied sur un tapis roulant en a finalement acheté un notamment pour son fils Jules âgé de 17 ans.

Gaël Robin et son fils Jules
Gaël Robin et son fils Jules

Lepape-info : Gaël, tout d’abord votre fils et vous êtes des sportifs assidus ?     

Gaël Robin : Mon fils et moi pratiquons du sport pas du tout avec la même optique et le même niveau. Jules est à un assez haut niveau en terme d’intensité, de performance (record personnel : 30’50 sur 10 km) et d’objectif. Il est licencié à Pierrefitte Multi-Athlon Villetaneuse (P.M.A 93). Il est en terminale et cet été il est censé partir aux Etats-Unis pour intégrer la faculté de droit et de science politique à Philadelphie qui est en 1ère division NCAA (championnat universitaire américain) et qui l’a déjà admis sur des critères sportifs. Il a besoin de s’entraîner pour s’améliorer et faire des performances mais aussi pour maintenir son niveau en vue de son arrivée à la fac. Moi, j’ai 47 ans ma pratique est plus du bien-être avec quelques compétitions de triathlon longue distance comme les Half Ironman.

 

 

Lepape-info : Avoir un tapis roulant pour courir chez vous c’était impensable avant le confinement ?

G.R : Nous nous sommes retrouvés confinés avec une même envie de faire du sport. La première semaine fut compliquée nous avions une divergence de vue au sujet de la pratique sportive lors du confinement. Je me voyais mal courir dehors comme si de rien n’était alors que j’ai des amis médecins, réanimateurs qui travaillent jour et nuit pour sauver des vies, que la situation a basculé pour beaucoup de gens au niveau sanitaire et économique. Jules n’est pas idiot, il est conscient de ce qui se passe mais je le voyais tiraillé entre les restrictions et le fait de maintenir son niveau de performance alors qu’il s’était notamment très bien préparé pour les Championnats de France de cross annulés et qu’il doit conserver ce niveau avant d’intégrer sa fac. Il a fait un ou deux footings autour de la maison mais je sentais que cela ne pouvait pas durer ainsi. Il a arrêté de courir et puis au bout d’une semaine nous avons décidé avec mon épouse d’acheter un tapis roulant. Sans cette situation je n’aurais pas acheté de tapis, d’ailleurs après le confinement le tapis va ressortir ! (rires). J’ai l’un de mes amis qui est président d’un club de boxe à Courbevoie (Hauts-de-Seine) qui est intéressé de le reprendre pour sa salle de boxe si jamais je n’arrive pas à le revendre facilement.

 

« Le tapis est une bonne alternative mais cela ne remplacera jamais une séance dehors. Cela peut servir d’appoint quand je suis en préparation marathon et que l’hiver il ne fait pas beau. »

 

Lepape-info : Votre fils a retrouvé sa dynamique du coup avec ce tapis roulant ? 

G.R : Oui il pratique tous les jours, il est content, il fait de bonnes séances sur son tapis. Il respecte le confinement de manière très stricte et de continuer à s’entretenir. Et puis moi du coup je l’utilise aussi, je découvre. Au début du confinement j’avais commencé à courir dans ma cage d’escalier qui est assez large et avec un tapis posé dessus. Je faisais 30 minutes de montées et de descentes en courant mais cela m’a fracassé les mollets. Cela m’était déjà arrivé de courir sur tapis mais rarement, mon fils aussi, je fais du home trainer pour mon entrainement vélo mais nous ne sommes pas des adeptes de la salle et clairement on aime bien courir dehors, partager ces moments entre amis, une dimension que vous n’avez pas avec le tapis chez vous. En temps normal, je n’intégrais jamais de mon plein gré de séance sur tapis dans ma préparation.

 

Lepape-info : Jules, quelles sont les premières impressions sur ce tapis ? 

J.R : C’est une bonne alternative, je ne vois pas de grand changement même si c’est moins sympa au niveau du paysage. Pour les séances en vue de la performance c’est très bien, j’avais déjà couru sur tapis à l’INSEP, c’est un très bon outil pour gérer ses allures et faire les entraînements que l’on cible. Depuis deux semaines j’avais un peu enlevé la course à pied de mon activité, je faisais du gainage, du yoga. Et là du coup mon coach m’a renvoyé des plans d’entraînement. Cela remet un équilibre dans l’activité que j’avais avant le confinement. D’un coup je suis passé de 10 entraînements par semaine (tous confondus entre la course, la musculation et le yoga) à plus rien, c’était très dur mais on a su s’adapter. Avec le tapis j’ai retrouvé des semaines normales en plus je ne dérange pas grand monde parce que nous habitons dans un immeuble où il y’a beaucoup de bureaux et donc en ce moment assez vide. J’aime bien être dehors pour courir mais je trouve que courir sur un tapis c’est assez doux.

 

Lepape-info : Gaël, c’est forcément différent qu’en extérieur ? 

G.R : Je trouve que les sensations sont plus dures sur tapis, c’est un peu comme avec le home trainer où c’est plus dur que de rouler sur la route. Le tapis que l’on a acheté est tout de même assez confortable au niveau des appuis, cela faisait 3 semaines que je n’avais pas couru, j’ai fait 12-13 km à 13 km/h de moyenne sans problème et je n’étais pas plus fatigué que dehors. Le soucis c’est la monotonie, il faut écouter de la musique ou regarder un film parce que c’est vrai qu’au bout d’un moment c’est un peu saoulant de regarder la porte d’entrée. Finalement le tapis amorti un peu, le lendemain j’avais même pas mal aux jambes. Je suis agréablement surpris. Le tapis est une bonne alternative mais cela ne remplacera jamais une séance dehors. Cela peut servir d’appoint quand je suis en préparation marathon et que l’hiver il ne fait pas beau et que vous avez qu’une envie c’est de rester chez vous.

 

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