Sportifs de plus de 50 ans : Faut-il une alimentation spécifique ?

La pratique régulière d’activité physique permet de ralentir certains processus liés à l’inexorable vieillissement du sportif vétéran, comme la réduction de la masse musculaire. Faut-il prévoir une alimentation spécifique pour optimiser les effets du sport?

Sportifs de plus de 50 ans : Faut-il une alimentation spécifique ?

A quel âge est-on vétéran ?

 

Les avis divergent. En entreprise, une personne est considérée comme vétéran à l’âge de 45 ans. Les professionnels de la publicité privilégient les « parfaites ménagères de plus de 50 ans ». Les pouvoirs publics relèvent l’âge à 62 ans pour bénéficier de certaines prestations sociales. Les fédérations sportives s’alignent sur des dénominations internationales (la fédération française d’athlétisme place les coureurs de plus de 40 ans dans la catégorie Master, la fédération française d’aviron accepte le classement de tout rameur âgé de 27 ans et plus chez les Vétérans…). Enfin, le monde médical présente la cinquantaine comme une période charnière.  

 

Les silhouettes changent

 

Au-delà de 40-50 ans, certains messieurs passent d’un rythme de vie soutenu à une tendance plus forte à la passivité. A partir de 50 ans, 25 % d’entre eux présentent les symptômes d’une diminution de la testostérone. Les ventres s’arrondissent d’une petite bedaine. Baisse de testostérone et tissu adipeux s’influencent réciproquement et négativement au fil des années. Le tissu adipeux est impliqué en partie car il altère indirectement le fonctionnement de la fabrication hormonale, et en parallèle, des études montrent que la baisse des androgènes* a un impact sur le métabolisme des adipocytes du tissu adipeux viscéral (cellules graisseuses au niveau du ventre). Chacun est un peu responsable de l’autre.

Le vieillissement se caractérise aussi par une perte insidieuse de muscle. Débutée dès l’âge de 30 ans, elle s’accélère vers 40 ans pour atteindre 1.5% de perte par an en absence d’activité physique.

 

L’hygiène de vie alimentaire: faire un vrai repas

 

Il est utile de rappeler d’ores et déjà l’importance du contenu même des repas. De l’ordinaire, du banal, de la variété et de la cuisine « maison » offrent une première assurance. L’exemple de la testostérone est tout à fait pertinent ! Comme les autres hormones stéroïdiennes, elle est dérivée du cholestérol fabriqué par notre foie mais également apporté par l’alimentation. Le sportif doit oublier les régimes « sans aucune matière grasse » ! Pourquoi se priver d’un peu de beurre, avec un complément, sans excès, d’aliments d’origine animale : œuf, viande, produits laitiers…  si le cholestérol alimentaire a tant de vertus ! Les omnivores savent que l’équilibre est nécessaire avec fruits et légumes si possible de saison, féculents, matières grasses telles l’huile d’olive et de colza,… Pas d’inquiétude avec le régime végétarien qui sait jongler avec les différentes sources alimentaires.

Après un exercice d’endurance continu et prolongé ou un exercice bref mais intense, il faudra penser à la récupération nutritionnelle qui protège au premier plan l’ensemble des muscles sollicités à l’exercice. Restauration incomplète, les fibres musculaires cicatrisent moins bien, poussées dans leur retranchement par les effets de l’avancée en âge. Difficile de comprendre l’engouement pour les semaines de jeûne qui majorent les difficultés à bien récupérer et à protéger sa masse musculaire.

 

Messieurs, pour conserver la forme de vos vingt ans, pensez à bouger et à faire la cuisine !

Aucun régime miracle, aucun complément alimentaire

ne boosteront testostérone et masse musculaire !

 

Dominique POULAIN, Diététicienne nutritionniste du Sport : http://www.nutritionniste-dieteticien.fr

Complément d’information :

*Androgène : définit les hormones provoquant l’apparition des caractères sexuels masculins

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3770848/

 

Réagissez