Le lait, bon ou mauvais pour la santé ?

Une question récurrente depuis quelques années et qui ne cesse d'être d'actualité tant les avis divergent. Une étude du British Medical Journal semble inciter à une consommation modérée.

Lait, lequel choisir ?

« Une consommation élevée de lait chez les femmes et les hommes n’engendre pas une baisse du risque de fracture et peut être associée à un taux de mortalité plus élevé. » Dans sa conclusion, l’étude suédoise consacrée au lait et publiée fin octobre 2014 par le British Medical Journal met un pavé dans la mare.

L’objectif de cette étude était d’examiner si une forte consommation de lait pouvait être associée à une plus forte mortalité et à une baisse des fractures tant chez les hommes que chez les femmes. L’étude a été menée en Suède auprès de 61 433 femmes âgées entre 39 et 74 ans et 45 339 hommes de 45 à 79 ans sur une période de 20 ans sous forme de questionnaires.

Dans leur conclusion, les chercheurs considèrent donc qu’une consommation élevée de lait (3 verres et plus par jour) chez les femmes et les hommes n’est pas accompagnée par une diminution du risque de fracture et qu’en lieu et place elle peut être associée à un taux de mortalité plus élevé. De plus, consommer du lait en grande quantité élèverait le stress oxydatif (trop grande présence de radicaux libres) et les biomarqueurs inflammatoires. Des tendances qui n’ont pas été, par ailleurs, observées avec une consommation élevée de produits laitiers fermentés. »

De là, les Suédois concluent que les résultats peuvent remettre en question « la validité des recommandations de consommer de grandes quantités de lait pour prévenir les fractures« . Toutefois, ils ne manquent pas de préciser que les résultats doivent être interprétés avec prudence. Ils appellent donc à d’autres études sur ce thème avant que les résultats puissent être utilisés pour des recommandations diététiques.

Une nouvelle qui a de quoi laisser une nouvelle fois le consommateur seul face à lui-même et à sa consommation.

Corinne Peirano, diététicienne-nutritionniste, et expert sur lepape-info tente de nous éclairer.

« En ce qui concerne le lait,  il y a trop de conflits d’intérêt en jeu, de lobbying (CNIEL, grandes marques de produits laitiers…) pour y voir vraiment clair et se faire une opinion. Toutefois, je pense que les grands groupes laitiers devraient adopter un discours qui tient compte des nouvelles études d’autant qu’elles sont de plus en plus nombreuses. Je pense ainsi que dire non c’est sans danger, alors que la presse médicale soulève la question en se basant sur des études éclairantes, est un non sens. Il est aussi très important de définir la notion de beaucoup de lait. Cette étude a l’avantage de le faire clairement, puisqu’il est considéré qu’elle commence à trois verres de lait de 200 ml et plus soit quand même 600 ml ! »

*Qu’est-ce qu’une portion ? 

1 portion de lait = 250 ml (un bol)
1 portion de fromage = 30 g
1 portion de yaourt = 125 g

A la lecture des différentes études et différents points de vue, Corinne Peirano affirme qu’il serait bon qu’au niveau national, « on apporte des éclaircissements. Il serait important qu’au niveau national on revoit la quantité de produits laitiers à conseiller par jour. Il ne faudrait plus parler de couvrir mais plutôt de compléter les besoins en calcium journalier au regard des autres aliments figurant dans une alimentation qui se veut équilibrée. Le professeur Irène Margaritis, nutritionniste, chef de l’évaluation sur la nutrition et des risques nutritionnels à l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) indique qu’il serait préférable de consommer deux produits laitiers* par jour. Je suis d’accord tout en recommandant qu’il s’agisse de produits faits à partir de lait écrémé ou demi-écrémé. Je rappelle ici que les recommandations officielles actuelles sont de 3 produits laitiers par jour pour les adultes et 4 pour les enfants et les plus de 55 ans, à condition d’éviter les produits trop riches en graisses.

Au regard de ces études sur le lait et son impact sur la santé, la diététicienne-nutritionniste considère qu’il serait bon, « de suivre un principe de précaution et de modérer sa consommation de laitages, ce qui ne veut pas dire ne plus en consommer du tout. Je conseillerais de prendre plutôt, quand on en consomme, des produits laitiers fermentés comme 1 yaourt au lait demi-écrémé par jour et 1 morceau de fromage tous les deux jours, » poursuit Corinne Peirano. « Enfin, je recommande aussi d’aller plutôt vers le lait écrémé ou demi-écrémé. »

Et n’oubliez pas que votre consommation de produits laitiers doit avant tout entrer dans le cadre d’une alimentation équilibrée c’est à dire : une alimentation riche en végétaux avec abondance de légumes, de la modération avec les fruits, une présence de fruits à écale (amande, noisette, noix…), des acides gras essentiels (oméga 3,et 6), des féculents complets ou à index glycémique bas et des viandes peu grasses.

Le tout avec la pratique d’une activité physique quotidienne.

3 réaction à cet article

  1. J’ai pris l’habitude d’alterner un jour sur 2 avec un yaourt au lait et le lendemain c’est un au soja. Comme ça, je mange de tout avec parcimonie.

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  2. Il est clair que le lait est nocif. il n’y a qu’à voir l’état d’un sportif, entraîné ou non, suite à l’assimilation d’un verre de lait préalable à une activité physique dans laquelle il atteint des plages, même très courtes, en anaérobie.
    Il est dommage que la personne qui présente l’article sache si mal rédiger avec un français correct….et que l’on ait « lait-ssépasser » de telles fautes avant de publier l’article associé à ces commentaires.

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  3. Le principe de précaution devrait s’appliquer. D’autant qu’à aucun moment les personnes intolérantes au lactose ou aux protéines laitières ne sont prises en compte dans les recommandations. Alors que cela représente au bas mot 20 % de la population. Le lait et ses dérivés ne devraient pas avoir leur place dans la pyramide alimentaire, parce que les gens en consomment en pensant que cela leur est bénéfique.

    Or il faut les considérer comme un écart au même titre qu’une sucrerie ou une assiette de frite ou encore un verre de bière. Pourquoi est-ce si difficile à dire?

    Imaginez que vous mettiez sur le marché, aujourd’hui, un produit qui provoque chez plus d’une personne sur 5 des troubles pouvant être graves, qu’en plus il y a une très forte suspicion qu’il promeut certains cancer et l’ostéoporose…bonne chance pour obtenir une autorisation…

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