Le dernier homme debout : les ultras se renouvellent

Alors que le retour de Kilian Jornet en 2022 sur l’Ultra Trail du Mont Blanc® fait le buzz dans le monde de la course nature, une nouvelle forme d’épreuves fait l’unanimité dans le peloton : la course par élimination.

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On connaissait déjà le challenge « Les maîtres du temps » organisé par nos amis belges où il faut enchaîner une même boucle en allant de plus en plus vite.

En Suisse, à Neuchâtel, « le dernier survivant » a proposé une boucle de 4km et 300m d+ à accomplir toutes les 30 min  https://www.lederniersurvivant.ch/  et cela pendant 12 heures.

Dans la lignée de ces épreuves, « le dernier homme debout » propose un concept nouveau, avec 6 lieux et 6 dates en France et en Belgique.

Sur chaque site, la distance est comprise entre 7 et 8 km, et le dénivelé entre 250 et 300m d+/d-. Le temps maximum autorisé pour une boucle est de 60 minutes et tout coureur n’ayant pas franchi la ligne après 60 minutes est éliminé.

Contrairement au dernier survivant pour lequel la barrière horaire est très contraignante, l’intensité requise pour le dernier homme debout est raisonnable, mais il faut tenir le plus longtemps possible, jusqu’à la limite de 24 heures. Toutefois, est déclaré vainqueur le coureur qui termine une dernière boucle seul (en moins de 60 minutes). Si plusieurs athlètes sont au départ de la 24ème boucle, le plus rapide gagne l’épreuve.

 

Quelle stratégie ?

C’est en fait assez simple. Celui ou celle qui se contente de faire la boucle en 60 min devra courir en continu, ce qui n’est pas souhaitable.

À l’opposé, l’athlète rapide aura un temps plus long de récupération. Par exemple, une boucle accomplie en 40 minutes permet un temps de repos de 20 min puisque chaque boucle part à heure fixe. Mais ce coureur risque de générer de la fatigue musculaire et centrale qui nuira au résultat final. Ainsi, chacun doit trouver le bon compromis entre intensité et temps de récupération.

 

Dans l’absolu, chacun part pour un ultra, il faut donc veiller à plusieurs paramètres fondamentaux :

  • Avoir l’intensité la plus régulière possible
  • Rester si possible sous les 80% PMA, selon ses capacités cardiovasculaires bien sûr
  • Gérer son hydratation-alimentation

 

Pour cela, il faut alterner la marche et la course le plus rapidement possible. Il faut surveiller ses fréquences cardiaques pour monitorer son intensité en pourcentage de FC réserve ou en pourcentage de FC max.

Pour les ultra-traileurs aguerris, ayant l’habitude d’un effort en continu pendant de longues heures entre chaque point de ravitaillement, il n’est pas si aisé que cela de devoir s’arrêter de quelques minutes à un quart d’heure toutes les heures. Il faut l’intégrer mentalement dans son plan de marche afin que cela soit un avantage et non une contrainte.

Autre différence, le classement de chaque boucle n’a aucune incidence sur le résultat final. Seul le nombre de boucles sera discriminant. Cet aspect du règlement est très intéressant pour réfléchir sur sa stratégie de course en ultra-trail : faire le deuil du classement intermédiaire pour se concentrer sur la performance finale.

Enfin, tous les athlètes restant debout repartent ensemble à chaque heure, avec une élimination par l’arrière qui va crescendo.

Si l’aventure vous tente cette année, une dernière édition aura lieu en Maurienne en octobre, mais dépêchez-vous pour les inscriptions car les places sont limitées à 350 inscrits !

Enfin, on ne peut conclure sans déplorer que le titre ne soit pas féminisé car il n’est pas impossible que le dernier homme debout soit un jour une femme !

https://ledernierhommedebout.run/

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