Course à pied : conseils pour reprendre après un claquage

Arret et course à pied

Arret et course à piedBonjour,

Je me suis claqué le mollet (important) voilà maintenant 3 semaines lors d’un match de hockey sur gazon. J’aimerais connaître les erreurs à ne pas commettre lors de la reprise de la course à pied qui selon le médecin ne pourra intervenir que d’ici 2 mois.
En vous remerciant.

La réponse de Yannick Guillodo, médecin du sport

Bonjour,

La lésion musculaire du triceps sural (mollet) est une lésion classique du sportif après 35 ans. Cette lésion musculaire se situe davantage  en péri aponévrotique qu’en intra musculaire. Je m’explique : il s’agit principalement d’un décollement entre deux muscles et non d’une réelle lésion interne, d’un seul muscle (jumeau interne). Je prends un exemple pour comprendre : c’est comme la tapisserie sur le mur, je ne casse pas la tapisserie, je ne casse pas le mur, mais je fais un décollement entre la tapisserie et le mur. C’est cela la lésion musculaire du mollet que l’on appelle également le tennis leg.

Cette lésion musculaire est « traîtresse ». En effet, rapidement, dans la vie quotidienne, on ne ressent plus de douleur au niveau de ce mollet. Mais cet ensemble musculaire est capital pour les impulsions donc pour la course à pied (pour la marche, pour le vélo, il  n’est pas utile de mettre en jeu à 100 % le triceps sural mais pour la course, oui). Donc  les bonnes impressions ressenties au quotidien ne doivent pas vous pousser à une reprise trop rapide de la course à pied. Cette reprise de la course à pied ne peut jamais se faire avant six semaines, pour ne prendre aucun risque de récidive. Mais en attendant, vous pouvez faire des sports qui ne sollicitent pas le triceps sural et notamment le vélo.

Vous l’avez compris, vous pouvez faire immédiatement du vélo, de la natation, de la marche et attendre 6 semaines, pleines, pour reprendre, très progressivement, la course à pied, en terrain plat. Mais ce n’est pas tout. Cette description n’est valable que lorsque tout se passe bien. Il faut être absolument certain qu’il n’existe pas un épanchement persistant entre les deux muscles (c’est-à-dire un décollement chronique, entre la tapisserie et le mur suivant l’exemple donné précédemment). Je vous conseille donc de faire une échographie musculaire de contrôle, avant de reprendre la course.

Par la suite,  pour éviter les rechutes, il faudra privilégier les étirements de la chaîne postérieure (ischio-jambiers, triceps sural) après votre séance d’entraînement.

Une réponse à la question

  1. Bonjour,

    Je me suis fait un tennis leg fin octobre et je suis actuellement en rééducation « Kinésie ».
    Mon kiné m’annonce que les récidives concernant ce type de blessures est de l’ordre de 40%,
    soit 1 sportif sur 2 .Votre avis SVP, car je me sens un peu dépité de cette nouvelle pas très optimiste.
    Merci , cordialement

    Répondre
    • Bonjour Patrick,

      Le traitement du tennis-leg est calqué sur le traitement des accidents musculaires. Comme dans tous les accidents musculaires, la reprise du sport est très variable. Notamment, en fonction de l’importance du tennis-leg et surtout en fonction de l’importance de l’hématome.

      En sport le risque zéro n’existe jamais. Mais plutôt que de retenir les 40% de rechute, voyez les 60% de guérison totale soit 6 chances sur 10. Partir sur une bonne base, même mentalement parlant, est toujours un plus dans le processus de guérison.

      Ne forcez pas, votre corps prendra son temps pour récupérer et saura vous le rendre. Retenez que la reprise du sport se fait comme toujours après un arrêt sportif de façon très progressive sous peine de récidive ou de faire une autre pathologie (tendineuse par exemple). Dans les tennis-leg, il est possible de reprendre la natation et la vélo assez précocement. La reprise de la course à pied se fait lorsqu’il n’y a plus de douleur dans la vie quotidienne et lorsque les tests cliniques (étirement, contraction et palpation du mollet) sont normaux.

      Sportivement

      Répondre

Réagissez