Léo Bergère : « Se qualifier c’est bien mais le but c’est d’être dans la forme de sa vie le jour des Jeux. »

À 8 mois des Jeux Olympiques de Tokyo, l'équipe de France de triathlon était rassemblée à l'INSEP (Institut National du Sport, de l'Expertise et de la Performance). L'occasion pour Léo Bergère, champion du monde de relais mixte en juillet dernier, de se confier sur l'année écoulée et de se projeter sur la saison olympique à venir. Entretien.

Léo Bergère vainqueur du triathlon de Dunkerque 2019
Léo Bergère vainqueur du triathlon de Dunkerque 2019

Lepape-info : Quel est le bilan de la saison écoulée ?  

Léo Bergère : Une saison plutôt positive, on s’était fixé comme objectif de finir dans le TOP 8 mondial et je finis tout juste 8ème c’est la première case remplie. Après je voulais refaire des places dans le TOP 5 des étapes WTS (World Triathlon Series) ce qui a été fait aussi. La prochaine étape c’est de monter sur le podium d’une manche et d’aller chercher sa qualification olympique. On sait que l’an prochain sera une saison décisive et très très importante, il ne va pas falloir chômer à l’entraînement.

 

Lepape-info : En année olympique, l’organisation et la préparation seront particulières ?

L.B : Il y’a des choses qui seront différentes. Toute la saison sera axée sur les Jeux. On va continuer à faire ce que l’on sait faire, on ne va pas changer les habitudes mais juste ajuster quelques petits détails à l’entraînement dans les conditions vraiment spécifiques de Tokyo.

 

Léo Bergère : « On est suffisamment intelligents pour ne pas se tirer dans les pattes les uns les autres. On a un bon leader (Vincent Luis) qui nous montre le chemin, la pression oui il y’en aura. »

 

Lepape-info : Quels sont ces détails ? 

L.B : C’est peut-être partir en stage dans des endroits qui ont un climat qui se rapproche de celui de Tokyo. On a l’habitude de partir en stage aux Canaries, là il faudra peut-être partir plus au chaud. On va décider de tout le programme avec les entraîneurs nationaux et notre entraîneur personnel Raphaël Mailharrou.   

 

Lepape-info : En raison de la concurrence et de la forte densité en équipe de France, tout le monde ne pourra pas aller aux Jeux, cela rajoute de la pression ? 

L.B : C’est peut-être l’environnement qui met la pression. On sait ce que l’on à faire, la densité est juste dingue en France et cela nous tire vers le haut. On est suffisamment intelligents pour ne pas se tirer dans les pattes les uns les autres. On a un bon leader (Vincent Luis) qui nous montre le chemin, la pression oui il y’en aura. Est-ce une pression qui va nous achever ? Je ne pense pas, on est tous conscient de ce qui va se passer l’an prochain.

 

Lepape-info : C’est le genre de pression qui galvanise personnellement ou au contraire peut poser problème ? 

L.B : J’aime les gros challenges comme celui-là. Je sais que les gars ne vont pas me rendre la tâche facile. C’est cela qui va me galvaniser à l’entraînement cet hiver et toute la saison prochaine pour aller chercher mon ticket et être bon le jour de la course.

 

Lepape-info : Il faudra être bon en début de saison et très bon au moment des Jeux Olympiques. Gérer deux pics de forme dans une même saison c’est pas fréquent ? 

L.B : L’objectif est de se qualifier et ensuite d’être bon aux Jeux. Comme l’on sait que cela va être très dur de se qualifier, il va falloir arriver sur les premières courses de la saison en forme pour montrer de belles choses. Se qualifier c’est bien mais ce n’est pas une fin en soi, le but est d’être dans la forme de sa vie le jour des Jeux. Il faut être suffisamment malin dans la préparation pour aller chercher son ticket sans trop se brûler les ailes.

 

Lepape-info : Le relais mixte est une nouvelle épreuve olympique. Vous avez été champion du monde dans cette discipline en juillet dernier avec la France, cela donne des idées, des envies ?  

L.B : Avec le relais mixte, les attentes sont fortes que ce soit pour nous mais aussi pour le staff de l’équipe de France. On sent que cela monte derrière nous, on sait ce qu’il faut faire. Les autres pays ne vont pas nous rendre la tâche facile, il faudra être costaud car on aura la pancarte de favori dans le dos.

 

Lepape-info : Quel est l’objectif en 2020 ? 

L.B : J’aimerais bien faire TOP 8 aux Jeux Olympiques, je dis cela mais il va falloir déjà se qualifier. J’aimerais vraiment apporter ma part du boulot au relais mixte de l’équipe de France, cela serait le couronnement, la cerise sur le gâteau. Je sais que c’est un projet réalisable mais pas facile. Il faut rester les pieds sur terre et rester concentré sur les choses à mettre en place cet hiver et pour le début de la prochaine saison.

 

 

 

Rassemblement à l’INSEP de l’équipe de France de triathlon et de paratriathlon à 8 mois des Jeux Olympiques 2020 de Tokyo

 

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