Cyclotourisme : La Wallonie à vélo

Au pays des canaux, des châteaux et du vélo !

Si la Belgique est un pays plus que réputé dans le milieu cycliste pour ses grandes classiques et le niveau de ses athlètes, la Wallonie s'éveille aussi de plus en plus à une toute autre forme de vélo en devenant une destination privilégiée pour la randonnée cyclo-touriste. Nous avons testé quelques parcours bucoliques autour de Louvain la Neuve et Nivelles.

vélo

Le rendez-vous nous est donné devant le musée Hergé. Situé à Louvain-la-Neuve, à une trentaine de kilomètres de Bruxelles, ce bâtiment à l’architecture intéressante protège plusieurs salles consacrées à l’œuvre du créateur de Tintin. Nous allons commencer par visiter ce musée avant de nous élancer à la découverte des paysages qui ont inspiré le dessinateur. À l’intérieur, le musée nous plonge dans l’univers d’Hergé et bien sûr des albums du fameux reporter à la houppe.

Tintin fut sans doute la plus belle invitation au voyage de mon enfance, alors le retrouver avant de découvrir cette région en pédalant est une très bonne entrée en matière. Car après la visite des huit salles retraçant le parcours du maître de la bande-dessinée, de beaux vélos, prêtés par les marques Whistle et Stelvio, nous attendent. Mes collègues ont choisi des vélos électriques, je vais tester un VTT 29 pouces en carbone qui semble racé et confortable, construit pour le cross country.

À vrai dire, même si notre parcours du jour se déroule en partie sur des sentiers, j’aurai pu me contenter d’un vélo moins tout terrain pour rouler sur cette agréable randonnée à travers bois et villages wallons. Le soleil est de la partie, ce qui ne gâche rien. La nature que nous traversons est bucolique et ce « plat pays » offre tout de même quelques dénivelés. Le parcours est bien balisé, comme le sont l’ensemble des balades proposées dans la région. Elles suivent souvent des anciennes voies de chemins de fer et sont nommées « RAVEL » (réseau autonomes des voies lentes) à travers tout le pays.

En suivant les anciens chemins de fer

Nous nous offrons une première halte à Louvain, pour admirer la ville et déguster des produits régionaux (dont un très bon vin de sureaux), puis reprenons la voie verte pour quelques kilomètres avant d’atteindre Nivelles. Ce sera le but final de notre première balade.

La ville, célèbre pour son « Jean de Nimègues » – qui est en fait une figure du carnaval – révèle de très belles surprises. Architecturales d’abord, avec une collégiale romane très impressionnante, et citadines ensuite avec les maisons, anciennes et pleines de charme, du seul quartier ayant survécu aux bombardements de la dernière guerre. C’est après avoir dégusté une bière locale, incontournable ici, que nous terminons cette première journée à rouler en Wallonie.

Au fil de l’eau

Le lendemain, c’est au bord des canaux qui traversent la ville de Nivelles que nous enfourchons nos vélos. Le terrain est quasiment plat, idéal pour une balade détendue. Le paysage est typique et très agréable : l’ancien canal qui reliait à Bruxelles et son chemin de halage, autrefois très industrieux, sont aujourd’hui de paisibles lieux de promenade. Ils longent des bois, rentrent ensuite dans des villages aux maisons de briques plutôt coquettes.

Nous allons ainsi jusqu’au château de Senefe. Une dernière ligne droite élégante dans l’allée qui mène au plaisant bâtiment typique du XVIIIe siècle. C’est d’ailleurs l’histoire des Lumières qui est célébré ici. La visite s’impose. Après avoir posé nos vélos, nous voici plongé dans l’histoire : vie quotidienne, échanges commerciaux, arts, tout est savamment présenté et de façon dynamique.  Je vous conseille aussi de déjeuner à la brasserie de l’orangerie, dans le parc du château, composé de jardins à la française et à l’anglaise, avant de reprendre le guidon.

Après ce repas de châtelain, nous enfourchons à nouveau nos montures. Direction le canal du Centre, qui est toujours en activité. Nous pouvons facilement rouler sur le chemin de halage qui le borde. Le décor me procure moins de joie que ce matin. Certains de mes collègues y apprécient les friches industrielles.

Mais le clou du spectacle est plus loin, avec les fameux « ascenseurs à bateaux », qui fonctionnent avec la force de l’eau et permettent aux péniches de franchir une écluse avec un très fort dénivelé. L’un date des années 30, l’autre est plus moderne. Nous quittons ensuite les bords du canal pour visiter l’ancienne cité ouvrière de la Louvière. Des centaines d’ouvriers habitaient là, juste à côté d’une imposante fabrique, dans des alignements de maisons mitoyennes qui possédaient un confort inédit pour l’époque. D’ailleurs, l’appartement témoin révèle un intérieur pas si petit et presque bien équipé.

Après cette nouvelle plongée dans le passé, nos derniers coups de pédales nous ramènent au bord de l’eau et c’est en regardant l’impressionnant mécanisme de l’ascenseur moderne que nous achevons cette première découverte de la Wallonie à vélo. Avec l’envie d’y revenir, et ça tombe bien car la région est sillonnée d’itinéraires cyclistes bien balisés.

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