Banyoles, une ouverture de saison en fanfare !

Article écrit par Cyril Granier (Expert cyclisme)

La coupe Catalane de Banyoles, course UCI hors Classe est chaque année le lieu de pèlerinage des vététistes de cross-country olympique. Coureurs en manque de confrontation, beau temps assuré, parcours atypique, finalement nous pourrions nous demander si cette épreuve de début de saison est le reflet réel de la future hiérarchie mondiale de la saison internationale ?


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Description du parcours

 

Pourquoi cette course est tant appréciée par les coureurs et notamment les Français ? Il faut la situer géographiquement. En effet, Banyoles est à peine à une heure de la frontière française et à 100 km de Barcelone. Il n’est donc pas étonnant de voir les athlètes français venir chaque année en nombre sur ce parcours. Cette course se déroulant près de Gérone, est également le premier rendez-vous international et beaucoup de coureurs attendent cet événement avec impatience.

Disons-le clairement le parcours n’est pas à la hauteur de ce que l’on retrouve au niveau technique en coupe du monde. Il s’agit plutôt d’un circuit roulant mais difficile physiquement, qui alterne les changements de rythme et les pentes raides. Il est donc moins spectaculaire qu’une coupe du monde mais non moins difficile physiquement… bien au contraire.

 

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Le plateau de coureurs

 

Une fois n’est pas coutume, on retrouve sur cette course de grands noms de la discipline tels que Maxime marotte, Jordan Sarrou, Victor Koretzky, Stéphane Tempier…. Banyoles est « La » course de début de saison sur laquelle l’élite du vtt aime à se retrouver. On notera également la présence de Manuel Fumic, Anton Cooper, Hugo Dréchou, Samuel Gaze, Carlos Coloma, David Valero Serrano, Thomas Litscher, Florian Vogel… et j’en passe.

Le plateau féminin est lui aussi riche avec l’Australienne Rebecca MacConnell, Chiara Teocchi, Elisabeth Brandau, Sabrina Enaux, Malene Degn, Annie Last, Lena Gerault, Perrine Clauzel, ou encore la relève française avec Loana Lecomte ou Isaure Medde.

 

 

Les résultats de course

 

Comme tout rassemblement de l’élite internationale nous avons eu droit à une belle course avec un quintette qui s’est vite détaché dès le second tour dans lequel on retrouvait Maxime Marotte, Victor Koretzky, Stéphane Tempier, Anton Cooper et l’espagnol Cullell Estape-Jofre. Ces cinq hommes ont animé la course attaquant et essayant de déborder leurs adversaires au fil des tours. La dernière banderille viendra finalement d’Anton Cooper qui prenant quelques hectomètres se détachera du groupe de coureurs et gagnera la course suivi de près par Victor Koretzky et Maxime Marotte.

 

 

La préparation hivernale des coureurs

 

Quels sont les éléments qui peuvent expliquer ces résultats de début de saison. Force est de constater que la majorité d’entre eux s’expatrient au soleil durant le froid hivernal septentrional. Il n’en demeure pas moins que d’autres privilégient l’entraînement en France.

Maxime Marotte notamment est un grand adepte des stages en Afrique du Sud durant les mois hivernaux et cela lui réussit généralement plutôt bien depuis quelques années.

Les athlètes ne s’y trompent que peu actuellement, si l’on veut pouvoir tirer son épingle du jeu au niveau international, il faut trouver des conditions météorologiques optimales. Cela est fondamental afin de pouvoir accumuler les kilomètres en toute tranquillité ou faire du travail technique spécifique. De plus l’avantage du soleil et des températures favorables, est le moindre risque de tomber malade ou de déprimer son système immunitaire. C’est également un excellent moyen de recharger les batteries et de se ressourcer en vitamine D…

D’un autre côté les allées et venues entre France et étranger notamment pour des contraintes partenariales, scolaires ou autres, peuvent amplifier la fatigue et du coup augmenter les risques d’épisodes infectieux… Tout l’art réside dans la mesure et le compromis entre entraînements, déplacements et récupération.

Quant à Anton Cooper, n’oublions pas qu’il est originaire de Nouvelle Zélande ou la saison sportive est inversée par rapport à la notre, il posta par ailleurs le 05 février dernier une vidéo d’un passage technique lors du championnat de l’Ile du Sud. Il est donc normal que ce coureur soit en forme aujourd’hui car il a déjà pu effectuer quelques compétitions la ou les coureurs européens font leur premier tours de roues en course.

 

 

Les vainqueurs d’aujourd’hui, leaders de demain ?

 

Il ne faut pas trop se hâter sachant que d’autres coureurs comme Nino Schurter ou Mathieu Van Der Poel ont fait l’impasse sur cette épreuve et que nous pouvons être sur qu’ils seront présents dès la reprise de coupe du monde. Il est tout de même à noter que le petit fils de Raymond Poulidor vient de s’adjuger une étape du Tour d’Antalya, c’est dire si le coureur tout juste champion du monde de cyclo-cross est en grande forme en ce début de saison. Seul problème, la durée de la saison vtt, briller en hiver et poursuivre sur cette lancée en route et vtt paraît être une situation ardue.

D’autant plus que la saison internationale de coupe du monde ne débute pas avant le 18 et 19 mai à Albstadt en Allemagne, c’est dire si le temps sera encore long d’ici-là. Les athlètes en retard dans leur préparation auront largement de quoi l’améliorer et la peaufiner. Ceux déjà en forme aujourd’hui devrons jouer d’ingéniosité pour conserver cet état de forme jusque-là. N’oublions pas non plus que la saison de coupe du monde est longue et qu’elle s’achèvera les 07 et 08 septembre aux États-Unis. D’ici là de l’eau à le temps de couler sous les ponts et la hiérarchie de ce weekend se voir chamboulée. Rendez-vous donc mi mai en Allemagne pour  voir ce qu’il en est.

 

 

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