Trail: je n’ai plus envie!

Attention au surmenage !

Un internaute a perdu toute motivation, Sébastien Chaigneau lui répond

Course Nature - Les Gendarmes et les Voleurs de temps 2010 - crédit photo DR

Question : Après deux saisons de trail, voir d’ultra trail, je suis fatigué. Je n’ai plus envie de courir et pourtant la montagne me manque…. Ca fait 6 semaines que je ne fais plus rien après un ultra de 80 kms…. Comment retrouver l’envie ?

La réponse de Sébstien Chaigneau

Déjà  dites-vous une chose, vous êtes ce que l’on appelle cramé

En clair, si vous ne vous arrêtez pas durant un bon moment (6 mois minimum) et dans certaines conditions, vous risquez juste d’arrêter définitivement ou sur blessure ou sur « craquage mentale ».

Dans ceux deux cas, cela risque d’être définitif.

J’ai été confronté à cette situation avec un ami que j’aide depuis à refaire surface et qui reprend goût  à l’entrainement et aux courses. Tout comme vous, il a cru que  faire des courses longues immédiatement allait passer comme une lettre a la poste et qu’il pourrait faire une épreuve comme l’UTMB ou le Thor des géants après trois années de pratique…

Mais l’organisme ne réagit pas comme cela. Il faut lui accorder une période d’adaptation avec une certaine progression dans le choix des courses, ne pas le surmener à l’entrainement et ne pas oublier les temps de récupérations qui font partie de l’entraînement.

Les raisons de votre état sont très simples et classiques : la banalisation des courses longues et leur multiplication. Aujourd’hui, il n’y a presque plus de trails de 15 ou 20 kilomètres et les organisateurs sont tombés dans cette logique de course toujours plus longues, toujours plus dures.

Beaucoup de coureurs se sont ainsi grillé les ailes à vouloir sauter les étapes, en oubliant de participer à des courses courtes durant les 5 ou 6 premières années et ne réalisant qu’un seul objectif long par an. Cette logique de programmation est trop rarement appliquée de nos jours, ce qui occasionne beaucoup de désillusion vis-à-vis du trail et de l’ultra.

Vous devez donc revenir aux choses essentielles : le plaisir de courir en nature sans chrono et sans faire de dénivelé positif durant le week-end !

Revenir à l’essentiel, c’est garder à l’esprit que s’il n’y a plus de plaisir, il faut arrêter pour que celui-ci revienne. Courir dans une forêt, 30 à 40 mn deux à trois fois par semaine,  va vous permettre de renouer avec le plaisir de la course à pied et de retrouver vos sensations.

Ensuite laissez-vous jusqu’à la fin de l’hiver prochain pour reprendre une activité de course à pied type trail et essayez d’aller en montagne pour le plaisir de marcher sans courir pour autant.

SURTOUT ne recommencez pas à « tirer » sur la machine sans cette période de repos car vous ne ferez que repousser votre problème un peu plus loin…sans le résoudre bien entendu.

L’ami que j’ai aidé dans ce domaine a eu l’interdiction de faire quelque dénivelé que ce soit durant 6 mois. Aujourd’hui, il reprend du plaisir et fait les petites distances sur les compétitions. Attention, il n’est pas sorti d’affaire pour autant, mais il a retrouvé le plaisir de courir en montagne et comprends beaucoup mieux les choses …

A vous de jouer et tenez-nous informés !

1 réaction à cet article

  1. Surmenage, surentraînement…des phénomènes bien connus des sportifs de haut niveau et des entraîneurs. Le problème c’est que la cap met des sportifs « loisir » (à prendre dans le bon sens du terme) en situation de sportifs de haut niveau..pas le même encadrement, progressivité, récup, raisons de faire du sport, etc…
    C’est vrai pour les meilleurs athlètes, ça l’est d’autant plus pour tous les autres : il faut d’abord se faire plaisir, c’est la motivation qui en dépend. Sébastien Chaigneau le dit très bien ici.
    Pour courir plus longtemps, il faut aussi savoir faire autre chose de temps en temps..d’autres sport, mais aussi plus de moments festifs entre amis et en famille ! Revenir un peu à la « vraie vie »..

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