Douleurs cervicales du cycliste : origines, traitements et prévention

De nombreux cyclistes se plaignent de douleurs cervicales lors de leur pratique. Jean-Claude Gardiol, médecin du sport et expert lepape-info se penche sur les origines et les traitements possibles de cette gène.

vélo en ville

1 – Bref rappel anatomique

Le RACHIS ou COLONNE VERTEBRALE : squelette axial, mobile du corps, est constitué de différentes parties (de haut en bas) : rachis cervical, dorsal, lombaire, sacrum, coccyx. De profil (plan sagittal) des courbures de sens opposé (lordose-cyphose) vont permettre d’amortir les pressions. Les vertèbres (os) sont séparées par des amortisseurs (disques intervertébraux) et des articulations situées en arrière (au rachis cervical : uncus). Tout autour, des muscles de différentes formes (longitudinaux, transverses, obliques) vont assurer la stabilité et la mobilité des différents segments, ainsi que de grands ligaments longitudinaux.

Au niveau cervical, un canal central (canal rachidien) contient la moelle épinière, structure noble qui commande les mouvements du corps et latéralement, de façon symétrique, cheminent  les artères vertébrales qui approvisionnent la partie postérieure du cerveau en sang artériel. Ces deux éléments expliquent la gravité potentielle des traumatismes cervicaux (tétraplégie : déficit moteur des quatre membres, troubles neurologiques divers).

2 – Le rachis cervical

Il est courbé en avant (lordose) et les deux premières vertèbres, Atlas et Axis, sont spécialisées dans le port est la mobilisation de la tête (hochement de tête, mouvements de rotation). L’ensemble des vertèbres cervicales assument le port de la tête (environ 3 à 4 kg, dont le cerveau : 1,5 kg)
Cette structure vertébrale va, du fait des pressions qui s’exercent sur elle, voir ses amortisseurs (plateaux vertébraux, disques et articulations) dégénérer (arthrose). On parlera de « cervicarthrose », « uncarthrose », « discopathies », «hernie discale », « protrusion discale », etc…. Elle pourra, lors de traumatismes en flexion-extension être le siège d’une entorse vertébrale (accident de voiture-« coup du lapin ») ou encore le siège d’une fracture vertébrale.

3 – La pathologie cervicale

  • De tous types : Cervicalgies, torticolis, névralgie cervico-brachiale, canal cervical étroit ou rétréci, pathologie inflammatoire (Polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante, …) pathologie tumorale, pathologie infectieuse (spondylite, spondylodiscite), etc…
  • Dans la pratique du cyclisme, la position des mains sur le guidon et la nécessité de redresser la tête pour regarder la route vont générer des phénomènes douloureux musculaires à type contractures assez diffuses qui vont se traduire par une sensation de raideur douloureuse qui touchera les cervicales, les épaules et une grande partie du dos. S’associeront parfois des sensations de fourmillements ou d’engourdissements d’un ou plusieurs doigts de la main.
  • Da survenue de ces éléments désagréables sera favorisée par un mauvais état des structures cervicales (amortisseurs) et une éventuelle inversion de courbure,

Le traitement médical consistera à utiliser des traitements symptomatiques pour les douleurs (anti-inflammatoires, antalgiques, décontracturants musculaires), à s’aider de séances de massages décontracturants très doux destinés à assouplir les fibres musculaires et à mobiliser les articulations « grippées ». Aucun geste manipulatif par quelque thérapeute que ce soit ne doit être effectué sans au moins un bilan radiographique complété par la réalisation d’un scanner, voire d’une IRM ou d’autre examen, exploration des artères des troncs supra-aortiques, en cas de doute sur une pathologie vertébrale évolutive.
Le port d’un collier de maintien cervical, d’un foulard ou de tout élément pouvant soutenir le cou et apporter de la chaleur ne peut être que bénéfique.

En ce qui concerne la pratique cycliste, le point crucial va être le guidon. Dans certains cas, la non-efficacité des conseils et traitements énumérés plus haut, conduira le pratiquant à adopter un guidon « plat » pour réduire ou supprimer les douleurs et la gêne éprouvée.

En préventif, vous pouvez effectuer des mouvements doux et très lents de la tête, consistant, en position assise, dos droit, à incliner la tête dans les différents plans de l’espace : flexion antérieure, extension, inclinaison latérale, rotation (inclinaison latérale et rotation effectuée avec une traction vers le bras du membre supérieur opposé : rotation droite ou inclinaison latérale droite-membre supérieur gauche « tirant » vers le bas pour augmenter la détente des fibres musculaires et inversement), et en circumduction (mouvement de rotation de la tête autour de l’axe cervical en partant du côté droit puis du côté gauche en épuisant les mouvements dans les différents plans de l’espace).
Des étirements plus globaux de tout l’axe rachidien, debout contre un mur en rentrant le menton et en étirant tout l’axe rachidien ou couché, seront très utiles combinés à des mouvements respiratoires et à un renforcement des abdominaux.

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