La natation est-elle compatible avec le cyclisme de compétition ?

S’il existe bien un sport compatible avec la pratique cycliste, quel que soit le type de deux-roues sur lequel elle est effectuée, il s’agit bien de la natation. Quelle soit utilisée dans le cadre de la préparation physique, d’une pratique d’entretien, de réeducation ou encore d’une pratique de récupération, elle ne possède que des avantages. Explications.

Ludovic Chorgnon Défi 41

Natation et préparation physique générale

A l’automne, après avoir observé une période de repos plus ou moins longue, le cycliste reprend habituellement par un macrocycle dit de préparation physique générale (PPG). Le principe de ce macrocycle est d’avoir pour dominante la pratique d’activités physiques diverses visant à retrouver la condition physique, développer des qualités que l’on aura peu ou pas le temps de développer durant la période compétitive, gommer certains points faibles ou encore repousser au maximum le risque de lassitude qui pourrait être lié à la pratique d’une seule activité tout au long de l’année.

Dans ce cadre, la natation apparaît comme un sport très intéressant. Elle permet entre autres, de développer les qualités aérobies et anaérobies, les capacités respiratoires, ou encore de renforcer musculairement les ceintures abdominale et scapulaire, et même les membres inférieurs. Certains outils permettent même d’augmenter les contraintes de manière à travailler de manière très spécifique. Par exemple, pour renforcer les membres inférieurs et le dos en début de préparation saisonnière, le nageur pourra nager avec des palmes au pied. Pour renforcer plus spécifiquement la ceinture scapulaire, il pourra également utiliser des plaquettes qu’il placera sous ses mains lors de la pratique du crawl.

Natation comme pratique d’entretien ou de rééducation

Lorsque le cycliste est victime de diverses pathologies au niveau des membres inférieurs (tendinites, contractures, etc.),  il doit généralement observer une période de repos afin d’enrayer celles-ci. Dans ces conditions, la natation avec Pull Buoy (mousse à placer entre les jambes) apparaît comme le meilleur remède au risque de désentraînement lié au repos forcé. Afin d’entretenir sa condition physique, le cycliste pourra pratiquer la natation en réalisant tout un panel d’exercices permettant de travailler aux mêmes intensités que sur le vélo (sprint, 200m, 500m etc.) mais sans avoir à utiliser ses membres inférieurs figés par l’action de maintien du pull buoy. Cette blessure deviendra même l’occasion de faire un rappel de renforcement musculaire des membres supérieurs et différentes ceintures du tronc.

Quelle que soit la pratique du sportif, la natation apparait également comme un excellent outil de rééducation musculaire et/ou articulaire. Pour le cycliste, elle aura un grand intérêt en retour de blessure (ex : fracture de la clavicule ou du coude) car elle pourra être programmée en parallèle d’une reprise de l’activité cycliste et permettra au sportif de retrouver rapidement une bonne mobilité de son articulation. Attention tout de même la rééducation devant se faire de manière très progressive, la natation ne devra être pratiquée que dans un second temps, après être passé à plusieurs reprises dans le cabinet du kinésithérapeute.

Natation et récupération

Placée au lendemain d’une compétition, la natation peut également servir de séance de récupération. Réalisée à faible intensité, elle permet un travail musculaire des membres inférieurs différent de celui réalisé sur le vélo. En effet, lors de la pratique du crawl par exemple, le corps étant aligné, les muscles travaillent davantage en étirement que lors du pédalage ce qui permettra de retrouver rapidement leur capacité d’allongement à l’image du résultat obtenu par une séance d’étirement. A l’image du cyclisme, la natation est un sport porté, ce qui en fait un des rares sports compatibles avec celui-ci. Son principal avantage est donc qu’elle ne crée pas les traumatismes musculaires tant redoutés par le cycliste. En effet, celui-ci étant formaté à la pratique d’un sport à la gestuelle « douce », sait que le moindre écart fait à ce type de pratique entraînera des courbatures qui entraveront, plus ou moins longtemps, la suite de sa préparation.

Attention tout de même, pour qu’elle ne soit pas une source supplémentaire de fatigue, la natation de récupération doit être pratiquée à de faibles intensités ce qui requière d’avoir un certain niveau de pratique permettant de rester facilement dans une zone de confort.

Enfin utilisé en récupération, elle permet de rompre la monotonie en intégrant, à l’entraînement du cycliste, un autre type de pratique hebdomadaire, ce qui pourra s’avérer très bénéfique à long terme sur une saison qui dure plusieurs mois.

Pour conclure, on aurait pu rajouter une raison purement esthétique à la pratique de la natation chez le cycliste. En effet, pratiquée en parallèle du cyclisme, elle permettra d’obtenir des athlètes très complets à la musculature harmonieuse. Ce qui est, hormis dans certaines disciplines très complètes, très rarement le cas chez les sportifs ultra spécialisés. Ceci dit sans vouloir vexer personne !

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