Déchirure adducteur de la cuisse, combien de temps pour la cicatrisation ?

Trail Cote d'Opale 2012bonjour,

Au 65ème km du Raid du Morbihan j’ai senti une douleur en haut et à l’intérieur de ma cuisse droite. Je me suis arrêté, c’est passé et au bout de 300m c’est revenu. J’ai ressayé 2-3 fois mais le résultat était le même. J’ai fini les 22km restants en marchant car là je n’avais pas mal.
J’ai eu mal 3-4 jours à la marche et selon mon médecin il s’agit d’une petite déchirure à l’adducteur.
J’avoue que je suis surpris car je pensais que c’était plutôt une blessure contractée sur des sports type football. Là le parcours était plat donc sans beaucoup de changement d’appuis.

Je précise que j’étais bien entraîné, que j’ai fait de nombreuses courses avant allant jusqu’à 50km et que je m’étais très bien hydraté. Du coup qu’est ce qui pourrait expliquer une telle blessure ? Quel est le temps de cicatrisation ?

J’aimerais comprendre pour que ça ne se reproduise pas.

D’avance merci de votre réponse.

la réponse de Dr Guillodo, médecin du sport

Vous avez raison, le diagnostic de déchirure des adducteurs n’est pas celui qui me vient en premier face au tableau clinique que vous décrivez.  La lésion musculaire des adducteurs est rare chez les coureurs à pied (vous avez encore raison) et survient, plus souvent, comme vous le signalez, chez les sportifs qui travaillent beaucoup en appui unipodal (football, karaté,…).

Malgré tout, le fait que vous ayez mal en courant et non en marchant, est en faveur d’une pathologie soit articulaire de la hanche soit périarticulaire  (autour de la hanche). Or les muscles adducteurs sont moteurs de la hanche (ils portent la cuisse en dedans et aident à l’élévation).

Il peut donc s’agir d’une inflammation aiguë de l’enthèse des adducteurs. En effet, il n’est pas rare de voir un début brutal (comme dans votre cas) des enthésopathies des adducteurs. C’est-à-dire une inflammation aiguë de la jonction entre l’os et les muscles adducteurs (mais il n’existe pas de déchirure du muscle). Dans ce cas, s’il est assez facile de faire le diagnostic, il est beaucoup plus difficile de dire quand la maladie finira. Je m’explique : il est possible que vous reproduisiez, de temps en temps, ces douleurs aiguës au niveau des adducteurs. Il faut privilégier pendant une vingtaine de jours la pratique du vélo et le travail d’étirement, de stretching des adducteurs de cuisse. Puis vous recommencerez progressivement à courir dans l’axe (pas de chemin côtier, pas de sous-bois), sur terrain plat.

L’autre possibilité de diagnostic est une douleur d’origine articulaire, à savoir la hanche. Il faut absolument éliminer une pathologie de ce type. Vous pouvez tout à fait débuter une arthropathie de hanche. Je vous conseille donc de passer une radiographie de la hanche pour éliminer un début d’arthrose sur cette articulation. L’autre possibilité intra articulaire est une lésion du bourrelet de la hanche. Cette maladie est rare chez les coureurs à pied et se voit plutôt chez les gens qui ont fait un traumatisme aigu, articulaire, de la hanche (sorte de grand écart forcé) et/ou chez des sportifs faisant des mouvements répétés, de grande amplitude articulaire,  sur cette hanche (gymnastes, danseuses,…). Dans cette hypothèse de diagnostic, l’arthroscanner de hanche est un très bon examen pour confirmer, ou pas, la lésion du bourrelet.

Une réponse à la question

  1. Bonjour
    La sélection des questions est envoyée à notre médecin le jeudi. De fait, il ne pourra répondre avant la semaine prochaine. Mais il ne manquera pas de vous répondre. Cordialement

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  2. Votre diagnostique me parait beaucoup plus cohérent que celui de mon médecin. Il y a une semaine je suis allé voir mon ostéo qui lui aussi a éliminé le diagnostique de la déchirure car je n’ai aucune douleur quand il me manipule. Il pensait plutôt à des crampes. Ce qui est sûr c’est qu’il trouve que je suis trop raide et il m’a donné un protocole d’étirements des adducteurs à suivre scrupuleusement. Depuis je suis allé recourir mardi 30′ sans soucis, de la piscine mercredi. Par contre samedi j’ai couru en sous bois un peu plus rapidement et au bout de 33 minutes la douleur a monté progressivement jusqu’à me forcer à l’arrêt ce qui aurait l’air de concorder avec votre diagnostique d’inflammation. Le lendemain au bout de 10 minutes de marche la douleur était là. Je vais suivre votre conseil de faire du vélo et de reprendre progressivement. Est ce que je peux nager le crawl ? Sinon je dois aller en montagne dans 4 semaines, est ce que je peux randonner ?

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    • Bien évidemment lorsque nous souffrons d’une douleur chronique d’effort, il faut reprendre tous les fondamentaux du sport, à savoir : s’échauffer, boire abondamment, pratiquer des étirements. Donc vous devez faire régulièrement tout cela et notamment de grandes séances d’étirement des adducteurs, après (et je dis bien après) votre pratique physique ou sportive.

