Après des semaines d'interrogations, d'incompréhensions et de déni, les européens doivent faire face à un virus inconnu qu'aucun humain n'avait jamais rencontré sur la planète. Ce virus issu de la grande famille des coronavirus a été répertorié sous le nom de Covid-19 par les spécialistes des maladies infectieuses. Les sportifs, quel que soit leur niveau de pratique, vivent très mal la suspension ou le report des compétitions et encore plus le confinement. L'objectif de cet article est de présenter aux sportifs des arguments fiables au plan médical et scientifique et qu'ils adhèrent aux mesures de santé publique mises en place pour les protéger.

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Que sait-on sur la contagiosité du coronavirus ? 

Qu’il est très contagieux.

Les premiers cas cliniques sont apparus fin décembre 2019 dans la ville de Wuhan en Chine. Puis le gouvernement chinois a mis en quarantaine la ville de Wuhan et la province de Hubei, soit 57 millions de personnes, à partir du 23 janvier 2020. En Europe, l’Italie a été le premier pays touché et le confinement y est obligatoire depuis le 9 mars. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) déclare le 12 mars que la flambée de Covid-19 constitue une pandémie.

En France, le Président Macron est intervenu le lundi 16 mars pour expliquer aux français que le  confinement était la mesure indispensable pour freiner la propagation du virus.

 

Que sait-on sur la dangerosité du coronavirus ? 

Qu’il est plus dangereux qu’une grippe saisonnière habituelle.

Pour les Chinois, qui peuvent actuellement s’enorgueillir d’être en passe de gagner leur guerre sanitaire, les personnes atteintes de la maladie sont classées en deux populations, les formes sévères (environ 15% des malades) et les formes mineures (environ 85 % des malades).

Les complications se situent essentiellement au niveau respiratoire et viennent des atteintes pulmonaires qui sont caractéristiques de ce syndrome respiratoire aigu sévère à coronavirus 2 (SARS-CoV-2). 

 

Quelles sont les personnes qui transmettent le Covid-19 ? 

Comme dans toutes les maladies infectieuses, nous devons sérier deux types de populations : les sujets porteurs et les non porteurs. 

Les sujets non porteurs du virus ont pu être en contact avec des sujets infectés, mais ne présentant pas d’infection, ils ne sont pas à risque de transmettre le virus.
Parmi les sujets porteurs, tous à risque de transmettre le virus, trois sous-groupes peuvent être identifiés ; 

  • Les sujets victimes de formes graves souffrant d’une détresse respiratoire aigüe
  • les sujets atteints d’une forme mineure ou « pauci-symptomatique » présentant un syndrome grippal et/ou un essoufflement 
  • Les « porteurs sains » correspondant aux sujets infectés par le virus mais qui ne présentent pas de symptômes. 

Dans la pandémie actuelle, les deux derniers groupes sont les plus à risque de transmettre le virus et de rendre possible la propagation rapide de la maladie. Ceci de par leur proportion majoritaire (plus de 80% des sujets infectés) et par la méconnaissance de leur contagiosité pour les cas asymptomatiques. Ces sujets réservoirs sont en grande majorité les sujets entre 18 et 30 ans. La durée de portage et donc de contagiosité est de 20 jours environ. 

 

Quelles sont les personnes à risques de développer une forme sévère ?

Initialement, les sujets considérés comme « à risque » de développer un tableau clinique grave étaient les personnes âgées de plus de 60-70 ans car souvent atteintes de maladies chroniques (maladies respiratoires, maladies cardio-vasculaires, maladies neurologiques, diabète) équivalent à des facteurs de fragilité. 

Il faut mentionner que les personnes asthmatiques sont également des sujets à risque, ceci quel que soit leur âge.

A présent, le nombre de cas graves chez des sujets jeunes (à partir de 30 ans) et sans aucun antécédent médical notable augmente dans les services de réanimation ou en soins intensifs en France et en Europe. Les atteintes graves chez les moins de 15 ans restent, à ce jour, exceptionnelles.

 

Infection par le coronavirus et séquelles pulmonaires, que savons-nous ?

En Chine puis en France, des scanners thoraciques ont été réalisés chez les patients infectés par le coronavirus. Des anomalies sont retrouvées au scanner chez 90 % des sujets infectés, cependant l’importance de ces atteintes est corrélée à la gravité de l’infection.