      Donc sur ce point, nous sommes d’accord.

      Compte tenu de votre objectif (randonnée en montagne dans quatre semaines) il faut vous préparer. Je pense effectivement que le vélo est une excellente préparation, pour vous. Sans oublier de boire abondamment et de faire vos étirements, à la descente du vélo. Vous pouvez également faire du crawl mais il est toujours plus difficile de « prescrire la natation » car il existe une variation importante de technique, en fonction des personnes. J’ai l’habitude de dire : « montrez-moi comment vous nager et je vous dirai si c’est bon pour vous ».

      En conclusion, pour votre objectif, préparez-vous physiquement, uniquement, en faisant du vélo. Appliquez, systématiquement, de la glace sur vos adducteurs, le soir en fin de randonnée (lors de votre séjour en montagne). Faites de grandes séances d’étirement en milieu et en fin de randonnée. Buvez régulièrement pendant toute la journée. Et éventuellement, prenez pendant quelques jours un anti-inflammatoire pour ne pas gâcher ces vacances en montagne.

      Bon séjour !

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      • Merci pour vos bons conseils.

        Mon vélo est un VTT, ça ne pose pas de problème si je force un peu sur le braquet ?
        Je n’ai pas l’intention de me mettre en danseuse mais de travailler un peu en puissance pour faire travailler mes quadriceps.

        Pour la natation je vais me contenter de travailler avec les bras pour le cardio et je laisserais mes jambes au repos, pas la peine de prendre des risques.

        Sinon j’ai fait comme vous me l’avez dit et j’ai passé une radio de la hanche droite qui s’est révélée sans anomalie morphologique. L’écho n’a rien mis en valeur non plus donc je n’ai pas grand chose d’autre à faire que prendre mon mal en patience.

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        • Bonjour
          Pour le vélo, ne forcez pas trop, écoutez vous ! Votre corps saura vous dire si vous en faites trop ! L’essentiel est de continuer à vous entretenir, pas de progresser ! Il est préférable effectivement de ne pas faire de danseuse et surtout de protéger vos adducteurs. Donc si vous faites « un peu » de puissance, veillez à bien suivre les conseils du médecin Yannick Guillodo.
          Bon courage

  3. Bonjour et merci pour cet exposé fort intéressant et explicite pour les profanes que nous sommes.
    Je voulais vous soumettre le cas qui me préoccupe depuis quelques semaines, mais avant cela permettez que je fasse un état des lieux : J’ai 56 ans et depuis 3 ans j’ai repris le tennis, non sans mal, à un rythme de 1 à 2 séances par semaine. Jadis, j’étais très sportif, moniteur EPS à l’armée, avec un physique de sprinteur, épaules et cuisses fortement développées… J’étais coutumier des blessures musculaires, notamment aux ischios.
    Il y a de cela quelques semaines, j’ai ressenti en fin d’entrainement une violente douleur dans l’aine et comme j’ai été opéré d’une hernie inguinale congénitale à 30 ans, j’ai craint la récidive. D’après le toubib, il n’en est rien et son diagnostique s’est porté sur une pubalgie. Par ailleurs, la radiographie a révélé un début d’arthrose.
    Ce qu’il y a de surprenant dans cette lésion, c’est qu’elle ne m’handicape nullement au quotidien, à tel point que je rejoue chaque semaine et qu’il arrive que ça passe ou que ça casse, comme ce soir au bout d’une heure d’entrainement, après avoir reculé et smaché une balle haute.
    Comme à chaque fois, la douleur s’est faite sentir dans le haut et l’intérieur de la cuisse, près de l’aine. J’ai pensé au pectiné ou au psoas, sauf qu’il m’est impossible de localiser la douleur au toucher.
    Si cette lésion m’handicape sur le moment, au quotidien je ne la sens pas du tout, tout juste une gène dans l’aine qui me rappelle les mauvais souvenirs de mon hernie inguinale. Par contre, depuis la survenue du premier accident musculaire, je ressens une douleur chaque fois que je fléchis la hanche en levant la cuisse, par exemple en montant dans la baignoire. C’est une douleur intense au niveau du pli de la hanche, douleur que je peux aisément toucher du doigt, contrairement à la précédente.
    J’ignore à quoi ressemble une pubalgie, je n’en ai jamais eue, mais elle ne ressemble en rien au nombreux témoignages que j’ai pu lire sur le sujet.
    S’il s’agit d’une simple élongation, j’aimerais pouvoir l’étirer mais je n’ai pas trouvé comment.

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  4. Bonjour,

    Je suis dans une situation de pulbalgie (3 mois ) pour cause d un grand écart , échographie dis dechirure de 3mm guise gauche et l irm dis tendinite à la jonction des ligaments à gauche . Selon vous ,aurais pu ton voir une lésion du bourrlet de la hanche à l IRM ? Merci . Bien cordialement.

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