Concernant l’évolution des lésions scannographiques après infection par le coronavirus seulement une étude a été réalisée en Chine (Janvier à Février 2020) à ce jour. Les résultats laisseraient supposer une régression, après un mois, des images pulmonaires anormales visibles au scanner. 

Néanmoins, le risque de présenter des séquelles respiratoires reste envisageable. Il faut savoir que ces infections pulmonaires, à type de pneumopathie interstitielle, sont à risque d’évoluer vers un tissu cicatriciel (fibrose pulmonaire) pouvant être à l’origine d’une limitation ventilatoire. 

 

Dans quelles populations peut-on situer les sportifs ?

Les sportifs intensifs, de haut-niveau ou professionnels sont jeunes (moins de 35-40 ans) et en très bonne santé. Le risque de développer une forme grave est rare mais ne peut être négligé.

Mais rappelons que pour tous les sportifs, quel que soit leur niveau de pratique, le risque de développer une forme mineure est important notamment pour ceux qui pratiquent les sports collectifs. Depuis quelques jours, des stars du basket-ball, du football ou du volley-ball annoncent leur positivité au Covid-19 et leur confinement strict. Nous leur souhaitons un rétablissement rapide et sans séquelles. Leurs témoignages seront très intéressants à plusieurs titres.
Par prudence, quel que soit leur âge et leur niveau de pratique, les sportifs ne devraient pas se surestimer et se considérer comme différents de la population des non-sportifs au plan des risques sanitaires. Car si le sportif présente des ressources mentales différentes, son système immunitaire reste le même que celui de la population non sportive.

 

En conclusion, les conseils des médecins du sport :

Devant le risque d’être infecté quel que soit son âge et de transmette le virus a des personnes fragiles, il est nécessaire de : 

 

  • Rester confiner et de limiter ses déplacements au maximum,
  • Faire une activité physique indoor pour entretenir ses capacités physiologiques cardio-respiratoires et musculaires.
  • Se faire dépister et traiter en cas de symptômes évocateur d’infection par le coronavirus. 

 

Devant le risque de séquelles pulmonaires et respiratoires pour toute infection par le coronavirus, il est très recommandé de ne pratiquer aucun sport pendant au moins 15 jours en cas de survenue des symptômes suivants : fièvre, gêne respiratoire, toux, courbatures, douleurs articulaires, diarrhée, maux de tête inhabituels.

 

Dr Jacques Pruvost. Médecine et traumatologie du sport. Marseille 

Dr Anne-Lise Desjacques. Médecin spécialisée dans les maladies infectieuses. Marseille 

 

Sources :

 

  • Laure P, Dine G. « Suivi biologique du sportif ». Elsevier Masson. 2018
  • Fei Zhou, (2020), Clinical course and risk factors for mortality of adult inpatients with COVID-19 in Wuhan, China: a retrospective cohort study, The Lancet
  • Gautret and al. (2020) Hydroxychloroquine and azithromycin as a treatment of  COVID19: results of an openlabel non randomized clinical trial. International Journal of  Antimicrobial Agents – In Press 17 March 2020 – DOI : 10.1016/j.ijantimicag.2020.105949 
  • Lederlin M. Revel MP. (2020) « Bulletin de veille CRF, édition spécial COVID-19 ». SFR. 2020
  • Dawel Wang, (2020) « Clinical characteristics of patients with 2019 Novel Coronavirus infected -pneumonia in Wuhan,China », JAMA, . doi:10.1001/jama.2020.1585
  • Tao Ai MD, (2020) Correlation of chest CT and RT-PCR testing in Coronavirus Disease 2019 (COVID-19) in China: A Report of 1014 Cases. Radiology. 
  • Yuhui Wnag.(2020) Temporal Changes of CT Findings in 90 Patients with COVID-19 Pneumonia: A Longitudinal Study. Radiology.  

 

A. Bonaccorsi. (2003) Acute interstitial pneumonia: report of a series. Eur Respir J. DOI: 10.1183/09031936.03.0029700

4 réaction à cet article

  1. Savez vous si le virus s attrape lorsque nous sortons seule en campagne

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    • Aucun risque en campagne ou en montagne ou sur la plage si vous êtes seule.
      Mais je vous rappelle que, à ce jour, il n’est pas permis de s’éloigner de plus d’un kilomètre de son domicile.

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  2. cette mise au point était nécessaire, merci

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  3. Bjr,
    Est il possible d’échanger avec un docteur svp concernant une blessure « chronique » merci

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